INTRODUCTION
Nous possédons en France de bons travaux sur Léopard! . Mais ils sont en retard.
Nous n'avons pas encore profité, d'une part, des ouvrages remarquables que la critique italienne a multipliés au cours de ces dernières années.
D'autre part, nous n'avons guère utilisé, sauf pour des études de détail, sept volumes d'un Journal intime, publiés de 1898 à 1900 par les soins du Sénat de Rome (Pensieri di varia filosofia e di bella letteratura ou Zibal^ doné). Ce document précieux, auquel un volume d'écrits inédits est encore venu s'adjoindre en 1906 (Scritti vari inediti) est riche en nouveautés : il a prématurément vieilli nos biographies françaises.
En inaugurant dans la collection des Grands Ecrivains étrangers la série des auteurs italiens par Leopardi, j'ai cherché à m'éclairer de cette double lumière, celle de la critique récente et celle des textes ressuscites. Elle change un peu notre portrait traditionnel du poète philosophe. Elle nous montre, en même temps que ses négations superbes, ses recherches, ses incertitudes, ses doutes, quelquefois ses espoirs. Il est plus complexe et plus humain.