‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 54 sur 197 · Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. X, $ 1V, p. LIII · texte numérisé non relu

Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. X, $ 1V, p. LIII

rents. C’est là une source de très sérieuses difficultés ! et

fatale en quelque sorte par suite des transformations inévitables des Langues *?.

Arrivé à ce point de son raisonnement, Ortes, pour les besoins de sa démonstration, distingue une fois de plus * le: connaissances humaines vraies et réelles des connaissances vraisemblables et apparentes, les premières immuables, les secondes essentiellement variables ‘. Or, l'esprit tumain est beaucoup plus porté vers les apparentes que vers les réelles * dont elles offrent du reste la plupart du temps les caractéristiques extérieures‘. La vérité serait à son avis à un point moyen unique et indivisible ”, malaisé parfois à découvrir. Et ce point spécial, on le trouverait non seulement dans les connaissances abstraites, géométriques pour ainsi dire, mais encore dans toutes sortes

1. — « L’adoprar à un tempo e in un luogo une lingua istituita per esprimere oggetti e costumi d’un altro, sarà ognor più difficile, per doversi allora sostituire alle voci più proprie e più precise di quegli oggetti e costumi, voci intese a esprimere altri da quelli diversi, e in conseguenza men proprie per esprimerli, e men precise. » Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. XI, $ I, p. LV. Cf encore $ IV, p. LVIII.

2. — Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. XI, $ V, p. LIX. — « ..non solo i costumi diversi passati non àn relazione necesseria conosciuta veruna cogli stessi presenti, ma. le lingue pur morte diverse non l’àänno con una stessa pur viva » Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. XX, $ IV, p. CXI.

3. — Voir par exemple Delle Scienèie Utili e delle Dilett. Supra, $ III, p. 113 et suivantes.

4. — Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. XII, $ I, p. LX. Voir encore Chap. XX, $ I, p. CVI.

5. — « Gli uomini poi inclinano più a quelle (les apparentes) che a queste (les réelles) cognizioni, per esser più facile attendere la verità dagli eventi consecutivi benchè dubbiosi, che logorarsi il cervello. nel ricercarla per sè medesima e di prima mano. » Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. XII, $ III, p. XLIV. Cf. aussi chap. XX, $ II, p. CVIII. C’est ce qu’il a du reste déjà noté dans ses Sciences Utiles et Agréables (Supra, $ III, p. 122, 123 et 124).

6. — Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. XII, $ III, p. LXIII.

7. — « Pare. che la verità real delle cose stia situata a certo punto di mezzo unico e indivisibile, innanzi e oltre il quale sia vano il cercarla, o non sia possibile il rinvenirla che con dubbietà e incertezza… » Rifless. sugli Ogg. apprens., chap. XII, SIL D'LXLE

de connaissances pratiques, parce que, d’après Ortes, toute connaissance vraie et réelle ne serait autre chose qu’une sorte de. géométrie :.

La tendance des hommes à s’en tenir aux connaissances apparentes aura sa répercussion dans la vie courante : dans les affaires ce sont elles qui domineront et, en fait, dirigeront le monde. C’est évidemment là un grave défaut, mais les conséquences n’en seraient, en définitive, pas trop graves pour peu que ces connaissances apparentes ne fussent pas en opposition avec les connaissances réelles ?. À bien prendre même, c’est là tout ce qu’il est raisonnable d'attendre de l’homme.

Or, cette distinction des connaissances en réelles et en apparentes n’est pas inutile pour ce qui à trait au langage. Le langage, en effet, servira soit à apprendre des connaissances réelles, difficiles, soit à distraire par les connaissances apparentes, agréables et faciles {. Il est vrai qu’en raison de son imperfection le langage exprimera bien moins les connaissances qu’il ne les suggérera.….. Il ne saurait guère du reste en être autrement pour peu que l’on songe à l’infinie diversité des connaissances humaines, incomparablement supérieures aux combinaisons de sons par quoi elles peuvent être exprimées ‘.

Et Ortes fait une remarque curieuse qui atténue sa critique. Cette imperfection des Langues, dans leur indigence relative par rapport aux objets, tendra à leur perfection continue, à leur élégance : dans l’impossibilité où l’on se trouve de pouvoir disposer d’un son, d’une expression, pour chaque image, on recourt à plusieurs qui, pour

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