‹ Giacomo Leopardi, sa vie et ses œuvres (volume 2)Chapitre 62 sur 99 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

» que serait-ce sous le climat de la Germanie?» Au bout de quelque temps , autre velléité gouvernementale provoquée par la publication du Martyre des SS. Pères. Le cardinal secrétaire d'Etat , enchanté d'avoir été pris , comme le P.Cesari, au prétendu texte trécentiste, veut témoigner sonadmirationàl'auteurenle nommant vice-recteur de la Sapienza^ mais l'habit ecclésiastique est de rigueur * . La carrière officielle de Leopardi vient se briser une seconde fois «entre cet obstacle.

Quelque temps auparavant, Leopardi avait eu à lutter, pour le même motif, contre la volonté de son père * Un de ses oncles , chanoine à Recanati, était venu à mourir , le comte, pdur né pas bdssepr sortir le bénéfice de la famille, voulait que Giacomo succédât au défunt. Maiè Lieopat^ éprouvait une répulsion invincible poar ' la ^soutane et • le bréviaire * . Il conseiàit

V£^a^|Ho,l,.péf. 471 ^16 aoûH836). *

/^Uç9t^cur^ux de comparer les temps, et , les caractères. I^a'* sceptique (îuichardin 8*était (rouvé jadis dans 1|3 même cas r .à l^, mort' ëé sdû oficlé Rinieri , et avait au contrafre lutté contré la' rési^t^^iee dé ,S^npi$re pour mettre la maia^ur le bénéfice^ qu*il regrettait encore longtemps après. ( Cf. Â. Geffroy , Une autO" biographie de Guiehardin â'itptèêHi ^œÈvreêinédUetéRe^w dés Deux Mondes, l«r f4«Hér 1^74; )

un instant à remplir Yinterimy en attendant que son petit frère Pierre pût être pourvu du eanoliicat : encore y mit-il tant de conditions qu'on ne put obtenir assez de dispenses pour le satisfaire. La conclusion fut que Pierre devint chanoine à treize ans et entra , avec toute Tingènuité de son âge, dans une carrière qu'a se hâta plus tard d abandonner.

Leopardi échappait définitivement à l'Église. Le monde, qu'il ne voulait pas quitter, semblait du reste se faire pour lui plus aimable et plift attrayant que par le passé. Des extraits de ses Osperettemorali, son œuvre de prédilection, avaient été insérés dans YAntoloyiaé^ Florence, par les soins de Giordani, pour tâter le public, et l'épreuve avait été faVwablei Une édition complète de ses œuvres poétiques, ornée d-un portrait et d'une notice biographique y s'imprimait, sous ses yeux, à Bologne. H iae sentait déveliir célèbre et commençait à jouir de sa glaire future. Le lundi de Pâques -die l'année 1826, invité "ÇdiT Y Accademia Felmnecbk^^VQ une lect&re publique en séaiioe solenneUei, il récita devant il'^tè de la sociéb^- boUmaàse sa derniSre composition, YEpîl^e çi^u^chmÂe^fiarlo Pepoli^ dans laquelle lar trisiessethàibitn^Ue'^ à

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Tauteur se modère sous l'influence visible des rémimsoences. classiques. Il tint un instant sous le charme tout un essaim brillant de femmes du grand monde ; sa voix douce et un peu voilée éveillait la sympathie, et lorsqu'il constata, non sans une pointe de malice, Vimpuissance de l'amour même contre l'ennui, « l'immortel ennui » que rien ne peut chasser^. ni. une douce parole » tombée d'une lèvre rose, ni le regard tendre, » et tremblant de deux yeux noirs, l'adorable » regard, ce. qu'il y. a de plus céleste sur terre », x^ettei espèce ' de défi, tombant sur un eoeur QomipatiBsant , y fit naître un sentiment qui , saois être <ie l'amour^ était déjà plus doux que J^'amitijé.

Oh était au mois de. mai. Les tièdes effluves du) printemps et les chastes douceurs deramour ^ton^que firjent revivre le. pauvre poète encore tout nendolori des rigueurs' de l'hiver- «J'ai )^ ndué>,^crit-il, «avec une dame du monde, des )> relaiioiiis qui tiquent maintenant une gracnde .»!. place, dans mon existence. îllle ^ tf est -pïis ;» jeiine,' mas elle est d'une gràcç et d'un esprit \^ quiv chose que j'avais crue jusqu'ici impossible, » .supplée jt la jeunesse dt iait naîtpeune ilkksion » .ttierveilleuse. I^es: pnemiess jôui^s que* j^ là

» connus, je vivais dans une espèce de délire et » de fièvre. Nous n'avons jamais parlé d'amour » que sous forme de badinage, mais nous vivons y> ensemble dans une amitié tendre et sensible. » avec une sympathie mutuelle et un abandon » qui est comme un amour sans inquiétude. Elle » a pour moi une très-haute estime : si je lui lis » quelque chose de moi , elle pleure souvent de » cœur, sans affectation. Les louanges des autres » n'ont pour moi aucune saveur ; les siennes » s'infusent tout entières dans mon sang et me » restent toutes dans l'âme. Elle aime beaucoup » et comprend parfaitement la littérature et la » philosophie ; nous ne sommes jamais à court » de conversation ; presque tous les soirs, je » suis chez elle depuis V Angélus jusqu'à minuit » passé, et je crois n'y être resté qu'un moment. » Nous nous confions tous nos secrets, nous nous » critiquons , nous nous faisons remarquer nos » défauts. En somme, cette connaissance forme » et formera Kians ma vie une époque bien mar- ».quée, parce, qu'elle m'a guéri de la désillu- » sion : elle m'a convaincu qu'il existe vraiment » en ce bas monde des plaisirs que je croyais » impossibles, et que je suis encore capable d'illu- » sions stables, malgré laconvictiojaetrhabitjQide

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