FRAGMENT DE LA BORDURE DES PORTES DU BAPTISTERE
8o LORENZO GHIBERTI
debout dernière la balustrade de Tédifice. Plus bas, au premier plan, des hommes attendant la fin de Tentrevue. Cette partie de la composition est moins réussie que le reste, bien que l'animation du sujet fqsse ressortir avantageusement la noble gravité du groupe royal et de sa suite.
Remarquons à ce propos que c'est précisément dans les sujets calmes que Ghiberti déploie ses qualités les plus brillantes. Quand il lui faut traiter des scènes mouvementées, il se laisse aller à exagérer les gestes et les attitudes. C'est pour cette raison que, dans les basreliefs des deuxièmes portes, nous préférons de beaucoup la Création de r homme et le Sacrifice d'Abraham au Jacob ou au David, et que nous trouvons les bas-reliefs de V Annonciation et de V Adoration des premières portes très supérieurs au Naufrage de saint Pierre ou au Portement de la croix.
La suavité de la sainte Vierge, la grâce d'Eve, la dignité du Père éternel, la noblesse et la résignation du Christ, nous reviennent à la mémoire toutes les fois que nous prononçons le nom de Ghiberti; n'eût-il d'autres titres à la gloire, ces créations suffiraient déjà pour le classer parmi les plus grands artistes de cette grande époque.
En 1447, après l'achèvement des dix bas-reliefs que nous venons de passer en revue, Ghiberti, avec Taide de son fils Vittorio, s'occupa de leur donner un encadrement digne d'eux. Trois ans n'ayant pas suffi pour ce travail, les artistes demandèrent encore un délai de vingt mois, qui leur fut accordé. Leur tâche finit en avril 1452, car le 2 de ce mois, ils commencèrent à dorer les portes, qui purent être mises en place le 16 juin de la même année. Telle est la richesse de l'encadrement, qu'on ne peut s'étonner du temps qu'il a fallu pour son exécution. Outre la frise, composée d'une infinité de détails, tels que feuillage, fleurs, fruits, oiseaux, animaux, vases et banderoles qui entourent les deux battants, chacun a son propre entourage de moulures, ses deux figures allégoriques, en haut et en bas, couchées à la mode des divinités fluviales, et ses dix statuettes dans des niches, alternant avec des têtes en ronde bosse.