LA CREATION DE L H O M M E
détails charment par leur délicatesse. Partout le Créateur est entouré d'anges, adorateurs de ses actes.
Bien que les quatre anges qui assistent à la Création d'Adam soient en sens contraire de ceux qui assistent à la Création d'Eve, les draperies et les ailes se joignent et forment une ligne courbe dont la
base est la majestueuse figure de Dieu qui aide Adam — à peine conscient de son existence — à se lever de terre. Plus loin, dans un second groupe, Adam reparaît profondément endormi, tandis qu'Eve, dans tout Téclat de sa beauté, apparaît à la voix de son Créateur. — A l'extrême droite du premier plan, on la voit encore avec Adam, chassés tous deux du Paradis terrestre par un ange au geste impérieux. Au second plan, à gauche, se trouve la scène de la Tentation. Dans une touffe d'arbres, on distingue Tarbre autour duquel s'enroule le serpent tentateur. Adam et Eve sont représentés de petites dimensions et de si mince relief, que leurs formes ressortent à peine sur le fond. Au-dessus, Dieu descend du ciel, suivi d'anges, pour bannir les deux coupables de la demeure dont ils sont devenus indignes. Quand ce relief est favorablement éclairé, Teffet de perspective aérienne obtenu par la graduation des surfaces et des proportions est surprenant de vérité. On a peine à croire qu'une surface métallique puisse être traitée de façon à rendre aussi complètement les illusions de la peinture.
Second panneau. — L'artiste raconte ici l'histoire de Gain et d'Abel, depuis leur première enfance jusqu'au meurtre d'Abel et à la malédiction de son meurtrier. Tout en haut, à gauche, au sommet d'une colline, on voit la hutte de leurs parents, assis tous deux près de la porte, Eve filant, et Adam instruisant le jeune Abel. Plus bas, celui-ci, assisté de son chien, garde le troupeau. Sur le premier plan. Gain reparaît, guidant les bœufs et la charrue à travers les champs. Toutes ces scènes respirent une profonde paix, ce sont des idylles délicieuses. Mais voici la contre-partie, le fratricide et ses suites. Les deux frères agenouillés offrent leurs sacrifices au Seigneur sur des autels dressés côte à côte au sommet de la montagne; Dieu apparaît dans le ciel et agrée l'offrande d'Abel, dont la flamme s'élève, tandis que celle du sacrifice de Gain est comme refoulée vers la terre. Au bas de la montagne aux flancs escarpés. Gain reparaît. De ses deux mains armées d'une massue, il frappe sa victime déjà renversée. Au premier plan, on voit encore le fratricide, l'instrument de mort à la main, le bras et la tête levés, répondant à Dieu qui lui demande compte de son frère. Exécuté avec la même habileté technique que le premier bas-relief,