CHAPITRE III
Considérons d'abord la frise sur le linteau et les parois latérales. L'ornement sculpté sur le linteau consiste en pampres de vigne et en oiseaux, au milieu desquels un aigle se dresse, les ailes à demi déployées. Celui des* parois latérales est composé d'une série de branches de figuier, de pin, de chêne, etc., symétriquement disposées; une banderole contourne leurs tiges. Un vase, posé au bas de chaque paroi, forme le point de départ de ce gracieux entourage. Plusieurs oiseaux, dont un hibou, qui fascine un petit oiseau placé au-dessous de lui, puis un écureuil qui croque une noix dans l'attitude gracieuse et familière à son espèce, frappent l'attention par leur attitude pleine de vérité et de naturel.
Passons à l'encadrement des compartiments inférieurs. Les dix reliefs sont entourés de vingt-quatre têtes en ronde bosse, de vingt statuettes dans leurs niches, et de quatre figures allégoriques. Les têtes, à l'exception de deux, sont toutes de fantaisie. Ces deux sont : le portrait de Ghiberti à droite, et, à gauche, celui de son beau-père Bartoluccio, digne hommage rendu par l'artiste à celui qui lui servit à la fois de père et de maître. Il l'a placé à côté de lui pour l'associer à ce grand travail. N'oublions pas qu'en l'honorant, il s'honore à nos propres yeux.
Nous devons renoncer à mettre des noms sur les statuettes placées dans les niches. Quelques-unes sont reconnaissables à leurs attributs ou à leur attitude; d'autres par leurs rapports avec le bas-relief voisin; mais la plupart restent pour nous des énigmes. Le lecteur se souviendra que, dans sa lettre, Leonardo Bruni parle de huit prophètes désignés dans la liste des sujets choisis par lui comme devant être représentés sur les portes. Nous ne savons pas si Ghiberti s'est conformé à cette disposition, mais outre les statuettes de Jonas, Joël, Amos, Daniel, Jérémie, Déborah, Isaïe et Ézéchiel, deux autres ressemblent aussi à des prophètes. La plupart des statuettes d'hommes ne sont pas très fortement caractérisées, mais toutes sont posées et drapées avec un art parfait. Les plus belles sous ce rapport sont Joël, à l'expression méditative ; Amos, dont le geste est plein d'éloquence ; Jérémie en méditation, avec un doigt sur ses lèvres; Déborah, inspirée
et déroulant son cartouche prophétique; et Aaron, d'un aspect sï grandiose dans son costume sacerdotal. Quelques-unes des statuettes^
STATUETTE DE LA DEUXIEME PORTE
outre celles que nous venons de signaler à l'attention du lecteur^ telles que la Miriam qui secoue son tambourin, pendant qu'elle