‹ GeulincxChapitre 2 sur 39 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Biographie.

Sommaire. — I. Naissance de Geulincx à Anvers. — Sa famille. — Ses études. — Élève à Louvain. — Professeur de philosophie. — Ses parents s'établissent à Louvain. — Succès de son enseignement. — Président des Quaestiones quodlibeticae, — Son caractère indépendant. — Sa devise. — Professeur primaire. — Pourvu d'une prébende de chanoine. — Sa destitution. — Décision de la faculté des arts. — Assemblée des députés de l'université. — Requête de Geulincx. — Lettres de maintenue. — Motifs de son départ. — IL Geulincx à Leyde. — Doctorat en médecine. — Protégé par Heidanus. — Donne des leçons de philosophie. — Leçons particulières. — En butte aux calomnies. — Cours de logique. — Tracasseries. — Philosophe résigné. — Nonuné professeur extraordinaire de philosophie. — Tout entier à son enseignement. — Cours de morale. — Cours de rhétorique. — Sa mort. — La peste à Leyde. — Discours de Heidanus. — Dénuement de Geulincx. — Honneurs rendus à la mémoire des professeurs victimes de la peste. — Succès de Geulincx comme professeur. — Ses œuvres recueillies par les libraires de la Hollande.

Jean Geulincx ('), père d'Arnold, habitait Anvers et exerçait les modestes fonctions de messager d'Anvers à

(i) Nous avons trouvé ce nom sous les formes suivantes : Geulincx, Geulinx, Geulinxs, Geulinxc, Geulingx, Geulinck, Gheulinchs, Geulincks, Gulinckx,

Bruxelles, qui lui avaient été conférées par le magistrat.

Le 25 janvier 1623, il avait épousé (') dans l'église de Notre Dame, Marie Strix, dont il eut cinq enfants. Leur premier né fut Arnold qui devait donner tant d'éclat à son nom. Il fut baptisé dans l'église de S*-Jacques le 31 janvier 1624 (^), vraisemblablement le lendemain de sa naissance, et eut pour parrain Arnold Strix et pour marraine Gertrude Wost. Les autres enfants furent Cécile, Jean, Égide et Joseph (^). Le second fils, qui s'appelait Jean comme son père, fut reçu en 1647 en qualité d'apprenti dans les ateliers du célèbre peintre anversois Jacques Jordaens. En 1658, il devint franc-maître de la gilde des peintres anversois de S*-Luc (*) et mourut bientôt après, sans avoir, semble-t-il, laissé de tableaux.

Jean Geulincx, le père, devait être dans l'aisance puisque nous le voyons acheter, de concert avec sa femme.

Gullincx, Gullinck, Goulincx (ces quatre dernières formes appliquées à Jean le peintre); en latin : Geulincxius» Geulingius, Geulingsius, Geulingus, Geulinus, GeuUngiana ethica ; en flamand : Geulingiaensche zedekonst.

La véritable orthographe est celle que nous avons adoptée.

(i) Voir l'acte de mariage aux annexes.

(2) La plupart des biographes avaient placé sa naissance en 1625. L'orthographe du nom de la mère a varié; on trouve : Strickers, Strix,

Strick, Stricker, Strickaert. (Voir aux annexes les actes d'achat et de vente de deux maisons.) — Sylv. Van £y dit dans sa biographie manuscrite de Geulincx : Quo anno, quibusve Antverpiensihus nattis fuerit parentihus detegere non potui.

(3) Ils furent baptisés respectivement le 30 juin 1626, le 30 mars 1629, le 23 août 1633, et le 26 avril 1638. V. aux annexes les extraits des registres des baptêmes. Tous les actes concernant la famille de Geulincx, nous les devons à Mr J.-F. Van den Branden, archiviste-adjoint de la ville d'Anvers, qui a bien voulu faire à ce sujet des recherches spéciales dans son dépôt.

(4) Voir les Li^^^^w de la gilde de St-Luc, publiés par Ph. Rombauts et Th. Van Lerius, t. II, pp. 181, 286, 298. — La recette des dettes mortuaires de 1658- 1659 mentionne la femme de Jean Gullinck.

deux maisons, Tune en 1637 et l'autre en 1638 C).

Toujours est-il que leur fils Arnold put faire de bonnes études humanitaires. Dès son enfance il se passionna pour les auteurs latins, au point que la langue latine lui devint plus familière que le flamand, sa langue maternelle O. Il étudia ensuite avec succès la philosophie à l'université de Louvain, dans la pédagogie du Lis. En 1643, il se présenta à Texamen de licencié es arts, qu'il subit brillamment. Parmi les 159 élèves qui furent promus à ce grade, le 19 novembre suivant, le nom de Geulincx figure au second rang (^). Il se fit inscrire ensuite comme élève en théologie (^). Après s'être appliqué pendant quelque temps à cette science, il demanda et obtint, suivis salvandis, en décembre 1646, une place à la faculté des arts, avec le titre de professeur de philosophie, dans cette pédagogie du Lis où il avait été élève (^).

Trois ans après, ses parents vinrent le rejoindre à Louvain. On conserve aux archives d'Anvers la requête par

(i) Voir les actes d'achat ^ux annexes.

(2) Geulincx nous le dit dans la préface de sa logique (i août 1662) : Sed sermo, quantum pet artis nostrae praecepta licuit Latinus est, non quaesitus, familiaris mihi et in ore natus, quem non premeditatus effundo, Belgica lingua quae mihi materna contigit, in plerisque promptiorem, Quod nec mirabitur, cui vel tantillum perspecta fuerit vitae meae ratio : utpote, qui inter assiduas jam inde a prima pueritia luciibrationes, quidquid in hoc idiomate cultiorum authorum est, evolvi,

(3) Acta venerandae facultaiis artium a© 1643, ÏP 59g. Gradus licentiae in artibus, Promotio in artibus anni 1643, nov. 19a. 1° Gilbertus Plempius Amsteldamensis, 2° Arnoldus Geulincx Antverpiensis.

(4) Tum inter S, theologiae alumnos adscribitur. Bax, Hist, univ, Lovan, Ms. de la biblioth. royale, XVIIIe s., p. 1269, vol. 7.

(5) Actafac, art. 1646, déc. fo 673. Item petiitD. Arnoldus Geulinck admitti ad concil, facultaiis titulo pro/essoris philos, in paedagogio Lilii, et admissus est, salvis salvandis, praestititque juramentum.

laquelle Jean Geulincx demande aux bourgmestres et échevins de la ville d'Anvers d'être déchargé de son emploi de messager. Il allègue pour motif qu'il a l'intention de quitter la ville pour s'établir à Louvain chez son fils le professeur.

Ce document, que nous reproduisons d'après l'original flamand, est intéressant; il nous montre et le caractère humble du petit bourgeois et sa fierté d'être le père d'un homme que tout le monde doit connaître (').

La résignation de cet office fut acceptée par une apostille datée du lo décembre 1649. Le 20 novembre de la même année, Jean Geulincx et Marie Strix avaient vendu leurs deux maisons, dont ils avaient fait une seule habitation, à Henri Geulincx, frère de Jean, et à sa femme Catherine Treseniers (^).

Arnold Geulincx remplit ses fonctions au collège du Lis pendant douze années, les six premières comme professeur secondaire, les six dernières en qualité de professeur primaire (^). Comme il était éloquent (*) et d'allure indépendante (^), il se fit remarquer parmi les professeurs, et son cours fut suivi par un grand nombre d'élèves (^).

En septembre 1652, il fut désigné comme examinateur

(i) Naer Leuven hij sijnen sone den Professor aldaer, V. aux annexes.

(2) V. annexes.

(3) V. préf. de sa logique. — Paquot, Mémoires, t. XIII. — Sylvestre VanEy, Bibliotkeca scriptorum Antverpiensium, Ms. de la bibl. roy. à Bruxelles, XVIIIe s. — Bax, cité.

(4) Magnus fuit seculi XVII pkilosophus et pr opter philosophos magna etiam assiduitate authores antiques romanos coluit qua nitidam defecatae latinitatis eloquentiam sibi comparavit, (S. Van Ey, cité). — Cf.MoRERi, Dictionnaire, 1740.

(5) V. à propos des Quaestiones quodlibeticae.

(6) Parlant de ses 12 années de professorat» dans la préface de sa logique, Geulincx dit : Cum frequentissimo discipulorum affluxu pro/essus.

pour le baccalauréat ('). Le même mois, le régent du Lis le chargea de remplir l'office de président des Quaestiones quodlibeticae (^).

Il devait en cette qualité diriger les disputes ou jeux oratoires qui avaient lieu avec solennité au sein de la faculté des arts, le jour de la Sainte-Lucie, en décembre. C'était, au témoignage de Valère André, une cérémonie qui avait été instituée en 1427 et à laquelle prenaient part un grand nombre d'auditeurs (^).

Dans l'une de ses préfaces (*), Geulincx parle avec attendrissement de cette époque de sa vie où il était jeune, heureux (^), plein d'ardeur et d'inspiration poétique. Il s'était choisi un genre d'éloquence à part, rude, abrupt, figuré, inusité (^). Ses adversaires, car il en avait déjà, ne manquèrent pas de lui en faire un reproche. Mais dans l'indépendance de son caractère, il s'en tint uniquement à ses idées Ç\ sans se soucier des jugements d'autrui (^).

Sa devise était serio et candide {^). Sérieusement — c'est

(i) Acta foc, art., fo 317, a© 1652.

(2) Ibid. , fo 318. Dominus te gens colle gii Lilii designavit in praesidem quaestionum quodlibeticarutn dominum professorem Geulincx.

(3) Voir la notice bibliographique.

(4) Préf. 2e édit. Qtiaestiones (1665).

(5) Hoc tune juvàbat, hoc sors tune et aetas fer ébat, Ibid.

(6) Legeram mihi genus aliquod dicendi arduum, abruptum et (quod vitio mihi vertebant adversarii tnei) Afrum, quod velut e Pythia quadam specu per intervalla detonaret; et tamen plus in sinum reconderet (quod acutos tune et perspicaces censere memini) quant fronte promitteret : solito me stylo et modulatione vocis abdicaveram, Ibid.

(7) Eos tantum modos orationis, et velut metricas leges quas ipse mihi dixeram, tenax et animosus observabam, Ibid.

(8) De aliorum judiciis non laborabam : qui si boni essent, boni consulturos, quae bono dixissem animo; sin mali, dite contemnendos mihi et despiciendos arbitrabar, Ibid.

(9) Voir le titre des (Quaestiones (éd. 1653) et Paquot, Mémoires, t. XHI.

à dire avec zèle, avec cœur, avec réflexion et non en se jouant, en plaisantant, avec mollesse (')> — et franchement, avec candeur. Plus tard, après avoir passé par bien des épreuves douloureuses, il enseignera, dans son traité sur la pratique de la vertu, que toute action doit se faire sérieusement et sincèrement : symbolum hic est, serio et sincère, en insistant sur l'importance de la discrétion (^). Un jour il -dira même : loquendum cum multis, sapiendum vero cum paticis (^).

De cette même année (1652) date sa promotion à la chaire primaire de philosophie (*). En août 1654, nous trouvons son nom parmi ceux des cinq doyens de l'université, sous le second rectorat de Jean Recht, professeur de théologie (^). Le 17 septembre 1657, il fut nommé, avec quatre de ses collègues, examinateur pour les récipiendaires de licence (^). Quelques mois plus tard, le 18 janvier 1657, il fut pourvu, probablement par la faculté des arts, d'une prébende de chanoine dans la basilique d'Aix-la-Chapelle; mais il dut résigner cette charge l'année suivante, avant d'en avoir

(i) « Serio » dicimur agere, quod non per lusum, non per jocum, non etiam languide, sed studiose, cordate, deliberate agimus, Eth. 403.

(2) Nihilominus hic subinde opus est discretione, et etiamsi nihil simulet vir bonus quaedam tamen celât et silentio premit, Eth, 404.

(3) Annotata majora, 150.

(4) Dein sexennio in hoc functione exacto, ad primariam philosophiae cathedram in eodem paedagogio promovetur in munere et alios sex annos egit, Bax, ms. cité.

(5) Acta almae universitatis Lovaniensis et dominorum deputatorum ejusdem (actes généraux) août 1654, fo 225. Decani : ... 50 Erud**^^^ D. Geulincx S, Th, licent, et philosophiae prof essor primarius, (C'est la seule fois qu'on trouve le nom de Geulincx avec le titre de licencié en théologie). Sub secundo rectoratu Eximii D«» Mg^* nostri Joannis Recht, sacrae tlieologiae doctoris et professoris.

(6) Acta foc, art., ÏP 714. Die 17 sept. (Indicta fuit) congregatio ordinaria ... 30 (an placcat nominare) tentatores licentiandorum ... ad, 3»» (nominati) ... D, D, Houbraken, Geulincx, Randax, Vincent.

pris possession, parce qu'il ne put prouver la légitimité de la naissance de ses parents ('). Ce motif n'est peut-être qu'un prétexte, car il venait de se passer un événement capital dans la vie de Geulincx. Vers la fin de Tannée 1657 ou dans les premiers jours de 1658, il fut brusquement destitué par ses collègues de la pédagogie du Lis.

Cet événement est resté enveloppé de mystère.

Le 23 janvier 1658, dans une réunion extraordinaire de la faculté des arts, les professeurs du Lis déclarèrent qu'il y avait une affaire dont ils désiraient informer la faculté. Comme . il ne leur semblait pas convenable de porter le fait à la connaissance de tout le monde, ils demandèrent qu'on nommât des délégués avec lesquels ils pussent conférer (^). La faculté désigna Renson , Beux, Scaille et Marcellis. Ce dernier étant absent, on fit

(i) C'est du moins ce que nous apprend une note du manuscrit de Bax : Arn, Geulincx provisus i8 januarii 1657 ^ praehenda canonicali in Basilica Aquisgranensis fuit, sed non fuit admissus, quod frohare non potuit Ugititnitatem parentum et ideo resignavit Francisco Jamez, admisso 25 augusH 1658.

Mr Kàntzeler, archiviste de la ville d'Aix-la-Chapelle, à qui nous nous sommes adressé pour vérifier cette assertion, nous a répondu que les archives de la cathédrale, comme, celles des autres églises de cette ville, ont été dispersées au siècle dernier.

Cf. NoPPius, Aacher Chronick, Coin 1632 : Sonsten wird auch niemand in diesem Collegio auff- noch angenommen, er und seine Eltern seyen dann ehlich geboren und er neben dente, auff einiger bewerten UniversitéU in una, aut alia facultate graduirt, — Ch. VI. von den Herren Canonichen unser L, Frawen Stiffts alhie, p. 31.

Ces faits rapprochés de la modeste condition du père, prouvent que Geulincx n'appartenait pas à la noblesse, bien qu'il eût des armoiries : il portait « de sable au chevron d'azur, accompagné de deux croissants affrontés en chef, et d'un troisième en pointe ». Ces armoiries se trouvent sur le titre de la !« éd. des Quaestiones. Rietstap les rapporte aussi dans son armoriai général, au mot Geulincx.

(2).Actafac, artium^ fo 720. Die 2^(januarij 1658) congg. extraordin, sub

connaître aux trois autres pour quels motifs, de Tavis unanime du régent et des autres professeurs, M' Geulincx avait été déposé de son professorat. Après avoir vu et lu les informations prises contre lui par le recteur magnifique, ils déclarèrent que non seulement les professeurs du Lis avaient pu, mais que de toute façon ils avaient dû procéder à cette destitution (^).

Le lendemain 24 janvier, eut lieu une réunion extraordinaire des députés de l'université, à laquelle assistèrent un grand nombre, de professeurs. Le recteur y fit lire une supplique qui lui avait été remise de la part de M' Arnold Geulincx. Ce dernier y expose que le 15 du présent mois, il a obtenu du Conseil de Brabant des lettrçs de maintenue dans la chaire de philosophie qu'il occupait à la pédagogie du Lis, lettres notifiées à son successeur, M*" Damman; que malgré ces lettres et leur notification, le dit M' Damman et les autres « perturbateurs », loin de s'abstenir, vont jusqu'à porter la main sur lui Geulincx, contre toute raison et toute équité. C'est pourquoi il demande qu'il soit enjoint à Damman et aux siens qu'ils aient à se conformer à la teneur des susdites lettres de maintenue et qu'il leur soit interdit de porter atteinte à sa personne jusqu'à ce que.

jur(antento) ... 30 DD. Lilienses dixerunt esse certum negotium concernens paedagogium Lilii, de quo cuperent informare facuUatem : sed cum non conveniens sit illud omnibus indicare, petiverunt dari deputatos, quibtts illud ipsum possent communicare,

(l) Ibid., fo 721. Ad 301, designati fture DD, Renson, Beux, Scaille, Matcellis, qui ires priores absente ultimo plene informati fuerunt de causa D. Arnoldi Geulincx, quondamprqfessoris in Lilio, cur nimirum et quare de unaninti consensu regentis et aliorum professorum eiusdem paedagogii, fuerit a professoratu depositus, visis etiam et lectis informationibus contra ipsum captis a Magnifico Domino qui iudicarunt DD, Lilienses non tantum potuisse sed omnino debuisse a4 dictam depositionem procedere.

l'instruction terminée, il ait été pris une autre décision (*). Les députés décidèrent que la supplique de Geulincx serait communiquée à M' Damman, comme partie dans Taffaire, afin qu'il pût dans la huitaine de la notification en examiner le contenu et qu'il fût en mesure de rédiger, dans l'intervalle, une réponse aux lettres de maintenue (*).

Le II février suivant, la faculté des arts, réunie en séance extraordinaire, avait à son ordre du jour le remplacement de M' Geulincx comme examinateur pour la licence, et elle nomma à cette fonction M' Brabant (^).

Voilà tout ce que l'on trouve dans les documents de l'université (^). Le motif de la mesure prise contre Geulincx

(1) Acta almae universitatis (actes généraux, janvier 1658, sans pagination). Deputatio. Supplica D, Arnoldi Geulincx exprofessoris Liliù Die jovis XXIIII^ januarii indicta et seruata est deputatio extraordinaria in maiori numéro, in qua magnificus dominus rector legi curavit libellum supplicem sibi ex parte domini Arnoldi Geulincx porrectum, quo exponit quod a concilio Brabantiae die X V* huius ohtinuerit litteras manutenentiae in professoratuphilosopkiae quem habuit in paedagogio Liliensi, hic quoque lectas et domino Damman successori suo in eodem professoratu insinuatas : quodque dictis litteris et insinuatione non obstantibus, praefatus D, Damman ac alii uti ait turbatores non désistant, quin immo et tnanum in ipsum exponentem, injicere sine ratione, fundamento aut equitatis praetextu : quare petebat injungi dicto Damman et suis ut tenori dictarum litterarum manutenentiae sese conforment : interdicendo intérim quibuscumque, ne quid in personam dicti Geulincx attentent donec finito judicio aliud statuatur,

(2) Ibid. Ex deliberationibus dominorum deputatorum conclusum est quoad dictum libellum supplicem, illum esse communicandum dicto domino Damman uti parti, ut infra octidium ab insinuatione ad contenta eiusdem deliberet. Et quoad dictas litteras manutenentiae, praedictum Damman eidem intérim posse respondere et contra easdem rescribere,

(3) Acta fac, artium, fo 722. Die il febr, Congregatio extraordinaria sub juramento... 2^ An placeat designare alium examinatorem loco D, Geulincx,

fo 723... ad 2™, In locum D. Geulincx proexaminator suffectus.fuit D, Brabant.

(4) Nous avons fait à ce sujet des recherches minutieuses, tant dans les documents de Tuniversité de Louvain — qui se trouvent presque tous aux archives générales du rpyaume et à la bibl. roy.'de Bruxelles — que dans les archives du

ne paraît donc nulle part. Il est vrai que les acta ne sont que des résumés.

Chose singulière on ne trouve trace de cette procédure ni dans les registres, ni dans les papiers du conseil de Brabant. Mais il est possible que ces lettres de maintenue consistèrent en une simple apostille inscrite en marge de la requête originale (').

conseil de Brabant. Mais malgré Taide obligeante de MMn les conservateurs Ruelens et Piot, nous n'avons pu découvrir d'autres documents inédits que ceux que nous citons. Mr Bogaerts, archiviste de Tarchevêché de Malines, MrReusens, bibliothécaire de l'université catholique, et MrE.VanEven, archiviste de la ville de Louvain, n'ont pu nous fournir aucun renseignement sur cette affaire. Le manuscrit 18476 de la bibliothèque roy. renferme une déduction des régents des pédagogies de Louvain contre les professeurs, concernant les prérogatives de ces derniers. On y trouve une allusion à la destitution de Geulincx : Quod sit falsurn quod (professor) jure stw elegisset (régentes) evincunt omnes illi tractatus et regulamentum universitatis et constantissimus pro illo tetnpore eorumdem usus in tantum ut in Lilio anno 1659 (1657?) detnissus fuerit professor Geulincx.

(i) Il pouvait aussi arriver qu'à la suite de certaines intrigues une affaire de cette nature fût retirée des mains du conseil, et cela sans qu'il en restât des traces dans les registres. Nous faisons allusion au procès de Martin-Etienne Van Velden (1664- 1724), professeur de sciences physiques et mathématiques à la pédagogie Faucon, et dont M^Stevart a publié une relation. (Procès de Martin Etienne Van V^/c^n. Bruxelles, 1871).

Van Velden comba,ttait Âristote et prenait Descartes pour guide. De là contre lui une sourde hostilité, qui éclata tout à coup quand il osa soutenir publiquement le mouvement de la terre autour du soleil, dans des thèses annoncées pour le 15 juillet 1691. Le 29 du même mois, la faculté réunie en séance extraordinaire l'exclut pour trois mois de son sein avec privation de ses émoluments. — Van Velden qui s'attendait à être jugé et condamné par ses collègues sans pouvoir siéger parmi eux, s'était adressé au conseil de Brabant qui rendit un arrêt suspendant l'affaire jusqu'à plus ample informé. Mais grâce à l'influence de l'internonce et de l'université, l'affaire en matière de maintenue fut retirée des mains du conseil de Brabant pour retourner à l'université. Mr Stevart a trouvé un document authentique montrant que le conseil en fut dessaisi malgré lui.

Quoiqu'il en soit, TafFaire en resta là, car cette même année (1658), Qeulincx alla s'établir à Leyde où il embrassa le calvinisme.

L'abbé Paquot ('), qui n'est pas favorable à Qeulincx, donne pour motif de son départ : qu'il s'était brouillé avec ses collègues et qu'ayant contracté beaucoup de dettes, il se voyait dépouillé par ses créanciers.

Ce passage est reproduit dans le manuscrit de Bax; Van Ey O parle de ses ennemis, et Philarète (Bontekoe) de la perte de ses biens (^). Il est certain que Qeulincx avait eu des difficultés financières. Lui-même avoue qu'il avait perdu toute sa fortune {% et c'est probablement pour cette raison qu'il quitta Louvain sans essayer de tenir tête à ses adversaires, comme le fit plus tard le professeur Van Velden.

Mais pour quelle cause a-t-il été destitué? On en est réduit à des conjectures. Il avait peut-être, comme Van Velden, voulu soutenir des thèses peu orthodoxes. Il est à remarquer, en effet, que ses premiers biographes insistent tous sur le fait de son apostasie à Leyde : ubi infelix apostata, dit Bax (^), et Martin Steyaert (^), qui était en mesure d'être bien informé, l'appelle avec mépris : apostata quidam Fidei et hujus academiae.

En tout cas, il ne peut être question d'une action déshonorante que ses ennemis n'auraient pas manqué de faire valoir hautement contre lui, à Louvain comme à Leyde, et il n'aurait pas été en Hollande le protégé d'un homme aussi

(i) Mémoires, XIII.

(2) Ms. cité.

(3) Dédicace de Philarète à Heidanus. Eth.

(4) Et simul etiam ad academiam vestram e naufragio rerum mearum appulsus, Log, préf. V. aussi Eth, déd. de Philarète.

(5) Manuscrit cité, p. 1269.

(6) Voir plus loin les détracteurs de Qeulincx.

respectable que le pasteur Heidanus. D'ailleurs même après sa destitution Geulincx est traité avec certains égards ('), et il avait obtenu des lettres de maintenue.

Arrivé à Leyde, Geulincx fut inscrit au rôle des étudiants honoris causa, avec son titre d'ancien professeur primaire de Louvain, le 7 mai 1658, sous le rectorat d'Antoine Thysius(*). Il avait alors trente quatre ans (^). Le 16 septembre suivant, il se présenta à l'examen du doctorat en médecine avec une dissertation sur les fièvres. Mais ce grade ne lui procura aucune ressource nouvelle, et il aurait été réduit à la mendicité sans les secours que lui fournit Heidanus, son fidèle protecteur (*). En 1659, il reçut l'autorisation de donner des leçons publiques de philosophie; toutefois l'acte qui l'accordait fut retiré vers la fin de l'année suivante (^). Il fut donc réduit à donner des leçons particulières, qui ne lui rapportaient qu'une maigre rémunération (^), et il était en outre en butte aux plus violentes calomnies O. Dans la dédicace de sa logique, ouvrage qui parut en 1662, il s'en plaint amère-

(i) On continue toujours à l'appeler Dominus.

(2) Mai 7, 1658. Arnoldus Geulincs Antverpianus, qtwndam professor primarius, 33 P. Hon. C, (V, Album studiosorum Academiae Lugd. Bat.f p. 464).

(3) Et non 33 .ans comme le porte son inscription.

(4) Voir Dedicatio Philareti. Eth. — La dissert, médicale est dédiée à Heidanus.

(5) Matthys Siegenbeek, Geschiedenis der Leidsche Hoogeschool, 1832, II,

(6) Après avoir parlé de son enseignement de Louvain, il ajoute : (i^r août 1662) Eandem operam, etsi privatam et minus quaestuosam, navo juventuti vesirae colle gia mea frequentanti. Log. déd.

(7) Reliquum est, ut genibus vestris advolvant se deploratae res meae et succisa fortuna, quae aLustro fere, quo hic versor, praeter malevolorum odia, calumnia^ fastidia^ contemptum et rabiem nihil sunt, Ibid,

ment et se justifie du reproche qu'on lui avait fait de ne pas parler convenablement le latin ('). Cette même année, il fut admis à faire un cours de philosophie en qualité de lector (^), et il prononça le 14 octobre son discours d'introduction à un cours de logique (^). L'année suivante, il publia son second ouvrage sur la logique : Msthodus inveniendi argumenta, et fit soutenir trois « disputations physiques ». Parmi les thèses qui furent soutenues sous sa direction en 1664, ont doit signaler la Disputatio ethica de virtute et primis ejus proprietatibus, et l'écrit destiné à répondre à des objections qui lui avaient été faites, spécialement au sujet de sa logique (*).

Ce dernier opuscule nous montre à quelles tracasseries il était exposé. On insinue qu'il ne sait pas le grec. Qeulincx met le passage en évidence sans y répondre (^). On cherche à lui faire dire des choses qui pourraient le compromettre. Mais il ne craint pas de dire la vérité (^).

(i) Accurrit ad vos libellus iste, — velut ad munitam arcetn adversus obtrectantium insultus : simul etiam acturus causant authoris sut : ut qui barbari ac inculti sermonis, nescio qua vert specie apud vos insimulatus,

(2) Album studiosorum, Nomina professorum. Ftuultas philosophiae et artium liberalium. Dans la liste des professeurs, le nom de Geulincx suit celui d'Âd. Heereboort, mort l'année précédente (17 juillet 1661). Heereboort était un cartésien convaincu.

(3) V. Bibliographie, 2© édit. des Quaestiones.

(4) V. Bibliographie des Annotata,

(5) « Apud Latinos forte, non apud Graecos (et addit) ut potes rescire a linguae illius peritis ». Heus Magister ! Linguae otnnes rationi obedire debent, non ratio linguis : lingua Belgica, et Hispana, et si placet, Gotica, imo Scotica ad amussim observant illud axioma: duplex negatio facit affirmationem. (Ann,^ p. 298).

(6) Crassus hic philosophus es; jsed vereor ne non crasse malitiosus sis, et aliquid elicere velis, quo nos traducas apud imperitos, quibus (ut adagium habet) nihil iniquius est; sed esto : et hoc etiam, quidquid incommodi est, litemus veritati. (Ibid., p. 299).

Ce qu'on lui reproche le plus souvent et le plus vivement, c'est qu'il est un novateur. Qeulincx répond fièrement que la vérité est vieille comme le monde; il s'emporte contre ceux qui dénaturent ses idées et déclare que jamais il ne dit et ne pense autrement en public qu'en particulier. Il reconnaît pourtant que ses paroles improvisées ne rendent pas aussi heureusement sa pensée que les écrits qu'il soumet au public (').

Malgré la faveur qu'on lui avait accordée, sa position était toujours précaire et son sort ne paraissait pas devoir s'améliorer. Aussi n'est-il pas étonnant que sa philosophie porte l'empreinte de la tristesse et de la résignation. C'est à cette époque qu'il publie le premier traité de l'éthique envisagée à un point de vue exclusivement rationnel. Il y parle en ces termes de la vie du philosophe : « Si je cherche » à atteindre le sommet de la sagesse, afin de rendre » service au grand nombre, que n'aurai -je pas à supporter ? » Non seulement des choses dures, mais des choses » cruelles; les censures me fouetteront jusqu'au sang, l'envie » des uns viendra me mordre, l'impuissance des autres » même voudra m'abattre et me détruire » f ). La situation est plus triste encore pour celui qui change de condition.

(i) Quantum ad « Novum, Novatorem, Novaturùntem, etc, » quitus me saepe in disputationibus et thesibus tuis tam pie confricas, scias non esse novum, quod verum est : rerum antiquissima Veritas ! etiamsi quibusdam nova, imo quibusdam non nova quidem, sed, proh dolor ! sepulta : sic nec NovcUores sunt, quibus nihil aniiquius est veritate : inter hos nomen meum profiteor; disrumpantur licet istae striges, quae purulentis uberius, de simplicibus et synceris proborum hominum sententiis et moribus, semper aliquid sinistri imperitorum labris immulgent, Itaque ego nunquam aliter publiée, aliter privatim, velsentio vel dico; esta forte, quodea, quae privatim, et ex tempère dicto, subinde non tam accurata sint, et mentem meam non tam féliciter assequantur, quam quae praemeditatus scrïbo, et publia juris facio, (Ibid., p. 300).

(2) Eth, 5e oblig. (Multa ferre, multa facere), p. 197.

On vous accable de reproches et de railleries, on vous traite de « vieille recrue » (^).

Beaucoup d'autres passages de ce traité montrent encore que Tauteur n'a pas été un homme heureux. Mais il ne songe jamais à la révolte : l'homme, dit-il, doit être satisfait de la vie quels que soient les malheurs qui l'accablent. Tout me vient de Dieu, je dois donc me soumettre (^). Si malgré mes efforts persévérants,^ je n'arrive pas au but désiré, qu'importe? Dieu ne m'a pas ordonné de réussir {^).

Cependant des jours meilleurs allaient commencer pour lui. Peu après la publication du premier traité de l'éthique, il fut enfin nommé professeur extraordinaire de philosophie C*), toujours soutenu par Heidanus et probablement par quelques-uns des personnages influents auxquels il 'avait dédié ses ouvrages. Son discours d'ouverture date du 9 novembre 1665.

Tout entier à son enseignement, il n'eut pas le temps de faire paraître pendant les quatre années suivantes, les traités qui devaient compléter son œuvre capitale; il se borna à publier une traduction néerlandaise du premier traité et fit soutenir encore par ses élèves un certain nombre de thèses. En 1667, il fut admis à faire un cours sur la

(i) Ibid.

(2) Eth, passim.

(3) Etk,f p. 195. — On voit que Geulincx est un homme habitué à souffrir. — Les maux, dit-il, n'existent que pour ceux qui se plaignent. Eth., p. 214. Dieu sera notre seule consolation : omnia itaque a nohis possunt auferripraeter solutn Deum, Met. 69.

Cf. Disputatio ethica (soutenue Tannée précédente, 1664) ... Multo minus, si adversae, si angustia rei familiaris, si contemptus, infamia, calumniae prémuni (quod non nisi mollissimorum abjectissimorumque hominum scelus est) animam projiciet [vir bonus]. Thèse XIV.

(4) Album stud. Nomina professorum.

morale ('), et il reçut en 1669 Tautorisation de donner des collegia oratoria (^). Mais il ne put profiter de cette dernière faveur, car la mort vint le surprendre avant l'expiration de cette année, à peine âgé de quarante cinq ans.

Cette même année la peste ravagea la ville de Leyde^ • et Tuniversité perdit cinq professeurs, appartenant aux diverses facultés.

Le 20 novembre, Heidanus prononça, dans l'auditoire de théologie, un discours au sujet de ce terrible fléau qui avait enlevé à l'université ses « principaux soutiens et ornements » (^). Dans ce discours, qui fut imprimé Tannée suivante, le savant théologien déplore surtout la mort de son illustre ami Coccejus ; il consacre aussi quelques lignes à la mémoire de ses autres collègues décédés : Adrien Beeckerts van Thienen, F. Schuyl, D. Stuart et A. Geulincx.

Voici ce qu'il dit de notre philosophe : « Geulincx était » certes plein de talent et éloquent, et si la pauvreté n'y » avait mis obstacle, — illa quidem bonae mentis mater, sed » magnum ne emergant qui cum illa conflictantur, impedimen-- » tum — il eût pu acquérir de la gloire et se faire un » nom parmi les philosophes et les orateurs éminents de » ce siècle » C*),

(1) Ibid.

(2) SlEQENBEEK, Gesch. der Leidsche Hoogeschooly II, p. 139.

(3) Abrahami Heidani S. theologiae professoris senior is oratio de luctuosa calamitate quae anno Domini CID IDC LXIX civitatem Leidensetn, curiam, ecclesiam et academiam graviter afflixit, et praecipuis suis columnis et ornamentis destituit, et orbàvit. Habita in auditorio theologico, XX die novembris, in lectionum exordio, — Lugduni Batavorum, ex officina Felicis Lopez, 1670. In-40, 38 ff. (avec la vie de Coccejus qui suit). — Tous les auteurs qui mentionnent la brochure de Heidanus ainsi que ceux qui traitent de ces événements, omettent par inadvertance le nom de Geulincx.

(4) Quid de philosophis dicam, quorum alter D, Stuartus ... Alter vero D,

Ainsi depuis son départ de Louvain, Geulincx fut constamment aux prises avec la misère. Il mourut enfin jeune encore, victime de la peste (') et dans le plus complet dénuement (^). Mais est-ce seulement Textrême pauvreté, summa paupertas, qui entrava toujours son avancement et l'exposa à tous les dédains des malveillants ? Heidanus n'a peut-être pas osé dire toute la vérité à ce sujet. Il est plus que probable que Geulincx était suspect au parti protestant orthodoxe, adversaire des idées nouvelles défendues par lui et par Heidanus (^). De là sans doute contre notre philosophe cette sourde hostilité dont on trouve souvent la trace dans sa carrière de professeur à Leyde. Aussi sa vie est bien caractérisée par ces mots que portent les éditions posthumes de l'éthique : Post tristia auctoris Jota,

Dans le courant du mois de janvier suivant (1670), deux autres professeurs encore , Jean Van Home et Etienne Marchand, succombèrent. L'université fit alors frapper, en souvenir des défunts, des jetons en bronze, représentant

Geulincx, ille quidem ingenio felix, et eloquio disertus, ut nisi paupertas, illa quidetn bonae mentis mater, sed magnum ne emergant qui cum illa conflictantur, impedimentum ohstitisset, inter excellentes hujus seculi philosophas et oratores; nomen et decus tueri potuerit, F. 12, vo.

(i) Cela résulte de l'ensemble du discours de Heidanus, qui n'indique une autre maladie que pour le professeur Stuart.

(2) On peut rapprocher des paroles de Heidanus, ce passage de la dédicace de Philarète : Haec passim sapientis fortuna est, et, quasi foret indignus vita, cum sit dignissimus, multi omnes machinas movent, ut non emergat, cujus virtutibus obstat res angusta domi, taedio potius, squallore, famé, et omnis necessarii auxilii defectu inter eat pauper sapiens» Hoc sensit noster etiam pauper Aristoteles, et quasi non sufficeret summa paupertas, insuper experiri debuit innocens maievolorum odia, invidiam, calumniam, contemptum,

(3) Le savant professeur J.-P.-N. Land, recteur actuel de l'université de Leyde, qui a compulsé toutes les archives confiées à la garde du collège des curateurs, pourra probablement jeter un jour nouveau sur ce point.

d'un côté Pallas avec ces mots en exergue : Memoriae feralis anni MDCLXIX, Acad. sex profess. ord. raptis. Au revers était figuré le Phénix avec cette inscription : Vivit morte refecta sua {^). Les six professeurs ordinaires! Qeulincx, qui n'était que professeur extraordinaire, fut exclu de ce dernier honneur....

Le succès de Qeulincx comme professeur est constaté même par ceux qui cherchèrent plus tard à discréditer ses écrits. « Il possédait sans aucun doute, dit Ruardus » Andala (^), un remarquable talent de parole {insignia dona » dicendi); il a écrit avec une extrême élégance, son style est » pur,, abondant, agréable; il a pu présenter ses opinions » d'une manière heureuse et faite pour persuader. On ne » doit donc pas s'étonner qu'il ait acquis une grande répu- » tation et excité l'admiration de ses auditeurs. »

Aussi Qeulincx fut-il vivement regretté. Six ans après sa mort parut l'éthique complète et cet ouvrage fut pendant quelques années considéré comme une véritable œuvre de génie. A partir de ce moment on rassembla avec soin les notes — ordinairement incorrectes et incomplètes — recueillies par les élèves à ses différents cours, et les libraires de la Hollande, désireux de mettre à profit l'autorité qui s'attachait au nom de l'auteur, s'empressèrent de les publier comme œuvres posthumes.

(1) SlEQENBEEK, Op. cit., I, p. l86.

(2) Voir la 3* partie.

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