B) ORIGINE DE LA CHOLESTERINE
La cholestérine se trouve dans toutes les cellules et les humeurs de l’organisme. On admet généralement aujourd’hui que la cholestérine de l’organisme animal a une double origine : exogène ou alimentaire et endogène ou synthétique.
a) Origine exogène.
Les stérines interviennent toujours dans une large mesure dans l’alimentation, soit sous forme de cholestérine identique à celle des tissus, soit sous forme de cholestérine végétale.
La cholestérine animale et la phytostostérine constuent une des principales sources de cholestérine du . Sang et des tissus.
Cette origine semble établie par toute une série de recherches expérimentales. Nous ne citerons que les plus caractéristiques.
Etant donné la teneur normale moyenne de cholestérine dans les excréments d’animaux alimentés d’une façon uniforme, on constate que l’administration de cholestérine per os ne produit pas d’augmen-
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tation sensible de la cholestérine fécale, ce qui indique vraisemblablement qu’une partie proportionnellement notable de la cholestérine introduite a été absorbée par l'intestin (KususMoTo, DERHE).
Si on administre la cholestérine par la bouche on obtient une augmentation plus ou moins considérable, mais toujours passagère de la cholestérine présente dans le sang. CÉARIE a pu démontrer que la ligature du canal thoracique sur le chien supprime cette hypercholestérinémie alimentaire. La cholestérine de par cette expérience semble bien être absorbée par lintestin, elle passe dans les chylifères. Au cours de la digestion la proportion de cette substance dans le canal thoracique est augmentée.
L’ingestion d’un repas riche en cholestérine est aussi suivie d’une augmentation du taux de la cholestérine du sang (CHAUFFARD), réciproquement un régime pauvre en cholestérine s’il est suivi pendant un certain temps, diminuera le contenu du sang en cholestérine (CHAUFFARD, ROSENTHALL). GRIGAUT, en comparant la teneur moyenne dans le sinus des animaux domestiques, observa un parallélisme constant entre la richesse en cholestérine du sang et celle de l’alimentation.
L'administration prolongée de cholestérine par la bouche ou en injection peut parfois, outre l’hypercholestérinémie produire une augmentation de la teneur en cholestérine de divers organes et détermine fréquemment l’apparition de lésions caractéristiques.
On a montré aussi le parallélisme entre la choles-
térine ingérée et la quantité de cette substance éliminée par la bile. Ces faits constituent une preuve indirecte de l’origine alimentaire de la cholestérine.
b) Origine endogène.
Le taux constant de cholestérine sanguine ne peut être laissé seulement aux variations de la quantité alimentaire. On admet que pour une substance aussi essentielle à la vie du protoplasma, toutes les cellules vivantes possèdent un rôle de cholestérinogénèse.
Cependant les expériences n’ont pas apporté des résultats toujours concordants. La synthèse organique cellulaire de la cholestérine n’a pas été démontrée.
EzLis et GARDNER, dosant la cholestérine dans l’œuf et dans le jeune poulet, et trouvant la même teneur en cholestérine, nièrent la réalité d’une synthèse de la cholestérine dans l’organisme.
D’autres expérimentateurs faisant varier le régime en cholestérine de certains animaux et observant les variations de cholestérinémie n’ont pas voulu admettre la synthèse de cette substance.
Plus tard COLLENN vit que des poules soumises à un régime alimentaire carencé en lipoiïdes produisent des œufs contenant des graisses, des lécithines et de la cholestérine comme des poules alimentées normalement.
DEZARIE soumettant des rats blancs à une alimentation exempte de cholestérine vit ces animaux croître régulièrement et présenter une augmentation de leur contenu global en cholestérine, ce qui implique né-
He
cessairement un processus de synthèse, les faits furent confirmés deux ans plus tard par le même auteur.
J.-F. ABELOUS et SouLraA faisant digérer dans des conditions particulières des fragments de rate, de foie, de cerveau trouvèrent constamment une augmentation de la cholestérine dans les premières 48 heures.
ARTOM en 1923 note pour le foie des résultats analogues et conclut :
« Que le foie survivant possède à la fois la faculté « soit de détruire, soit de former à nouveau la cho- « lestérine; l’un ou l’autre de ces processus l’emporte « suivant les conditions des expériences, ce qui parle « en faveur de la conception que le foie remplit une « fonction fondamentale dans le métabolisme de la « cholestérine. »
On ne peut donc conclure d’une façon définitive. La possibilité d’une synthèse organique de la choiestérine semble démontrée par des expériences exécutées sur des tissus isolés et placés dans des conditions artificielles.