‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 131 sur 197 · Supra, chap. III, $ III, p. 123, n · texte numérisé non relu

Supra, chap. III, $ III, p. 123, n

trouvent leur expression dans ses diverses démonstrations doctrinales. S'il ne méconnut jamais l’utilité de la poésie faite pour charmer et distraire, s’il écrivit des vers, comme Guido Grandi du reste !, adonné aux plus hautes spéculations de la pensée, il n’y voyait guère qu’un passetemps frivole *. Il n’ignorait point, d’autre part, les qualités essentielles que le bon poète doit réunir : équilibre, harmonie des termes, cadence et musicalité ?. Il s’est révélé fori capable de remplir ces conditions ‘: on en peut donc, sans exagérer, conclure qu’il lui eût été possible, s’il l'avait vraiment voulu, de s’appliquer avec fruit au culte de Thalie et de Calliope…

Et si pour ces raisons l’œuvre poétique d’Ortes, ni très abondante ni très originale, ne saurait constituer un de ses titres les plus éminents, il n’en demeure pas moins un poète estimable pour son temps, et ses vers, corrects — ce qui fut trop méconnu — et riches de sentiment, méritaient en somme les compliments et les encouragements d’Algarotti qui l’appelait « insatisfaisable » lorsqu'il se déclarait mécontent du résultat de ses efforts. Aussi aux railleries de Lampertico, à la critique un peu hôâtive de Meneghelli lui reprochant de « n’avoir pas cueilli en poésie les palmes hororables qu’il moissonna dans les Sciences >‘, est-il raisonnable et juste d’opposer le jugement de Francesco Negri, qui copia les Sonnets, et déclare en avoir trouvé

1. — Ortes jugeait les vers de Guido Grandi médiocres : Vita del P. Guido Grandi, p. 172.

2. — « chi riprende i poeti per la futilità degli argomenti, ai quali d’ordinario e’ s’appigliano, e per la fallacia delle cognizioni che insinuan per essi, non bada à questo, d’essere il fine principale loro di dilettare e non d'’istruire, e di dilettare non i più dotti, ma il comune del popolo… » Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. XVII, $ III, p. XCI. Voir Supra, I, zx, p. 194 et n. 2.

3. — « …accento del numero. inflessione tenue o piena, grave o dolce, affrettata o sospesa nelle voci, per le quali si porti essa all’ udito, cosa più espressamente praticata nella poesia per cui il periodo giunga all’ udito più sonoro, quasi a guisa d’un canto. » Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. XV, SAV D EXXXTI

4. — MENEGHELLI, Elogio di Giam. Ortes venez., Opere Scelte, t. III, p. 134.

quelques-uns « très beaux, très gracieux, de pensée neuve », et même de « divins » !, aussi bien que l'opinion de Moschini qui voyait en lui un poète « robuste et original »?. Et ce jugement ne peut, ce semble, qu'être renforcé par l'étude de son théâtre où, nous l’avons vu, les qualités et les dons déployés auraient suffi pour lui mériter une place honorable parmi les littérateurs italiens du Settecento.

1. — Voir Crcocna, Memorie ined. (Trattatelli ined., p. 16, n. 4).

2. — « qui potendo aggiungere che fù anche robusto originale poeta, siccome ne rendono fede cinquantasei sonetti.… (G. Moscxini, Della Letterat. venez. del Secolo XVIII, t. III, p. 137).

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