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PORTRAIT DE GHIBERTI

Deuxième porte du Baptistère.

Ghiberti n'aurait pas pu représenter plusieurs scènes dans le même compartiment, y introduire tant de personnages et placer jusqu'à douze ou quatorze têtes les unes derrière les autres sur un plan incliné. Pour simuler les distances relatives entre les objets placés dans un champ libre, il a été obligé de traiter les personnages de Tavant-plan presque en ronde bosse et de les relier à ceux du fond, à peine indiqués, par les dégradations des plans, lesquels représentaient pour lui les dégradations de contours et de teintes par lesquelles le peintre obtient la perspective aérienne.

Co LORENZO GHIBERTI

Comme tous les artistes de son temps, Ghiberti est redevable de ses connaissances en perspective à Brunelleschi, qui, nous Tavons déjà dit, avait, par des études et des recherches spéciales, introduit cette science dans le domaine de la pratique.

Le célèbre mathématicien Paolo Toscanelli, plus jeune que lui de vingt ans, avait été son maître en optique, c'est-à-dire dans la science des lois de la vision, car c'est en ce sens que la perspective était alors comprise. Lessing, en parlant des tableaux de Polygnote, a bien défini la différence entre les deux sciences, en disant que a pour mettre un tableau en perspective il ne suffit pas d'observer la loi de Toptique qui nous montre que les objets diminuent en proportion de leur éloignement de l'œil. La perspective demande un seul point de vue, un horizon naturel limité, ce qui manquait aux vieux tableaux. Dans les peintures des vieux maîtres grecs, le sol n'était pas horizontal, et le fond était tellement élevé que les personnages placés sur le second ou le troisième plan semblaient être debout sur ceux du premier, et non derrière * ».

Le même effet se retrouve dans les tableaux de Giotto et de son école, ignorants des lois de la perspective linéaire ou aérienne.

C'est en constatant que les lois de l'optique étaient ignorées ou mal comprises, et les artistes livrés aux ressources très limitées de leur imagination, que Brunelleschi s'adonna à cette étude et s'appliqua à réduire en système les lois de la vision. Grâce à ses travaux, les peintres se trouvaient en état, vers 1420, de représenter sur la toile les édifices et les détails du paysage dans leurs vrais rapports, c'està-dire exposés à la vue, tout en gardant leurs distances et leur situation. Est-il surprenant que dans l'enthousiasme que leur causa cette découverte capitale ils abusassent de leur liberté, et que la perspective devînt la passion du siècle? .On sait que Paolo Ucccllo, entre autres, en poussa le culte jusqu'à l'excès. Souvent il travaillait pendant les froides nuits de l'hiver jusqu'à l'aube, et quand sa femme lui conseillait le repos, il répondait : « Ah ! ma chère, si tu savais quelle belle chose est la perspective, tu me laisserais en paix ! y>

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