‹ GersonChapitre 13 sur 26 · GK&SOB · texte numérisé non relu

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àmc innocente, se dirait G erson en le regardant alors avec attendrissement. Une viendra peutêtre que trop tôt , le jour où il saura quelle a été la lin de son père ! »

Chaque article du journal que Médéric avait promis à Ursulede tenir, pour qu'elle pût vivre en quelque sorte de sa vie , pouvait se résumer en ces quelques mots : « Levé à six heures. — Prié pour mon péreî — Décliné. — Conjugué jusqu'à huit. — Déjeuné. — Joué jusqu'à midi pendant que Messire travaillait. — Dîné. — En promenade avec Messire sur le terrain Notre- Dame. — Rentré à trois heures. — Copié dans un manuscrit, décliné, conjugué encore. — Soupe. — Prié pour mon père ! — Au lit. — Ces détails étaient variés de temps à autre par le récit d'un voyage aérien dans les tours. Ursule lui repondait par des nouvelles tout aussi peu diverses. — C'était le rouet pendant quelques heures. — Puis le jeu dans le parc. — La course après les papillons. — Des travaux daiuuille enseignés par la dame du château , et toujours quelques aumônes portées de sa part aux pauvres du pays ; puis toujours . toujours : « Prié p°ur mon père! »

Enfin, vers le milieu de Tannée 1493, Médéric Tenait d'entrer dans sa onzième année , lorsqu'une mesure importante fut prise à la suite d'un concile du clergé de France. On cessa de se soustraire à l'obéissance ou à l'obédience de Benoît XIII, et Gerson, heureux de cette résolution qui donnait l'espérance d'un retour vers l'ordre et la paix , fut désigné pour aller, au nom du roi et de l'université , annoncer la décision du concile au pape , qui était alors à Marseille.

Une pareille mission devait le tenir quelques mois éloigné de Paris , et il ne pouvait laisser Médéric seul dans l'hôtel du cloître; il se décida alors à le placer au collège de Navarre.

Quelques jours avant de se séparer de lui , il l'appela dans son cabinet , lui annonça son départ, la résolution qui en était la conséquence, et , après lui avoir fait toutes les recommandations les plus pressantes et les plus tendres sur la conduite à tenir dans la pieuse maison qui l'avait élevé , il ouvrit un bahut d'où il tira un livre dont la reliure , composée de deux ais de bois, était chargée de figures de saints eu relief.

« Prends ce livre, Médéric, lui dit- il; tous

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ira, avant de prier Dieu, lis-en un chapitre. Je l'ai reçu eu entrant a .Navarre, comme tu \,is v entrer; et ce saint livre m'a toujours porté bonheur.

— Oh ! quelles belles images! b écria M rie, qui s'était empressé de regarder ce beau présent. Messire, la Dieu est partout. C'e4 le Nouveau Testament! » Lt, ravi comme s'il venait de pénétrer «lans le séjour des bienheureux , il feuilletait d'un doigt avide ces pages , lorsqu'il s'arrêta soudain :

u Ouel malheur ! dans un si beau livre , une feuille déchirée ! . . . Mais il reste de l'écriture. . . voyons : « Laissez les petits enfants venir à moi. » C est dans l'Évangile, Messire? Et audessus, qu'y a-t-il?

« L'enfaut qui outrage sa mère et insulte à l'image de Dieu, quelle sera sa vie et sa mort?»

« 0 Messire! je n'ose y penser, ajouta Mederic avec une sorte de terreur. Ma mère! je l'aime tant... Mais... celui qui a arraché cette page, est-ce qu'il avait aussi insulté sa mère?

II était bien coupable alors!

— Prions pour lui , Médéric ! Ces taches sur le parchemin, ce sont ses larmes, ses larmes

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répandues à une heure solennelle. Il a été bien repentant! Pleurs vénérables, Dieu les a vus tomber. Implore la grâce divine pour cet homme en contemplant les traces de son repentir.

— Je vous le promets , Messire. . Oh ! si j'avais eu mon père , je l'aurais aimé , je l'aurais respecté aus-i ! Avez-vous connu mon père, Messire? »

Germon était dans un embarras cruel , lorsque , prenant les mains de Médéric :

« Mon enfant, je m'efforce d'être pour toi un père bon et tendre, et de te rendre heureux... N'ai- je donc pas réussi? »

Médéric, à ces paroles, comprit qu'il lui faisait de la peine , et depuis lors ue l'interrogea plus.

A quelques jours de cette scène , le chancelier quitta Paris, avec une suite assez nombreuse de docteurs en théologie; et deux fois , l'une à Marseille, l'autre à Tarascon, il harangua le pape Benoit XI 11 en termes éloquents et énergiques. Il n'avait pas encore terminé sa mission, quand il apprit que Paris était dans une position très-inquiétante. Les haines des

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princes rivaux s'envenimaient de plus en plus depuis que Charles VI, dans un instant à peu l>r - lucide, a vaitdéclaré vouloir que son frère, le duc d'Orléans, fût chargé du gouvernement des affaires pendant ses accès. Malheureui roi, qui n'avait sa raison que pour prévoir une nouvelle atteinte de démence!

Cette résolution avait profondément irrité contre Charles VI son oncle Philippe de Bourgogne, et, de simple ambitieux qu'il était, l'avait fait factieux, et factieux bien exécrable, car il appela à son aide la guerre civile. Louis d'Orléans, de son côté, avait invité secrètement les Anglais à venir au secours de son ambition et de son orgueil. Quelle infamie î attirer l'étranger dans son pays! exciter les discordes intestines et leur donner pour armes des mains étrangères! C'était un double crime que commettaient les princes. Philippe le Hardi mourut pendant qu il organisait ses coupables complots ; mais la haine de la maison de Bourgogne contre la maison d'Orléans ne mourut point avec lui : au contraire, elle passa plus ardente, plus vivace, plus envenimée, dan> l'âme de Jean . fils de Philippe . et finir

mitié que Louis d'Orléans, retenu par un sentiment de respect de famille , n'osait opposer avec acharnement à l'inimitié de son oncle, il ne craignait plus de la montrer à face découverte à Jean sans Peur, son cousin, jeune homme de son âge; et Paris, cerné par les troupes des princes ennemis , était incessamment sous le coup de quelque catastrophe.

L'université, et c'était l'Église alors, dans son noble instinct d'amour du pays, prenait parti pour le duc de Bourgogne , qui , du moins , n'avait point recours aux armes de l'étranger ; et les écoliers étaient dans un grand état de fermentation. Un arrêt de l'université transmis à Gerson pendant son absence lui révéla ces faits en lui apprenantla punition infligée à plusieurs élèves du collège de Boissy qui étaient rentrés très-tard, portant de longues épées, se faisant ouvrir les portes àcoupsde pierres, et marchant sans lumière (sine cîaritate). C'était déjà un grand délit; mais ils l'avaient rendu plus sérieux encoreen comparaissant à Saint-Bernard pour être mis en jugement devant le recteur et les délégués de l'université, avec des hommes

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portant leurs livrées [in sua librata) et de longues perluisanes.

Ces actes d'arrogante irrévérence étaient Us s\ mptômos d'une violente agitation, etGerson trembla pour êùn cher Wédéiic. Il se bâta donc de rentrera Pari8dèsqu'illeput,et,aprèsavoir rendu au roi, on plutôt au conseil et à l'université, un compte fidèle desa mission, il s'empressa d'aller àNavarre, où il trouva tout aussi paisible que lorsqu'il y étudiait, et il lut entièrement rassuré en voyant Medéric appliqué à ses tranquilles travaux. Toutefoison se préparait pour le lendemain à la procession du recteurnouvellement élu , procession qui avait lieu tous les trois mois, « pour la concorde des fidèles, « l'extinction du schisme, le salut perpétuel « du royaume , la paix , la dignité de l'uni verce site, les biens de la terre , la salubrité de l'air « et de la température, et enfin pour toutes « les choses qui sont nécessaires à l'homme. »

Les moindres documents ont leur intérêt historique, et cet édit suffirait, si d'autres témoignages manquaient, pour prouver qu'il y avait discorde dans l'État, discorde dans l'Église, danger pour le royaume, péril pour le calme de

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l'université, et que la France était fréquemment

atteinte dece terrible fléau, la peste. L'ordredu recteur fut ponctuellement exécuté , et à neuf heures la procession sorti tdans l'ordre suivant:

Les cordeliers , les jacobins , les augustins et les carmes marchaient en tète, précédés de la croix ,et suivis de deux bedeaux revêtus de robes noiresà manches plissées, portant surl'épaule desmassesde vermeil, sur la tête le bonnetcarré.

Ces bedeaux étaient, dans l'ordre universitaire ou ecclésiastique , ce que furent pour les Romains les licteurs. La masse avait remplacé les faisceaux Or derrière ces licteurs de la science venaient tous les professeurs régents de rhétorique et de philosophie de tous les collèges, ayant robes noires à manches froncées et bonnets carrés.

Des chants modulés par des voix graves ou enfantines s'élevaient du milieu d'un groupe formé de vingt prêtres , de dixenfantsdecha-ur etdesix religieux de Saint-Martin-dcs-Ch.mps, tous revêtus de chapes et surplis, et modulant tantôt des psaumes, tantôt les litanies, mot grec qui veut dire en même temps procession et supplication; et cette procession était bien une

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oraison vivante, une prière en action, comme nous venons de le voir.

Ensuite venaient les bacheliers delà faculté de médecine, en robes ou épitoges fourrées; les bacheliers de la faculté de droit en épitogefl rouges fourrées de blanc. Ces deux députations d'une partie de la science étaient suivies des bachcliersetlicenciésde la faculté de théologie, avec de longues chapes noires et la fourrure blanche par-dessus. L'appariteur ou bedeau de la faculté de théologieles précédait, vêtu d'une robe violette, comme les bedeaux de nos églises , et ne portant point la masse , attendu, sans doute , que les officiers tenant à la théologie , à la science de la religion et de la paix , ne devaient rien avoir dans leurs insignes qui rappelât les faisceaux des licteurs.

Puis, en groupes séparés par d'autres bedeaux, marchaient les docteurs en médecine, portant chapes d'écarla'e rouge fourrées de blanc par-dessus; les docteurs en droit, vêtus de robes d'écarlates à chaperon fourré ; les docteurs en théologie, ayant grandes chapes noires et tours de col d'hermine.

Quatre bedeaux venaient ensuite de front ,

traînant leurs robes noires et portant sur l'épaule leurs masses de vermeil. Ils étaient les précurseurs du recteur, revêtu magnifiquement de sa robe d'écarlate violette à manches froncées , ceinte d'une torsade de soie, ornée de pendants d'or et soutenant une grande escarcelle de velours violet garnie de boutons et de galons d'or. Son mantelet d'hermine formait un contraste magnifique avec la teinte éclatante de sa robe.

A sa gauche marchait le doyen de Sorbonne, et autour de lui , ou derrière lui , s'avançaient les élèves qui, dans les divers collèges de l'université, avaient mérité d'être distingués pendant le mois qui avait précédé la procession. Ces glorieux élus composaient une file assez nombreuse et fermaient la marche. Médéric était parmi eux ; mais dans sa joie il éprouvait un chagrin, c'est que son père d'adoption, son bienfaiteur, ne fût point appelé par ses fonctions à figurer dans le cortège.

Cetteimmense réunion de tout ce qu'il y avait de savant et d'illustre à Paris, en France , en Europe même, car l'Kurope envoyait de toutes parts des élèves a l'université de Paris; celte

procession descendit d'un paslentetgrave toute la longue rue Saint -Jacques, dont les hautes et étroites maisons paraissaient menacer de s'écrouler sous les spectateurs entassés des premiers étages jusqu'aux toits.

Gerson , qui redoutait que c tte réunion d'hommes, soit acteurs, soit spe -tateurs, au milieu de l'agitation dans laquelle était Paris , ne fût la cause de quelque tumulte, était sorti du cloître, et, avant traversé le parvis, se tenait dans la foule amassée en haie sur le horddela rue de la Juiverie. 11 voulait voir sile peuple, si la procession avaient un aspect calme, et déric se trouvait dans le voisinage du recteur. Il put bientôt se ra-Miivr : car Médéric était à quelques pas seulement de ce souverain électif au règne de trois mois , et le cortège marchait majestueusement au milieu de deux haies tranquilleset respectueuses. Gerson allait donc rentrerpour travailler d'un esprit paisible , quand une grande rumeur se répandit, comme un long coup de vent, d'un bout à l'autre de la marche solennelle, et avec cette rumeur un effroi d -nt personne ne pouvait expliquer la cause. L'on disait que les troupes des princes, campées au-

tour de Paris, venaient d'y entrer; un autre affirmait qu'il y avait un soulèvement horrible autour du palais Saint-Paul ; suivant celui-ci, le feu dévastait une partie de la ville ; suivant celui-là , le Grand- Pont venait de s'écrouler : alors les spectateurs de courir, de s'enfuir dans tous les sens , et la procession de tomber dans un désordre qui redoublait à chaque pas.

Gerson, dans un tel trouble, ne songeait qu'à tirer Médéric de cette scène tumultueuse, quel qu'en fût le motif, lorsqu'on apprit qu'il n'en existait réellement aucun, et qu'un groupe compacte de curieux , ayant été refoulé parles sergents au bas du Grand-Pont, avait occasionné dans la presse ce mouvementde fluctuation qui causa tant d'effroi. La tempête de la terreur panique une fois passée, les flots de la foule s'apaisèrent, la double haie se reforma, paisible et curieuse comme auparavant, la procession se remit en marche le long de l'eau, et tout alla au mieux.

Ce devait être un beau coup d'oeil que cette marche,pourlespersonnesqui se pressaient sur le sommetdes tours deNotre-Dame. Les chants, s'élevant ou s'abaissant selon que se creusaient

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ou montaient les bords de la rivière , avaient quelque chose d'imposant et de poétique; les voix allaient se perdre à demi dans chaque rue qui s'ouvrait sur le passage du cortège, et puis reprenaient plus sonores , plus retentissantes , quand le^ murs des maisons les répétaient comme autant déclins: enfin elles se mouraient de plus en plus, et Médéric vit bientôt quelle en était la cause: c'est que la procession venait de retourner à gauche , et allait, par la rue desNonains-d'Ière, rejoindre la grande rue Saint-Antoine. Quand elle déboucha dans cette vaste rue , ce fut un murmure pareil à celui du peuple qui salue un souxerain bien -aimé, et elle s'avançait avec uu ordre pompeux entre les maisons si chargées de monde, qu'elles ressemblaient à une foule immense pressée, entassée. Tout à coup , au moment où le recteur, c'est-à-dire la fin du cortège , venait de passer devant une rue étroite et sale . un grand cri partit de la file d'écoliers qui fermaient la marche.

Voici quelle était la cause d'un désordre tout à fait sérieux cette fois. Un des valets de Charles de Savoisy, chambellan favori de Charles VI,

ramenant son cheval de l'abreuvoir, voulut, orgueilleux qu'il était de la faveur dont jouissait son maître, traverser les rangs des écoliers, et il y réussit, mais non sans couvrir d'une boue épaisse un des étudiants.

Celui ci, cédant alors à un mouvement de colère, s'élance sur lui et le frappe. Le valet appelle à son aide ses camarades; ceux-ci accourent; ils sont armés, portent aux écoliers sans armes des coups d'épée, leur dardent des flèches, enblessent plusieurs, et mettent ainsi le tumulte à son comble. La foule prend parti pour ou contre; on vaen venir aux mains, lorsque des archers surviennent et mettent fin à la lutte en s'emparant des valets de Charles de Savoisy.

Cette scène avait eu le fâcheux effet de profaner une cérémonie religieuse; car une flèche, pénétrant dans l'église, avait frappé le maîtreautel ; mais elle futdeplus pour Gerson la cause d'une vive douleur. Médéric avait été blessé au bras, et transporté sur-le-champ dans l'hôtel du Cloître ; le pauvre enfant y resta un mois dans son lit à souffrir, soit de sa blessure, soit de la fièvre continuelle que le mal entretenait en lui. C'est alors que Gerson connut à quel point

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il aimait cet enfanl , ; i r j 1 1 o 1 point aussi ilei aimé, lîicn des fois il veilla près de Médéric, qui eut réellement h passer plus d'un jour, plus d'une nuit de péril ; et dans ces moments d'angoisse il apprit de plus eu plus profondément tout ce qu'il y a de tendre , de grand , de bon , de consolant dans la prière.

■\u»i quelle fat son éloquence le jour où, au nom de l'université, il lut appelé à requérir du parlement la punition de Savoisy, responsable du fait de ses serviteurs, comme cela doitètre; car. si la justice humaine châtie l'instrument inintelligent, elle doit aussi, et surtout, châtier la main qui l'emploie. Toutefois le plaidoyer de Gerson fut digne de la clémence d'un homme qui avait su émouv ir la pitié du souverain |) ur les condamnés à mort; car, au lieu de crier vengeance, il invoqua la miséricorde tout en réclamant la justice.

C'est dans ce discours quil dit avec une belle précision de pensée et d'expression : «11 n'est « plus mauvaise servitude que la puissance de « mal faire. Un homme est malheureux quand « il veut faire le mal et le peut. » Sublimeleçon de morale que tout homme arrivé à quelque

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pouvoir, soit par la richesse, soit par les dignités, devrait faire graver partout en lettres d'or, pour qu'elle brillât sans cesse autour de lui. Du reste , le parlement voulut proclamer cette leçon par un arrêt sévère, et les valets de Savoisy, condamnés à être fouettés publiquement, puis à faire amende honorable devant les églises de Sainte -Catherine- du- Valdes-Écoliers, ce Sainte-Geneviève et du Petit- Saint- Antoine, furent ensuite bannis pour trois ans du royaume. Savoisy fut également banni; son hôtel fut rasé par ordre du conseil d'État, et ne put être reconstruit que cent douze ans après l'événement que nous venons de rapporter.

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