Supra, sect. II, $ I, 1x, p. 315 et suiv
6. — Del Ingerenz. del Govern. nell Econ. Nazion. (Studi varit autografi, Marciana, It. class. XI, cod. CXXXV, f”* 22 recto et suiv. ; LAMPERTICO, Giam. Ortes e la Scienza econ. al suo tempo, Append. V, p. 345 et suiv).. Il note que les occupations s’exerçant surtout sur la quantité entraînent une inégalité de répartition de beaucoup supérieure à celle résultant des occupations portant sur la qualification des biens. Econ. Nazion., liv. IV, chap. XII (Cusront, ouv. cit., p. m., t. XXII, p. 65 et suiv.). Or, la caractéristique des pays de liberté est précisément que les occupations y sont surtout exercées sur la qualification des biens : c’est pourquoi ces pays bénéficieraient d’une répartition moins différenciée. Econ. Nazion., liv. V, chap. VIII (CUSTopI, ibid., p. 180). Voir encore, chap. IX (ibid., p. 184).
les malheureux !, Mais Ortes ne s'arrête pas à ce moyen parce qu’attentatoire au principe, à ses yeux sacré, du droit de propriété *. Ce qui ne peut cependant être ainsi obtenu par la contrainte, il n’hésite pas à le demander à la persuasion : la Religion incitera les riches à se dépouiller d’une partie de leurs biens en faveur des pauvres, à créer des fondations #. Ce moyen ne lui semble pas, il est vrai, dans la pratique, des plus efficaces ; aussi examine-t-il dans une de ses Lettres les moyens légaux propres à assurer une réglementation appropriée.
Richesse et pauvreté étant les conséquences directes d’occupations très actives ou de l’oisiveté, pour diminuer l’une et l’autre jusqu’à la mesure de leur utilité, il suffira de régulariser et de modérer la cause unique de l’exagération le surcroît d'activité provoqué par un désir immodéré de richesses ‘. Il faut, en un mot, pratiquer la pauvreté volontaire ‘.
Diminuer la richesse, en effet, à laquelle s’opposera « la véritable vertu de la pauvreté volontaire »”, c’est dimi-
1. — « L’unico modo di togliere la povertà nelle nazioni, sarebbe quello di diminuire le ricchezze ne’ ricchi e massimo nel sovrano più ricco di tutti. » Riflessioni sulle Rendite…., XIX (Op. varie autogr., Marciana, It. class. II, cod. CXXXVIII, f° 25 recto).
2. — Discorso sull’'Econ. Nazion., XVIII (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 238 verso).
3. — Ibid, f° 239 recto. Voir encore Riflessioni sulle Rendite, XXIV (Op. varie autogr., Marciana, ibid., fo 27 recto). Ce remède ne lui paraît point d’une efficacité durable ; dans ses Réflexions sur les Rentes, il constatait que tous les moyens pratiques pour enrayer la volonté n’aboutiraient guère qu’à une alternance de richesse et de pauvreté des uns aux autres. Riflessioni sulle Rendite…, VI (Op. varie autogr., Marciana, ibid. fo 19 recto).
4, — Lett. in propos. della Econ. Naëion., Lett. VI, précit. (Cusropt, ouv. cit., p. m., t. XXIII, p. 153 et suiv.).
5. — Dei Fidecommessi, liv. II, chap. XVIII (CUSTODI, ouv. cit., p. m., t. XXVII, p. 315 et suiv.).
6. — Dei Fidecommessi, liv. I, chap. XXI (CuSToDr, ouv. cit. ibid., p. 165). Voir Infra, II, Des Fidéicommis, sect. I, $ III, I, p. 374 et suiv.).
7. — Dei Fidecommessi, liv. II, chap. XIX (Custonr, ouv. cit. ibid., p. 324 et suiv.).
nuer la pauvreté et assurer le bonheur, ou tout au moins diminuer le malheur de l’humanité !. Et, dans ce but?, Ortes préconise la division de la population en occupations déterminées : limitant ainsi les occupations, on évitera l’exagération de richesses, Mais à côté de cette limitation quantitative, il faudra songer à la diminution qualitative 4 : il conviendra donc de limiter également la qualité de l’occupation en suivant autant que faire se peut les indications naturelles *,
$ II. — Du CAPITAL ET DES RENTES. — LES RENTES NOMINALES ET LES RENTES RÉELLES
Sous la rubrique « Les biens considérés comme Capital et cemme Rentes »°, Ortes précise sa pensée sur le capital et sur les rentes.
Pour lui, le capital national est l’ensemble de tous les
1. — Voir sa Lettre à Marco Lastri (LAMPERTICO, Giam. Ortes e la Scienza econ. al suo tempo, Append. II. Lett. ined. dell’Ortes, p. 310). Dei Fidecommessi, liv. II, chap. XX (CUSToDI, ouv. cit., p. m., t. XXVII, p. 329, 330 in fine, 331 princip.). Malthus notait également que l’état moyen est dans la société le plus favorable à la vertu, à l’industrie et aux talents de tous genres. Essai sur le principe de la population (G. DE MoLNaRI, Petite Bibliothèque Econ., p. 149).
2. — C’est par là qu’il explique l’origine des jours fériés. Lett. in propos. della Econ. Nazion., Lett. VI, précit. (CUSToDI, ouv. cit, p. m., t. XXIII, p. 163). Il reprendra cette théorie sept ans plus tard dans ses Fidéicommis, Dei Fidecommessi, liv. I, chap. XX (Cusropt, ouv. cit., p. m., XXVII, p. 156 à 160).
3. — « …limitandosi le occupazioni in ciascuni si vengono in essi à limitar le ricchezze.. » Lett. in propos. della Econ. Nazion., Lett. VI, précit. (CUSTODI, ouv. cit., p. m., t. XXIII, p. 154). Nous verrons également qu'Ortes trouve un autre remède dans les tarifs généraux. (Infra, sect. IV, $ I, 1x, p. 346, notes 2 et 3).
4, — L'une et l’autre sont, en effet, dans une étroite connexion. Dei Fidecommessi, liv. I, chap XIX (Custont, ouv. cit., DOME EX VE SD149):
5. — Lett. in propos. della Econ. Nazion., Lett. VI, précit. (Cusront, ouv. cit., p. m., t. XXIII, p. 169 et 170).
6. — Dei beni considerati come capitale e come rendite. Écon. Nazion., liv. V (Custopt, ouv. cit., p. m., t. XXII, p. 135 à 270).
biens qui doivent nécessairement précéder les occupations et leur permettre de s'exercer’. Les rentes, par contre, ne sont pas autre chose que l’apport journalier fait au capital pour remplacer ce dont quotidiennement il se trouve diminué par la consommation ?.
Au capital et aux rentes ainsi définis correspondraient deux sortes d’occupations distinctes : à celui-là les occupations mortes ; à celles-ci les occupations vives’. Ce qui revient à dire, les biens équivalant les occupations, que le capital national équivaut à toutes les occupations mortes des aïeux ou des vivants, et les rentes à toutes les occupations vives des travailleurs. Implicitement la propriété foncière se trouve légitimée par le travail.
On entrevoit ici la distinction que, bien plus tard, devait formuler Irving Fisher entre le « fund » et le « flow »: le revenu apparaît déjà chez Ortes tel que l’économiste américain l’a nettement présenté dans son beau livre ‘. Dégagé de tout caractère matériel c’est un flot continu de services tandis que l’ensemble des capitaux se confond avec le total des richesses existantes à un instant de la durée, et d’où émanent ces services.
Etroitement rapprochée du capital se trouve donc la rente. Pour Ortes la rente est soit nominale, soit réelle. La première est la rente possédée ; la seconde est la rente consommée *.
De cette définition résulte : que les rentes réelles sont
1. — Voir Infra, III. De la Population, sect. I, $ II, 11, 386 et Suiv.
2. — « Quella parte. di questo capitale, che consumata e diminuita si va restituando per le occupazioni attuali comuni, io la chiamo rendita nazionale di beni.… » Econ. Nazion., liv. V, chap. I (CusrTopt, ouv. cit., ibid., p. 138).