‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 42 sur 197 · La probabilità del fatto, dopo esserne propagata la · texte numérisé non relu

La probabilità del fatto, dopo esserne propagata la

L'Histoire ne retient guère, en effet, que les évènements qui renferment une part de merveilleux. Ce merveilleux n’est pas, à proprement parler, dans l’action elle-même, mais dans l'imagination de chacun, ce qui fait que le même événement, vu par plusieurs personnes, sera raconté différemment. De même celui qui écoute ou lit le récit de cet événement, se fera une idée différente des faits rapportés. De là, évidemment, une altération sensible de la réajité des événements recueillis, surtout lorsqu'ils nous parviennent après une longue suite de transmissions orales ou écrites ?. Il n’est guère d’historien qui, suivant ses conceptions ou ses sentiments propres, ne dénature, consciemment ou non, les circonstances concomittantes des faits qu’il rapporte.

Cet état de choses est encore aggravé par les déformations diverses qui ont leur source dans les grands mouvements d'idées dominant chaque époque, qui influencent, ou même contraignent, la pensée de l'historien ;, aussi bien que par les changements d'opinion “.

À cela s'ajoutent les interpolations et substitutions, si fréquentes dans les transcriptions historiques anciennes, que les copistes ont imaginées pour établir leurs récits

notizia per qualsivoglia numero di testimoni consecutivi, non riuscirà che l’eccesso della buona fede suddetta sopra il dubbio della mala fede nella somma de’ testimoni medesimi. » Calc. sopra la Veritàä.… (Marciana, ibid., fo 2 verso). Ces témoignages peuvent être ou verbaux ou écrits. Ortes estime que les premiers s’échelonnent de 30 en 30 années, comme les générations ; les seconds de siècle en siècle. (Ibidem).

1. — « E’ manifesto… che quantunque azione magnanima Oo atroce che si prefigga di scrivere un istorico non è che l’istoria di qualche idolo formato dalla sua immaginazione nel vederla o nell’ udirla raccontare. » Calc. sopra la Verità… (Marciana, ibid., f° 3 verso in fine).

2. — « Non è dunque da dubitarsi che le stesse azioni le quali dan motivo ad idoli cosi disparati passando per lunga fila d’'immaginazioni non abbiano a restar pregiudicate nella lor verità.. » Calc. sopra la Verità.… (Marciana, ibid., f° 4 recto).

3. — « Dunque questi idoli consacrati dalla pubblica immaginazione esigono il rispetto particolare di ciascuno, e nel racconto d’un fatto non è permesso manifestare quelle particolarità di esso che potessero offenderli o contrastarli, » Calc. sopra la Verità.., (Marciana, ibid., f° 4 verso).

4, — Calc. sopra la Verità… (Marciana, ibid., f° 5 recto).

dans le sens de leurs idées personnelles ou de celles en honneur à leur époque !.

Ce n’est pas tout. Intervient encore l'influence du langage. Les mêmes idées seront souvent exprimées par des expressions différentes, comme des expressions identiques exprimeront des idées diverses. Il arrivera ainsi que les mœurs anciennes rapportées par des historiens dans une langue morte ne pourront guère être envisagées que relativement à nos mœurs actuelles et à notre langage, ce qui ne manquera pas de nous inciter à une interprétation en partie, sinon en totalité, erronée ?. Et cette insuffisance dans l'interprétation du langage antique s’aggravera encore de la méconnaissance des mœurs que ce langage nous dépeint.

Ainsi l'Histoire trouverait à sa vérité exacte trois ordres d’empêchements, sources d'incertitude et de doute, ayant trait à la connaissance, à la sincérité, à l’expression *, C’est sur ces données qu’Ortes va tenter de fonder son Calcul.

I. — Quant à la connaissance des faits, l'insuffisance dans le premier témoignage s'aggravera encore dans le second par suite de la méconnaissance de certaines particularités du fait rapporté. Elle s’intensifiera un peu plus dans le troisième, et ainsi de suite jusqu’à ce que le fait parvienne à celui qui l’enregistrera d’une facon durable avec toutes les erreurs et les lacunes accumulées.

D'autre part le monument qui stabilisera ainsi le fait

1. — Calc. sopra la Veritàä… (Marciana, ibid, fo 6 recto) Ortes saisit cette occasion pour faire une observation philosophique sur l’inanité de l’orgueil humain : « Mentre quand’anche un morto potesse compiacersi della memoria illustre che di lui restasse fra i vivi, sta sempre à vedere se i vivi venturi si compiaceranno di avere delle azioni medesime la stessa stima che hanno i vivi presenti. » Calc. sopra la Verità.… (Marciana, tbid., fo 6 recto, addendum).

2. — Calcolo sopra la Verità… (Marciana, ibid. fo 5 recto in fine, 5 verso princip.).

3. — « …questo dubbio potrà distribuirsi in tre parti, cioè circa

alla cognizione, circa alla sincerità e circa all espressione dell’ istorico. » Calc. sopra la Verità.. (Marciana, ibid., f° 6 recto).

transmis n’est pas éternel. Il faudra donc, de temps à autre, lui substituer un monument postérieur qui en perpétuera le contenu. De là une nouvelle source d’inexactitudes résultant de la négligence, de l’ignorance ou du défaut de compréhension des copistes.

Et Ortes d'établir une première formule.

Désignant par 1 la croyance attachée à un témoignage visuel ; par a la diminution de croyance entraînée par la transmission verbale de ce témoignage ; par b la diminution résultant de chaque passage du fait rapporté par un témoignage écrit à un autre ; par 7 le nombre des témoignages verbaux, la probabilité restante avec laquelle s'écrit l'Histoire — ps — sera : ps — 1 — na. La probabilité restante avec laquelle elle pourra être lue — mi — après un certain nombre de témoignages écrits M sera : pl = 1—na—mb!:.

II. — Plus considérable encore serait l'inconvénient résultant pour l'Histoire du défaut de sincérité dans les témoignages, qui augmenterait, du reste, avec l’éloignement des faits relatés. Là encore ce manquement est exprimé en formule :

La probabilité de l'Histoire étant égale à 1; représentant par c la diminution de sincérité par suite de la transmission testimoniale verbale; par d la diminution résultant de la transmission écrite ; par 7 le nombre des témoignages verbaux ;par m celui des témoignages écrits, la probabilité de l'Histoire écrite — ps — sera ps = 1 nc.La precbabilité de l'Histoire lue — pl — sera pl = 1 nc— md°.

1. — Chiffrant arbitrairement n à 4, m à 6 et supposant non moins arbitrairement que dans le passage d’un témoignage à l’autre, verbal ou écrit, toute croyance humaine, par le seul

défaut de connaissance ne perde que —<a=b d'elle-même, toute la probabilité avec laquelle l'Histoire est écrite sera :

ps=1— &Ù = —— Et la probabilité avec laquelle elle sera lue sera : pl=1— + = de croyance humaine. Calc. sopra la Verità, (Marciana, ibid., fo 7 recto).

2. — Si l’on chiffre avec Ortes, arbitrairement, n à 4, m à 6,

et que l’on admette que la transmission verbale représente par

III. — Reste le défaut de proovabilité résultant de l’insuffisance de l’expression. À cet égard il n’y a guère de diminution sensible qu'autant que l'Histoire est enregistrée. La transmission verbale permet, en effet, l’utilisation de termes connus et du narrateur et de l'auditeur. Il n’en sera plus ainsi lorsque le fait historique est enregistré. Dans ce cas Ortes formule encore le degré de probabilité :

Si l’on représente par e cette partie de croyance humaine toujours égale à 1 qui se perd par sa transcription d’une écriture dans une autre, sa probabilité restante après un nombre de siècles m sera pl = 1— me:.

De telle sorte que le doute total résultant de ces trois chefs d’erreur ou d’inexactitude ?, s: déterminerait de la

hypothèse une perte de " =C par témoignage ; si la trans-

mission écrite représente de son côté, toujours par hypothèse,

Te =d, la probabilité restante de l'Histoire écrite sera ps=1— =+ ; et la probabilité de l'Histoire lue sera Di=1 + 5 si de la foi humaïne. Calc. sopra la Verità…. (Marciana, 1bid., f° 7 verso).

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