Chi furli maggior' tui.» {Inferno, ch. X, v
2. Chronique de FUippo Villani, livre LXXX, page 212. Édition de Milan, 1729.
truire Tadmirable ville où leurs ennemis s'étaient réfugiés, projet barbare dont ils furent heureusement détournés par les éloquentes protestations de Farinato*.
En exécutant ce projet, ils auraient anéanti le Baptistère; les admirables portes de bronze que Ghiberti devait créer un siècle et demi plus tard n'auraient pas pris naissance, et celui-ci aurait probablement passé sa vie à faire de la peinture ''^. Douze ans avant la bataille de Monteaperti, « il mio bel San Giovanni », comme Dante appelle la vénérable église, avait manqué d'être renversé par les Gibelins, qui, ayant expulsé les Guelfes de la ville, donnèrent l'ordre à Nicolas de Pise de jeter bas la tour de Guardamorto située dans le voisinage, espérant que dans sa chute elle écraserait l'église chérie des Guelfes. Grâce au zèle et à la science du vieux maître pisan, ou, comme le chroniqueur^ le dit, « par la bonté de Dieu et un miracle spécial de saint Jean », la tour tomba au travers de la place de la Cathédrale, sans endommager le Baptistère.
L'histoire nous fournit peu de détails sur les Ghiberti^ avant la naissance de Tillustre artiste auquel nous consacrons ce livre. A la fin du xin* siècle, on trouve le nom d'un chanoine Ranîeri Ghiberti, et au xiv* ceux de Geri di Guccio et de son fils, qui furent élus prieurs et gonfaloniers à plusieurs reprises. La branche aînée de la famille, à laquelle ils appartenaient, s'éteignit vers 1435 avec Agnoletta, fille de Papi Ghiberti et femme d'Ottaviano Altoviti^.
Tout nous porte à croire que Lorenzo faisait partie de la branche cadette^. A la fin du xv® siècle, son fils Vittorio demeurait dans la vieille maison Ghiberti, située dans un quartier de Florence appelé San Michèle délie Trombe, où Geri di Guccio, un des représentants
1. « Colui che la difese a visoaperto. » (Inferno, ch. X, v. gS.)
2. « L' animo mio alla pittura era in grande parte volto. » {Deuxième Commentaire de Ghiberti.)