Jean de Pise, né vers i25o, mort en i32o ou
6. Erreur sur erreur. La chaire de Pise est l'œuvre de Niccolô; celle de Sienne (1267) aussi, exécutce avec l'aide de son fils Jean et de ses élèves Arnolfo di Cambio, Donato et Lapo.
La chaire de Pistoie, dans l'église de Saint- André, fut sculptée par Jean (i3o2).
7. La fontaine de Pérouse est l'œuvre de Niccolô Pisano et de son iils Jean, qui y travailla à la mort de son père (1278).
8. Ni Vasari, ni les écrivains pisans ne disent qu'André a travaillé à cette église, aujourd'hui dite délia Spina. (Vasari, édition Le Monnier, page xxvii, note 3.)
9. Ces portes furent commencées le 22 janvier i33o et terminées en i336.
APPENDICE. — COMMENTAIRES i23
œuvres connues d'un des meilleurs sculpteurs parmi ceux qui s'illustrèrent dans la 410* olympiade ^
XIV. Dans la ville de Cologne, en Allemagne, existait un sculpteur très habile. 11 fut de grand talent et attaché au service du duc d'Anjou 2, pour qui il fit beaucoup d'oeuvres, entre autres un retable en or massif, d'un beau travail. Ses ouvrages par leur fini rappelaient ceux des anciens sculpteurs grecs. 11 excellait dans les têtes et toutes les parties nues des corps. Il ne manquait à ses statues que d'être trop ramassées dans les proportions. En somme il connaissait son métier, et fut un artiste distingué. J'ai vu un très grand nombre de plâtres moulés sur ses statues. 11 y avait une grâce exquise dans ses œuvres. Il fût très savant. 11 vit détruire l'œuvre (le retable en or) qu'il avait faite avec tant d^amour et art, lorsque les finances du duc furent épuisées. Alors, voyant que tout le fruit de ses fatigues allait s'évanouir, il tomba à genoux et, élevant ses yeux et ses bras vers le ciel, il s'écria : a O Seigneur, qui gouvernes le ciel et la terre, toi qui as créé toutes choses, ne permets pas que dans mon ignorance j'aille chercher un autre que toi; aie pitié de moi. » Ensuite, après avoir distribué aux pauvres tout ce qu'il possédait, il se retira dans une grotte sur une montagne, et là il fit pénitence jusqu'à la fin de ses jours. Tout cela eut lieu avant l'avènement du pape Martin (1417). Des jeunes gens qui voulaient se faire sculpteurs me dirent qu'il était peintre autant que sculpteur, et qu'il avait orné son ermitage de peintures. Cet homme savant, qui mourut dans la 438* olympiade, était grand dessinateur, et d'un caractère très doux. Ces jeunes gens qui voulaient ses leçons allaient le visiter et l'abordaient avec des prières. Il les accueillait toujours humblement, leur donnait de sérieux enseignements, dans lesquels il faisait entrer les mesures et les proportions, et leur traçait des modèles. Artiste d'un grand talent, il mourut dans son ermitage en saint, ayant été non moins excellent dans sa vie que dans son art.
XV. Avec Théophraste disons iqu'il est plus sage de se fier au
I. M. Milanesi suppute que la 410* olympiade de Ghiberti correspond à Tan 1340. (Vasari, édition Le Monnier, page xxix, note i.)
3. Probablement Louis, duc d'Anjou, pre'tendant à la couronne de Naples.
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savoir qu'aux richesses. Le sage qui a tout perdu, et se trouve forcé d'errer sur la terre sans ami et sans ressources, trouvera asile partout. N'ayant rien à craindre, il peut mépriser les coups les plus durs de la fortune. L'ignorant, au contraire, est livré sans défense aux innombrables maux de la vie. Epicure de même dit que la fortune a peu d'influence sur le sage, auquel les préceptes des hautes vertus suffisent pour régler sa vie. Plusieurs philosophes, ainsi que les poètes auteurs des vieilles comédies grecques, répètent les mêmes maximes dans leurs vers, tels qu'Eucrate, Chimides, Aristophane, et surtout Alexis qui louait les Athéniens de ce que, par la loi, les fils qui n'avaient pas reçu de l'instruction de leurs pères étaient dispensés de leur obéir. En effet, la fortune peut facilement retirer ses faveurs, tandis que les bienfaits de la science ne nous abandonnent jamais. Pour cette raison, je suis infiniment reconnaissant à mes parents de ce que, approuvant les lois des Athéniens, ils ont eu soin de me faire instruire dans les arts qui ne peuvent être pratiqués sans l'étude des lettres et de la théorie. Puisque donc, grâce aux soins de mes parents et aux leçons de mes instituteurs, j'ai quelque connaissance des lettres, c'est-à-dire des sujets philologiques et philosophiques, c'est avec satisfaction que j'écris ces Commentaires, et cultive mon intelligence. L'expérience me dit qu'il n'est nullement nécessaire d'être riche pour être heureux, et qu'il faut surtout apprendre à ne rien désirer. Par malheur, ceux qui apprécient peu le savoir croient que les. vrais sages sont ceux qui abondent en biens, et le plus grand nombre tentent. par d'audacieux efforts de les acquérir. Quant à moi, ô très excellent Seigneur, je me suis adonné avec enthousiasme et persévérance à l'art depuis mon enfance, et je préfère cela à la conquête de l'or. Dans cette seule intention, j'ai toujours tâché d'épier les secrets de la nature, de découvrir comment je pourrais me rapprocher d'elle ; aussi pourquoi les objets frappent les yeux, et encore approfondir les lois de Toptique,
et comment , et de quelle manière enfin on doit exercer savamment
la peinture et la sculpture.
XVL Au temps de ma jeunesse, l'an du Christ 1400, je quittai Florence, à cause de la peste et des troubles du pays,, avec, un excellent
peintre qui avait été appelé à Rimini par le seigneur Malatesta de Pesaro pour peindre une salle que celui-ci avait fait préparer, ce qui fut exécuté par nous avec le plus grand soin *. Mes aptitudes^ en grande partie, étaient tournées vers la peinture, à cause des promesses que le seigneur nous faisait, et des raisonnements de mon compagnon qui me parlait toujours de l'honneur et des avantages matériels que nous acquerrions comme peintres. Néanmoins, à cette époque, mes amis m'écrivirent que les administrateurs de l'église Saint-Jean-Baptiste avaient convoqué les maîtres les plus capables dans le but de mettre leur talent à l'épreuve. Ils disaient que plusieurs maîtres célèbres de toutes les parties de l'Italie allaient venir prendre part à cette compétition. Je demandai la permission de m'absenter au seigneur et à mon compagnon, et, ayant compris le cas dont il s'agissait, le seigneur la donna. Étant arrivé à Florence, je me présentai avec plusieurs autres sculpteurs devant le conseil. Quatre plaques de bronze furent données à chacun des : compétiteurs qui, par la décision des administrateurs, devaient, dans l'espace d'une année, faire un bas-relief du sujet indiqué, le Sacrifice d'Isaac. La victoire devait être à celui qui aurait surpassé les autres. Les compétiteurs étaient : Filippo di Ser Brunellesco, Simon da Colle, Niccolô d'Arezzo, Jacopo délia Quercia de Sienne, Francesco di Valdambrina, Niccolô Lamberti. Nous étions six à faire ledit essai, bquel était en grande partie une démonstration de l'art statuaire. La palme me fut concédée par tous les experts et par tous ceux qui avaient pris part à la compétition. Tout le monde reconnut mon succès, trouvant, après mûre délibération et examen des modèles par les hommes instruits, que j'avais surpassé les autres. Parmi les juges, il y avait des peintres et des sculpteurs en or, argent et marbre, qui, selon la volonté des membres du conseil, devaient exprimer leur opinion par écrit. Les trente-quatre juges, en comptant ceux de la ville et des pays voisins, les consuls, les ouvriers et toute la compagnie des marchands qui administrent l'église de Saint-Jean, me donnèrent la palme en signant cette déclaration de leur nom. Il fut décidé que je ferais
I . Tout ce qui touche à la vie et à la carrière artistique de Ghiberti a été raconte' dans les chapitres précédents. Le lecteur peut y recourir pour les éclaircissements qu'il désire.
les portes de bronze pour ladite église, ce que j'ai fait de mon mieux, et ce fut mon premier travail. Le tout, avec les ornements de l'encadrement, coûta à peu près 20,000 florins. Dans ces portes il y a vingt-huit bas-reliefs, dont vingt sont empruntés au Nouveau Testament. Les quatre évangélistes et les quatre docteurs de TÉglise sont représentés dans le bas, et, de plus, il y a beaucoup de têtes autour des panneaux. Le tout est fait soigneusement et avec amour, les corniches sont ornées de feuilles de lierre et les montants de diverses autres sortes de feuillage. Le poids de tout Tceuvre est 34,000 livres. Elle fut exécutée avec très grand talent et supériorité. Vers le même temps que je m'occupai de ce travail, j'ai fait aussi la statue en bronze de saint Jean-Baptiste de la hauteur de trois coudées et un tiers, qui a été mise en place Tan 1414.
XVIL De la ville de Sienne j'ai reçu la commande de deux basreliefs qui sont aux fonts du baptistère.
L'un représente le Baptême du Christ par saint Jean, et l'autre la Comparution du saint devant Hérode. De ma main encore est la statue de bronze de saint Matthieu, dont la hauteur est de quatre coudées et demie, ainsi que la pierre sépulcrale de Messiere Lionardo Dati, supérieur des Dominicains, homme très savant. J'ai fait son effigie d'après nature; le relief de l'image est très mince. L'épitaphe est à ses pieds.
Les tombeaux de Ludovico degli Obizzi et de Bartolomeo Valori, à l'église des Frères Mineurs, sont aussi de moi. Pour Santa Maria degli Angeli, demeure des frères bénédictins, j'ai fait une châsse en bronze pour contenir les restes des trois martyres : Protée, Hyacinthe et Nemèse. Sur le devant, j'ai sculpté deux petits anges qui ont en main une guirlande d'olivier, et le nom des martyres est inscrit au milieu. A cette même époque, j'ai monté en or une cornaline de la grosseur d'une coquille de noix, sur laquelle quelque grand maître de l'antiquité avait gravé trois figures. Je fis un dragon dont les ailes étaient à demi déployées. Avec la tête baissée il soutenait de son cou recourbé la pierre qui reposa entre ses ailes. Le dragon ou serpent dont je parle fut entouré de feuilles de lierre que j'ai ciselées de mon mieux. Le nom de Néron était gravé en lettres antiques autour lesdites
figures. Ses figures représentaient un vieillard assis sur un rocher, les épaules couvertes d'une peau de lion. Ses mains étaient liées derrière lui à un arbre mort. A ses pieds, il y avait un enfant, un genou à terre, regardant un adolescent qui tenait d'une main un écrit et de l'autre une lyre. L'enfant semblait supplier le jeune homme de lui apprendre à jouer. Ces trois figurés n'ont pas été gravées de notre temps. Elles sont de Pyrgotèle ou de Polyclète, et comme gravure en creux elles surpassent tout ce que j'ai vu en ce genre.
XVIII. Quand le pape Martin vint à Florence, il me commanda une mitre d'or que j'ai ornée de huit demi -figures d'or; puis un bouton de châsse avec une figure de Notre-Seigneur qui donne sa bénédiction.
Quand le pape Eugène vint résider à Florence, il me fit faire une mitre d'or dont le métal pesait quinze livres et les pierres cinq livres et demi. Ces pierres, rubis, saphirs, émeraudes et perles, dont six étaient grosses comme des noisettes, furent estimées par les orfèvres de la ville 38,ooo florins. La mitre fut enrichie de figures et d'ornements nombreux. Sur le devant, Notre-Seigneur placé sur un trône, entouré d'anges, et, sur le côté opposé, la Madone dans la même attitude. Le bord de la mitre contenait les quatre Évangélistes et des anges de petite dimension. Le tout était d'une grande magnificence. Pour les chefs de la corporation des laines, j'ai fait une statue de saint Etienne en bronze, haute de quatre coudées et demie, qui a été placée à Téglise d'Or San Michèle ; et pour l'église de Santa Maria del Fiore, une châsse en bronze pour le corps de saint Zanobi, de trois coudées et demie, ornée de bas-reliefs représentant des épisodes de sa vie. Sur le devant, j'ai représenté comment il a ressuscité un enfant que la mère avait laissé sous sa protection jusqu'à son retour d'un pèlerinage, et comment pendant son absence l'enfant étant mort, elle, revenant, le demanda à saint Zanobi qui le rendit à la vie. J'ai aussi représenté la mort d'un homme qui fut écrasé sous les roues d'un chariot et, de plus, la résurrection d'un des deux serviteurs que saint Ambroise avait envoyés à saint Zanobi, serviteur qui mourut en traversant les Alpes. A son compagnon éploré le saint dit : oc Tu
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rêveç, va, et tu le trouveras vivant », et comme il alla il le trouva en effet ainsi que le saint avait dit. De l'autre côté de la châsse j'ai sculpté six petits anges qui tiennent une guirlande de feuillages de lierre, au milieu de laquelle l'inscription en Thonneur du saint en caractères antiques.
XIX. J'ai eu la commande pour les autres portes, c'est-à-dire les troisièmes portes de Saint-Jean, avec autorisation de les faire à mon gré pour les rendre aussi parfaites et aussi riches d'ornements que possible. Les bas-reliefs, qui abondent en figures, ont une coudée et demie de hauteur et ils représentent des sujets de l'Ancien Testament. Je tâchai d'imiter de mon mieux la nature, et, en variant les lignes, d'enrichir mes compositions. Dans quelques-unes j'ai introduit plus de cent personnages, dans d'autres moins, et j'ai travaillé avec conscience et amour pour que mon œuvre devînt parfaite. Il y avait dix bas-reliefs en tout. Observant les lois de l'optique, je leur ai donné une telle apparence de vérité que, pour ceux qui les regardent de loin, ils semblent en ronde bosse. Ils ont peu de relief et, sur les différents plans, les figures les plus rapprochées sont les plus grandes, et les plus éloignées diminuent à l'œil comme dans la nature. Le premier des dix bas-reliefs représente la création de l'homme et de la femme, et leur désobéissance au Créateur de toutes choses, ainsi que leur expulsion du Paradis, quatre sujets en tout. Le second représente comment Caïn et Abel, les enfants d'Adam et d'Eve, offrent leurs sacrifices à Dieu : Abel, les meilleures et les plus 'belles, et Caïn, les plus viles choses, qu'ils possédaient; sacrifices dont le premier monte à Dieu et le dernier est repoussé. Puis Caïn qui labourait la terre en vient à tuer Abel qui était gardien de troupeaux, et, enfin, après le meurtre. Dieu apparaît à Caïn et lui demande ce qu'il a fait de son frère. Il y a dans ce relief quatre sujets comme dans l'autre. Dans le troisième panneau on voit Noé et sa femme sortant de l'Arche avec leurs fils, leurs femmes, les oiseaux et les animaux, et le sacrifice qu'ils offrent au Seigneur. Puis Noé qui plante la vigne dont le fruit l'enivre plus tard ; comment son fils Cham se moque de lui, et ses deux autres fils couvrent sa honte. Dans le quatrième bas-relief est représentée la visite des trois
APPENDICE. — COMMENTAIRES i3i
anges à Abraham qui se prosterne devant eux, et comment il va sacrifier Isaac lorsque Fange arrête le couteau dans sa main et lui montre le bélier du sacrifice; comment, enfin, pendant ce temps, les serviteurs et râne attendent au pied de la montagne.
Dans le cinquième relief, on voit Isaac qui envoie son fils Ésaii à la chasse, et comment, pendant son absence, Rebecca conseille Jacob de mettre la peau de chèvre au cou et la lui met, et lui dit de demander la bénédiction de son père, et comment Isaac, au toucher de la peau, la trouvant velue, le bénit. Dans le sixième bas-relief, j'ai représenté Joseph mis dans la citerne par ses frères, et comment ils le vendent aux Égyptiens qui le mènent avec eux en Egypte pour le donner au roi Pharaon, et le songe du roi, annonçant la famine en Egypte. Puis comment Joseph, par les moyens qu'il adopta pour prévenir la famine dans tout le royaume, parvint aux honneurs ; et comment Jacob envoya en Egypte ses enfants, qui furent reconnus par leur frère, et comment il leur dit : a Vous n'aurez pas de blé, à moins que vous n'alliez chercher votre frère Benjamin, j) A son retour avec eux, Joseph leur donna un festin et fit mettre la coupe dans le sac de Benjamin qui lui fut amené aussitôt que cette coupe fut trouvée, et enfin comment Joseph se fait connaître à ses frères. Dans le septième tableau, on voit Moïse recevant les tables de la loi sur la montagne, pendant que Josué reste à mi-côte et que le peuple, groupé au pied de la montagne, est épouvanté par les tremblements de terre, les éclairs et les tonnerres.
Dans le huitième tableau, on voit Josué qui, allant à Jéricho, traverse le Jourdain et dresse les douze tentes, et comment il fait sonner de la trompe sous les murs de la ville, lesquels tombèrent au son de la septième trompe, le laissant maître de Jéricho. Dans le neuvième tableau, j'ai représenté comment, les Philistins persécutant le peuple de Dieu, David tua Goliath et, retournant au camp avec la tête du géant, apparut devant le peuple en chantant : Saiil percussit mille, et ' David decem millia. Dans le dixième tableau, la reine de Saba vient visiter Salomon avec une grande suite et beaucoup de monde avec elle.
Autour de ces bas-reliefs vingt-quatre statuettes sont placées dans
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la corniche, et vingt-quatre têtes entre les deux frises. De tous mes travaux, celui-ci est le plus remarquable et, en Texécutant pour le mener à bonne fin, j'ai déployé tout mon savoir. Pour la frise extérieure, laquelle est entre les montants et les gonds, j'ai fait un ornement convenable de feuillages, d'oiseaux et d'animaux. Il y a aussi une corniche en bronze, et sur les montants un ornement en relief très plat, d'un beau travail. Tout dans cet ornement est de bronze fin. Pour ne pas lasser mes lecteurs, je ne parlerai pas de beaucoup d'autres ouvrages que j'ai exécutés. Je sais qu'une telle lecture ne peut procurer de l'agrément, néanmoins je demande pardon à ceux qui me liront en les priant de patienter.
XX. J'ai assisté plusieurs peintres, sculpteurs et statuaires pour des travaux qui leur ont acquis de la réputation; j'ai dessiné beaucoup de sujets pour eux et j'en ai fourni maints autres en cire et en terre glaise ; et, de plus, à ceux qui avaient à modeler des figures plus grandes que nature, j'ai donné les règles pour les faire en parfaite proportion. J'ai fourni les dessins de l'Assomption de la Vierge pour les vitraux de la fenêtre centrale de la façade de Santa Maria del Fiore, et aussi les sujets latéraux aussi bien que ceux de plusieurs fenêtres à l'intérieur. Des trois vitraux dans la tribune, l'un représente la Résurrection du Christ, l'autre la Prière au jardin des Oliviers, et le troisième la Présentation au temple. Peu de choses importantes ont été faites dans ma ville natale qui ne soient dessinées et arrangées de ma main. Particulièrement, quand on construisit la tribune, Filippo et moi fûmes compétiteurs, et, pendant dix-huit ans, tandis que nous fûmes occupés à ladite tribune, nous eûmes le même salaire. Je me propose d'écrire un traité d'architecture. Le second commentaire est terminé.