CHAPITRE PREMIER u
Nous ne savons rien, avant le moment où nous les rencontrons à Florence, sur troîs des autres concurrents, l'orfèvre Francesco Valdambrini di Domenîco da Valdambra, qui fut Télève et le collaborateur de Giacomo délia Quercia; Simone da Colle, habile fondeur de bronze, comme son surnom a dei Bronzi » l'indique, et Niccolô di Luca Spinelli, frère du peintre Spinello d'Arezzo.
Les deux autres compétiteurs méritent plus d'attention. Abstraction faite des grands sculpteurs florentins de la première moitié du XV* siècle, Giacomo délia Quercia était le plus célèbre de tous les sculpteurs de son temps. Né en 1374, fils et élève de Pietro d'Angelo di Guarnieri, orfèvre siennois, il releva la sculpture de la décadence profonde où elle était tombée à Sienne sous les élèves de Jean de Pise; mais en 1401 il ne s'était fait connaître que par un ouvrage éphémère, la statue équestre en bois de Gian Tedesco de Pietramala, capitaine des Siennois^ pendant la guerre avec les Florentins. Le jour des obsèques de ce général (iSgS), on plaça sa statue au sommet d'une pyramide également en bois. Six ans plus tard, quand la ville de Sienne ouvrit ses portes à Gian Galeazzo Visconti, Giacomo fut banni avec d'autres partisans d'Orlando Malevolti, et il se réfugia à Florence dans les premières années du nouveau siècle.
Niccolô di Piero Lamberti, le dernier compétiteur dont il nous reste à parler, naquit à Arezzo vers iSyo. Fixé à Florence à l'âge de dix-huit ans, pauvre et sans amis, il fut attaché pendant dix ans au service de la cathédrale en qualité de marbrier. Il exécuta ensuite, pour la façade de cet édifice et pour le campanile, plusieurs statues qui lui procurèrent de l'avancement. Il paraît qu'il avait déjà acquis de la réputation comme architecte avant le concours, car il fut appelé à Rome, en 1400, par le pape Boniface IX, pour fortifier le château Saint-Ange. Pendant son séjour dans la Ville éternelle il étudia avec ardeur les ornements classiques, et se pénétra tellement de leurs principes qu'après son retour à Florence il fut en état de doter la porte latérale gauche de la cathédrale de bas-reliefs qui lui ont valu le titre
I. Vasari dit Gio: Azzo Ubaldini. L'erreur qu'il a commise a été relevée par M. Sidney Colvin, dans son article sur Giacomo della Quercia. {Portfolio, février i883.)
d'initiateur du style de transition entre le gothique toscan et la Renais-
sance '
En ouvrant le concours, les juges annoncèrent aux concurrents qu'on leur accordait une année pour exécuter, aux frais de l'État, un bas-relief en bronze représentant le Sacrifice d'Abraham. Le sujet était bien choisi pour mettre leur talent à l'épreuve, parce qu'il comportait des figures nues ou drapées, des animaux et du paysage, et qu'il