CHAPITRE xvin
parler de douleur sans remède et de néant sans espoir ! D'un côté la voix suave de la jeunesse , de l'amour ; de l'autre , le ricanement sépulcral du fossoyeur. Entre ces deux sollicitations, le public n'hésita pas , et s'il faut dire toute ma pensée, il eut raison» Les Œuvres morales ne furent guère lues que par les amis de l'auteur. Mais Leopardi était inaccessible à l'envie et nous le voyons rendre hommage de fort bonne grâce à l'œuvre qui était venue si inopportun nément éclipser la sienne. Le cercle des classiques avait assez mal accueilli d'abord les Fiancés^ et Leopardi , privé de toute lecture par l'état déplorable de ses yeux , ne pouvait qu'accepter l'opinion de ceux qui l'entouraient. « Quant au » roman de Manzoni », écrit-il à Stella, « j'en » ai entendu lire seulement quelques pages , et » je vous dirai en confidence qu'ici les gens de » goût le trouvent bien au-dessous de ce qu'ils » attendaient. Les autres en font généralement » l'éloge. » Mais le comte Manzoni vint passer l'automne à Florence avec sa famille, et Leopardi eut le plaisir d'apprécier le charme qu'ajoute au talent un heureux caractère. « J'ai eu le bonheur, » dit-il, de connaître personnellement M. Man- » zoni , et de m entretenir longtemps avec lui ;
» c'est un homme plein d'amabilité et digne de » sa renommée, » Un an après^ il écrivit à, $0x1 père: « Je ^uis enchanté que vous, ayez va et ».goûtè:le Tomaïijiiiw:étien,de M^zoni. C'est » vraiment une l>e^e <)euia'êietMap;ço(oi,e^^^ » très-beUeâoieetfii^niîA^ ÎStaw^nt^. i^ , ,
Pattvye .Leopaa^dil II se. c4oi»i4ait luiTm^e quand, ilisi^. reprô^witaJH comcfie ^ ./pisawthj^ope passif, égateweîiÉ incapa^ljle ,d';^pi^;et de Ji^ ,: jp ne ^aia^si quelqu?un fut jan^fi^ plus promet, à répojwîire paiî Tafifeation ^ 1?^ premièKejpa^quç d^ sympathie et plus sensible- auis; doiic^urs d,e
l'amltiié.
. Cependant, çg, santé ébranlée. liji faisait craindre l'hiver capricieux de Florence. Les médecins lui conseillaient d'aller attendre la belle saison dans un climat plus doux. Il hésita quelque temps entre. Rome et Massa ^ et se décida pour Pise, où il espérait n'être pas du moins en dehors du « monde civilisé » . Il fut d'abord ravi de ce nouveau séjour : « L'aspect » de Pise, dit-il, me plaît bien mieux que celui » de Florence : ce lung'Amo est un spectacle si » beau, si ample, si magnifique, si gai, si riant, » qu'on est fasciné. Je n'ai vu rien de sem- » blable ni à Florence , ni à Milan , ni à Rome,