CHAPITRE PREMIER
de la branche aînée, avait vécu cent ans auparavant. C'est là qu'en 1496 il dicta son testament, dans lequel il exprima la volonté d'être enterré à Santa Croce, dans le caveau de sa famille ^* et c'est là aussi que son fils Bonaccorso trouva un dernier asile le 16 janvier i5o4**. Cette maison cependant n'eut pas l'honneur de servir de berceau à Lorenzo, né en iSyS, car à ce moment elle était encore habitée par des Ghiberti de la branche aînée. Quelque temps avant la naissance de Lorenzo, son père, Cione di Ser Bonaccorso, et sa mère, Mona ou Madonna Fiore, demeuraient à Pelago et l'on ignore la date de leur
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FAC-SIMILÉ DE l'ÉCRITURE D 12 GHIBERTI.
retour à Florence. On sait cependant que, pendant ces premières années, Lorenzo ne connut d'autre père que l'orfèvre Bartolo ou Bartoluccio di Michèle, le nouvel époux de la veuve de Cione.
Dans le monde, Bartolo et Lorenzo passaient pour père et fils, et comme Lorenzo porta les noms de « Lorenzo di Bartolo » jusqu'à sa soixante-sixième année, on ne peut s'étonner que cette croyance soit devenue si générale alors, qu'il se trouvât obligé d'avoir recours à la justice pour établir la légitimité de sa naissance, mise en doute par ses ennemis, pour empêcher son élection à la magistrature.
1. « Voluit sepelliri et reponi in suo sépulcre existente in ecclesia seu conventu S. Crucis de Florentîa. » (Gaye, Carteggio, tome l", page 109.)
2. « Voluit in sepulcro, quo reposita sunt corpora patris et patrui dicti testatoris. » {Ibid,^
page iio.)
Le 29 avril 1444, Lorenzo pria la Seigneurie de faire une enquête sur ces circonstances, et de mettre ainsi fin à tout doute au sujet de sa naissance. L'acte d'accusation qui précède sa justification porte que a Lorenzo di Bartolo qui a fait les portes de Saint-Jean ne peut devenir un des douze magistrats à cause de sa naissance illégitime, car ledit Lorenzo est fils de Bartolo et de sa concubine Mona Fiore, fille d'un ouvrier de Val di Sieve et femme de Cione Paltami, homme de rien et quasi imbécile, autrefois établi à Pelago. N'ayant aucune aff'ection pour lui, sa femme le quitta, et, étant venue à Florence vers 1374, elle vécut avec ledit Bartolo, et en quatre ou cinq années lui donna deux enfants : une fille et ledit Lorenzo, né vers iSyS, qui fut élevé par ledit Bartolo, lequel lui apprit l'art de Torfèvrerie. Ensuite, à la mort dudit Cione, vers 1406, ayant été persuadé par ses amis qu'il ne devait pas vivre dans des relations irrégulières avec ladite Mona, il l'épousa, comme tout le monde le sait et comme l'acte de mariage le prouve. Si Lorenzo persiste à dire qu'il est le fils de Cione, daignez examiner les faits et vous verrez que Mona Fiore n a pas eu de fils de lui, et que Lorenzo a pris les biens de Bartolo et s'en est servi, les gardant et les vendant selon son bon plaisir comme soi-disant fils et légitime héritier. De plus, vous verrez que, connaissant sa vraie position de fils illégitime, il a plusieurs fois refusé la nomination au consulat, sous des prétextes futiles. Si Votre Seigneurie souhaite de savoir la vérité sur cette affaire, qu'elle daigne faire appel aux ouvriers au service dudit Lorenzo, lesquels ne manqueront pas d'appuyer notre témoignage et de constater les faits que nous avons recueillis des lèvres de Bartolo, père dudit Lorenzo*. »
Le résultat de l'enquête ne répondit pas aux espérances des accusateurs, car les officiers de justice, ayant examiné plusieurs témoins, rendirent leur jugement en faveur du défendeur, dans les termes suivants : oc Ledit Lorenzo, né en 1378, est fils légitime de Cione di Ser Bonaccorso de Pelago et de sa femme légitime Madonna Fiore, par conséquent il n'est pas fils légitime ou illégitime dudit Bartolo, qui l'a
I. Voir la Supplica di L. Ghiberti dans le Carteggio de Gaye, tome !•% pages 148-155, et dans les Memorie di belle Arti de Gualandi, 4' série, pages ly-Si.