NOTIONS GENERALES SUR LE GERONTOXON
Le gérontoxon se traduit en clinique par une opalescence plus ou moins intense, étendue parallèlement au limbe, qui débute en général à la partie supérieure de la cornée sous forme d’un arc de cercle à concavité inférieure, d’une hauteur de un demi à deux millimètres dans sa partie moyenne, et dont les extrémités s’effilent vers les bords latéraux du limbe cornéen.
Plus tard apparaît un arc symétrique à concavité supérieure situé dans le segment inférieur de la cornée.
Ces deux demi-arcs finissent par se rejoindre et forment un cercle complet qui constitue le gérontoxon proprement dit.
Généralement les deux cornées sont atteintes d’une façon symétrique.
CHAUFFARD et GRIGAUT puis plus tard Pierre MARIE et Guy LAROCHE étudièrent les lésions de l’appareil
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oculaire et portèrent leurs recherches sur le géronioxon. CANTON pratiquant des coupes de gérontoxon avait constaté la présence de fines granulations entre les lamelles cornéennes et avait conclu à une dégéné-
rescence graisseuse.
Pierre MARIE et Guy LAROCHE trouvèrent que les granulations du gérontoxon donnaient la réaction de Liebermann, c’est-à-dire des éthers de la cholestérine.
L’arc sénile est donc un cercle cholestérinique.
GRIGAUT effectuant quelques dosages, montra que dans les cornées atteintes de gérontoxon, d'intensité moyenne, on trouve environ 0,0002 milligramme de cholestérine, alors qu’une cornée sans gérontoxon d’un homme de 31 ans contenait seulement 0,00005 milligramme.
Le gérontoxon s’observe assez souvent au cours de la lithiase biliaire, c’est une preuve de plus de ses rapports avec l’hypercholestérinémie. Le professeur LoEpPER dit avoir observé une diminution notable du cercle sénile chez deux lithiasiques à la suite de l’ablation de leurs calculs.
Au point de vue pathogénie voici comment s’expliquent Pierre MARIE et Guy LAROCHE. « Pour Munx la présence de lipoïdes dans un tissu serait l’expression d’un trouble intense de la nutrition cellulaire, et d’une dégénérescence graisseuse supérieure, dans cette hypothèse l’arc sénile ne serait qu’une dégénérescence graisseuse locale et limitée à la périphérie du limbe cornéen. Le siège de cette lésion n’est cependant
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guère en faveur de cette hypothèse. Il semble bien probable que si elle résultait d’un trouble dégénératif, on la verrait se former plutôt au centre de la cornée, bien plus pauvrement irrigué qu’à la périphérie de cette membrane avasculaire. Au contraire le siège bilatéral de l’arc sénile, sa régularité, sa formation périphérique au niveau de la zone la mieux nourrie du tissu cornéen, en des points qui sont au contact des capillaires scléroticaux, tout cet ensemble est en faveur de la théorie d’un apport vasculaire, d’une sorte d'infiltration lente du tissu de la cornée par les éthers de la cholestérine venus du sang.