‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 15 sur 197 · Ibidem, p · texte numérisé non relu

Ibidem, p

7. — « Questo ho creduto di significare a lor Signori, perchè conoscano che se parlano nelle lor Movelle de’ miei libri per farmi onore (che per farmi disonore nol posso credere) il

SA VIE, SON CARACTÈRE ai

Ortes s’exaspère, en effet, de ce qu’il suffise, pour mériter l’approbation des feuilles publiques, ou y collaborer, d’aduler les souverains, les puissants, d'adopter les théories à la mode, ce qui n’est pas du tout son fait !. Or, 'es Nouvellistes donnaient à cet égard un exemple déplorable ?, puisqu'ils exploitaient la crédulité commune au profit de leur intérêt personnel’. Et c'était bien là, pour lui qui n’écrit pas dans le goût de l’époque — ce qu’on lui reproche * — une raison suffisante de perdre, un moment, cette « placidité de cœur » dont il s’enorgueillit ‘.

fanno fuor di proposito e il fanno piuttosto male. » Ibidem, p. 398.

1. — « Si sa che chi pubblica Novelle Letterarie dee adottare la letteratura ch’è più in corso, dee mostrarsi unito ai letterati di gran riputazione e dee adulare i sovrani fino à chiamarli filosofi. La mia letteratura è da questa diversa, mentre coi letterati di maggior riputazione non mi trovo molto d’accordo.. ». Lett. LI, à Ciani, de Dolo, 9 Juin 1786. (CUSTODI, ouv. cit., p. m.,, t. XXIV, p. 460). Dans une de ses Lettres sur l'Economie Nationale, il dit également : « Gli scrittori…., massime di questo secolo, non mancan mai di cogliere tutte le occasioni di lusingare i popoli e molto più di adulare i sovrani per interesse appunto lor proprio. » Lett. in propos. della Econ. Nazion., Lett. XX1, précit. (CUSTODr, ouv. cit., p.m., t. XLIX suppl, p. 166). Dans ses Réflexions sur les Objets appréhensibles, il dit dans le même esprit : «E in vero che gli uomini per certa inerzia e condiscendenza preferiscano di adularsi e di accarezzarsi insieme con viste di ambizione, di fasto, e di altre verità apparenti, in luogo d’illuminarsi colle reali, temendo ancora per queste offendere o conturbare i più inclinati a quelle. » Rifles. sugli Oggetti apprens., chap. XX, n° 3, p. CIX.

2. — Voici son jugement sur les Nouvellistes : « Essi per regola di prudenza, e per riputazione e interesse loro maggior, debbono mostrarsi parziali delle opinioni che ai loro tempi son più coltivate dai letterati, più applaudite dal volgo e più sostenute dai grandi ; e le mie opinioni non son tali, anzi son ben diverse da queste. » Annotazioni degli Errori popol., Annotaz. I. (Custopt, ouv. cit., p. m., t. XXV, p. 238 in fine ; 239 princip.).

3. — « ma mi creda che il miglior partito con questi tali [les petits lettrés] à quello di compatirli, perchè finalmente della lor leggierezza stessa hanno una grande scusa nella credulità comune, nel favore de’grandi, e nel loro interesse. » Lett. X, à Ciani, précit. (Cusront, ouv. cit., p.m., t. XXIV, p. 358).

4, — Annotazioni degli Errori popol., Annotaz. IV. (CUSTODI, ouv. cit, p..m.,. t: XXV, p. 256).

5. — Econ. Nazion. Disc. prelim. XI. (CUSTODI, ouv. cit., p. M,

t. XXI, p. 33).

Mais ces critiques dont ses livres, nullement destinés cependant à la « République des Lettrés » !, étaient l’objet ne furent pas les seuls mécomptes d’Ortes. Il eut encore de nombreuses difficultés avec la Censure.

L'Italie, par suite du contre-coup de la Réforme, connut les persécutions particulièrement rigoureuses de l’Inquisition. Cette intolérance excessive lui fit perdre, du reste, aux xvir et xvirr* siècles, le prestige incomparable que la période de la Renaïssance lui avait permis d’acquérir dans la Philosophie, les Lettres, les Arts. On comprend que, même au Settecento, où le pouvoir ecclésiastique s'était cependant un peu départi de son intransigeance première, Ortes, novateur et original par tant de côtés, fût tenu en suspicion et connût les sévérités de la Censure.

La publication de son Economie Nationale, par exemple, ne se fit pas sans peine?. Gasparo Gozzi lui-même, Surintendant de l’Imprimerie, voulant l’aider, lui suggéra de demander sa licence sans indication de lieu, ce qu’Ortes refusa, n'étant pas juste, observa-t-il, qu’un livre où sont proclamées des vérités, débutât par un mensonge. Mêmes empêchements pour les Lettres reldÿives à l’Economie Nationale. Il était cependant à Rome, où il espérait plus de tolérance. Il fait part de sa déception à Michele Ciani : après de nombreux pourparlers avec le Censeur, il doit renoncer à tout espoir d'imprimer son livre‘. A

1. — « …essi libri non son del gusto letterario corrente e .…pertanto ho ben giudicato a non esporli alla Repubblica come la chiamano de’ letterati, repubblica forse la più sconcertata di tutte. » Annotaz. degli Errori popol. (CUSToDI, ouv. cit, p. m., t. XXV, p. 256).

2. — Voir par exemple à la Marciana le début d’un chapitre sur l'Economie Nationale qui fut censuré par les Revisori (Studi varii autografi, Marciana, It., class. XI, cod. CXXXV, f° 66 recto et verso). On trouve aux Manuscrits d’Ortes (Studi varii autografi, Marciana, tbid., f° 78 recto et verso) les diverses approbations des Livres V et VI de l'Economie Nationale.

3. — « Circa alla stampa delle note Iettere posso dirle che di questa non è qui più da parlarne, perchè.. dopo molti dibattimenti siam convenuti il Revisore e io di non effetuarla e di non

cette occasion il ne ménage guère le Pape qu’il trouve « à la mode de tous les princes de ce temps », non plus que le Prélat pareialissimo qui avait été chargé de l'examen de ses Lettres. Et s’il réussit à publier l'ouvrage, ce fut sans nom d'auteur, ni d’imprimeur, et sans indication de lieu :.

Il rencontra des difficultés identiques pour son traité sur la Religion et le Gouvernement des Peuples. Il écrivit, à ce sujet, à Michele Ciani qui s'était mis à sa disposition, une lettre amère et découragée?. Malgré des démarches et des interventions puissantes, il n'avait pu obtenir les autorisations requises. Aussi, s’indigne-t-il contre la coutume vénitienne qui permet d'imprimer tout ce qui ne signifie rien, mais interdit rigoureusement tout ce qui apporte quelques nouveautés de doctrine. Son indépendance d'esprit s’accommodait mal, en effet, de cette contrainte, tolérable à la rigueur quand tout le monde pense de la même manière, mais des plus condamnables, à son avis, à une époque où chacun pensait, parlait, agissait à sa guise. ou à peu près ‘. « Ces difficultés, conclutil, me détournent de publier mon ouvrage en quelque lieu que ce soit, et je Mme propose de mettre ces paperasses de côté et de n’y plus penser » “. Il se ravisa sans doute, ou Ciani et ses amis vainquirent ses scrupules, puisque le livre parut cette même année-là, 1780, mais sans nom d'auteur, sans nom d’éditeur, ni indication de lieu.

farne altro. » Lett. VII, de Rome, 20 Janvier 1778. (CusrTont, OUV> Cit., D. Mm., t. XXIV, p.352).

1. — Alcune Lettere dell’ Autore dell’ Economia Nazionale, scritte a diverse personne in proposito di detto suo libro MDCCLXXVIII, 4.

2. — Lett. XII, de Venise, 8 janvier 1780. (CUSTODI, ouv. cit., p.m., t. XXIV, p. 365 à 367).

3. — « Massima invero giusta quando tutti pensavano a un modo, ma che al presente quando ognun pensa, parla e opera come vuole, non val più nulla. » (Cusropt, ouv. cit., ibid., p. 366).

4, — Ibidem.

5. — Della Religione e del Governo dei popoli per rapporto agli spiriti bizzarri e increduli de’ tempi presenti. Libri tre. MDCCLXXX, 4.

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Lorsqu'il s’agit de faire imprimer ses Fidéicommis, Ortes se heurta aux mêmes obstacles, et ne put davantage obtenir les licences indispensables : « On continue à croire que toutes les vérités ne peuvent être dites à tous » !. Pour cet ouvrage qui lui tenait tant à cœur, il ne se découragea cependant pas et recourut à l’appui de Ciani pour lui ménager à Florence, où il était député à la Chambre de Commerce, un tirage réduit, comme à l’accoutumée *. L'année même, les Fidéicommis paraissaient mais toujours sans nom d'auteur, ni lieu d'impression.

Ces raisons, autant de cœur que d'esprit, jointes à l'échec si sensible que nous avons rappelé, incitèrent Ortes à ne pas publier ses ouvrages® dont il aurait pu dire, comme Guido Grandi de ses Dissertations camaldolèses : « Peu intéressants pour le public, ils me coûtèrent beaucoup de peine et me causèrent beaucoup d’ennuis » 4. Ce n'était donc point orgueil déplacé ou modestie exagérée : il s’en explique du reste nettement dans les Annotations des Erreurs populaires. Et l’on comprend toute l'amertume de sa réflexion, lorsqu'il déclare écrire pour sa seule satisfaction ‘. Vers la fin de sa vie, il fut bien près

1, — Lett. XXXIV, à Ciani, de Venise, 3 janvier 1784. (CUSTODI, ouv. cit., p.m., t. XXIV, p. 420).

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