Vasari, édition Le Monnier, tome !•% page xxxi
2. Dans la Vie de Brunelleschi, Vasari cite Donatello parmi les élus, mais il ne parle pas de cette circonstance dans la biographie du sculpteur; Ghiberti ne le nomme pas non plus dans la liste qu'il donne dans son Deuxième Commentaire,
3. On ne connaît de lui que son nom. Il ne faut pas le confondre avec Simone Ghini, orfèvre, né en 1407, ni avec Simone di Nanni Ferucci, sculpteur en marbre.
lo LORENZO GHIBERTI
qui avait acquis de la réputation dans l'exercice d'un art était jugé capable d'en pratiquer un autre, surtout s il avait fait son apprentissage dans la boutique d'un orfèvre, où tous les arts étaient cultivés tour à tour. Tel fut le cas, non seulement pour les deux Florentins, mais aussi pour les cinq autres élus.
Pour que le lecteur puisse saisir toutes les péripéties de ce tournoi artistique, il faut lui rappeler ce que chacun des concurrents avait fait au moment où ils allaient entrer en lice ; nous essaierons donc de retracer brièvement leur biographie.
Filippo Brunelleschi, né à Florence en iSyy, était le fils de Ser Brunellesco di Lippo, notaire, qui fut plusieurs fois chargé de représenter la République comme envoyé extraordinaire à l'étranger, deux fois en Allemagne {i36j et i368), une fois dans la Romagne (iSyS), et une fois en Lombardie (i384).
Destinant son fils à la profession paternelle, Ser Brunellesco lui fit donner une éducation libérale. Le jeune Filippo étudia le latin et les mathématiques, et montra une prédilection marquée pour la géométrie et la mécanique. A ses heures de loisir il lisait la Divine Comédie, jusqu'à ce qu'il la sût presque par cœur; il composait des vers, d'abord dans le style dantesque, et ensuite à la manière de Burchiello, le Hans Sachs de Florence. Il s'occupait, en outre, de dessin et de modelage avec un succès si grand que son père, reconnaissant sa vocation d'artiste, céda enfin à ses instances et lui permit de faire son apprentissage chez un orfèvre, probablement Bartolo di Michèle. Ses progrès furent si éclatants qu'au bout de peu d'années il put se faire recevoir maître orfèvre. De ses travaux d'orfèvrerie, il ne nous reste que deux bustes de prophètes, en argent, faisant partie de l'autel de San Jacopo, à Pistoie, et qui se distinguent par la finesse du travail et l'énergie de l'expression. Brunelleschi les a probablement modelés peu avant l'ouverture du concours, quand il avait l'intention de s'adonner à la sculpture, mais l'issue de la lutte le détourna de cette idée, heureusement pour Florence, qui aurait perdu la gloire d'avoir donné le jour au plus grand architecte de la Renaissance.