Non point par économie, comme il l'écrit à Ciani : « Io
on ne saurait sérieusement contester qu’il n’y ait là un ensemble de faits propres à justifier un état de fortune modeste peut-être mais réel.
Cela est si vrai, qu'ayant un jour été qualifié de claustrale ricco par ses adversaires, sous prétexte que ses livres étaient favorables aux Réguliers opulents, il se borne à réfuter la critique de partialité dont on l’accuse sans s'élever contre l'erreur prétendue de sa situation aisée, ce qu’il n’eût pas manqué de faire — tant pour la valeur même de sa riposte que par souci de vérité — si vraiment il eût été pauvre :.
Timide et réservé ?, condamnant —- comme Alfieri — volontiers sa porte aux intrus, Ortes, riche en secret parce qu'il prenait de la vie ce qui lui permettait
intanto ne avea ordinato 120 non per economia di spesa, ma perchè non amo dispensare molte copie di questi miei libri. » — Lett. XXXVIII, à Ciani, de Venise, 22 mai 1784. (CUSTODI, ouv. cit., ibid., p. 433). Le Père abbé Camaldule D. Fortunato Mandelli écrivait au sujet des œuvres d’Ortes : « Le opere sono molte, e di ciascheduna stampa a sue spese non fece stampare che un assai scarso numero ; onde appresso pochi sono disperse ed esistono. » — Lett. à G. Bernardino Tominano di Oderzo, du 25 avril 1787. (Rapportée dans Crcocna, Trattatelli ined. — Elenco delle Opere manoscr. di G. Ortes, p. 41).
1. — « …quando han voluto dar notizie oltre ai miei scritti della mia persona ancora, tutti mi han fatto l’onore di credermi un claustrale ricco arguendolo dall’esser i miei libri favorevoli ai ricchi claustrali, quasichè in questo secolo di luce non possa avervi in mezzo all'Italia un secolare che parli de’ claustrali ricchi con equità e sappia con loro esser giusto come cogli altri. » — Annotazioni degli Errori popolari, Annotaz. I, 1Iv. (Cusront, ouv. cit., p.m., t. XXV, p. 156).
2. — Dès son séjour au monastère, il note cette timidité « non ho mai potuto indurmi a sostenere pubbliche conclusioni, nè a rappresentare in tragedie e commedie, quantunque di queste prendessi grandissimo piacere ; nè ho mai sofferto d’esserre esaminato dai miei superiori medesimi sulla mia abilità.. » Memorie ined. (Cicocna, Trattatelli ined., p. 11).
3. — On sait qu’Alñeri, mécontent des événements politiques, avait apposé sur sa porte un écrit ainsi libellé : « Vittorio Alfieri non essendo persona pubblica, supponendosi di poter essere almeno padrone di sè in casa sua, fa noto a chiunque cercasse di lui ch’egli non riceve mai nè le persone, nè ambasciate, nè involti, nè lettere di quelli che non conosce e da cui non dipende. »
d’orner la réalité, mena une existence paisible et discrète entre ses livres et ses amis, peu nombreux mais sûrs et dévoués, comme l’Auditeur Michele Ciani, Filippo Neri, Erizzo, les Emo, Zanotti, Zenobi Cateni, le P. Calogera, Muratori, Metastasio', Cavalli, Bianconi, Francesco Algarotti — Aigarotti amatissimo, comme il l’appelait? —, Scipione Maffei*, Giulio Cesare della Somaglia, Giuseppe Toaldo, l’archidiacre Albizzi, Rimbotti, l'abbé Chiaccheri, D. Giacomo della Lena, Andrea Memmo — pour ne citer que les principaux. Il avait du reste l’aversion de ces oisifs pour qui la Science n’est guère qu’un étalage de paroles vides ; l’Art, quelque occupation futile ou un excitant sensuel ; la Patrie, de vains honneurs ; la Religion,
1. — Ortes tenait Metastasio en haute estime. Dans une lettre à Algarotti (de Venise 4 décembre 1750), il exprime tout son regret de n’avoir pu le rencontrer à Vienne d’où le poète était absent pendant le séjour qu’il y faisait : « Non posso dirvi quanto mi sia dispiaciuto il partire di Vienna senza vedere il sig. abate Metastasio. » (G. Caporin, Lett. di Giam. Ortes venez. a Fr. Algarotti, Marciana, misc. 721, opusc. n° 18). — Algarotti, ami fidèle d'Ortes (Voir LAMPERTICO, Giam. Ortes e la Scienza econ. al suo tempo, p. 59 et 60), l'avait, en effet, quelques années plus tôt, en 1746, chaleureusement recommandé à Metastasio : « Bene à Metastasio ho scritto, quanto voi eravate amico mio e ammirator suo, quanto culto in ogni maniera di dottrina ed amabile, quanto degno in somma dell’ amore, della stima e della famigliarità sua. » De même, le 3 Novembre 1758, Algarotti écrivait de Bologne à Ortes pour lui recommander l’abbé Morellet : « Se ne viene costà il sig. ab. Morellet, uno de’ precettori del genere umano, come quello che ha avuto non piccola parte nella grand’opera dell’Enciclopedia, e spero vorrà ancora averne da ora innanzi. L’amabilità in lui non è minore della dottrina. So che farô a lui piacere grandissimo ed à voi ancora à far si che possiate trovarvi insieme subito che arriverà in Venezia. Egli cerca gli uomini distinti ne’ paesi dove va, ed io credo, indirizzandolo à voi, che vorrete ancora procurargli la conoscenza della Casa Emo, averlo indirizzato al vero suo fine. » (Fragments de Lettres rapportés dans LAMPERTICO, Ouv. Cit., p. 61).
2. — « Addio Algarotti amatissimo. Conservatemi la vostra cara e pregiatissima benevolenza.… » Lett. de Venise, 4 décembre 1750. (G. CADORIN, 0p. cit., Marciana, ibidem, n. 18).
3. — Qu'il critiquait plaisamment à l’occasion : « Ier sera nel teatro di San Samuele hanno rappresentato una nuova commedia del sig. Marchese Maffei, che porta il titolo I Raguet. E’ ruiscito all’autore di eseguire quello che aveva in mente, ma ha avuto in mente pochissima cosa. » Lett. à Fr. Algarotti, Venise, le 28 janvier 1746. (G. CADORIN, op. cit. Marciana, ibidem).
des oraisons profanes, prétextes à réunions mondaines, à intrigues sentimentales. Il leur reprochait, au lieu de lutter pour relever le prestige et la puissance de la Cité, de se révéler incapables d'actions énergiques, tyranneaux à perruque et à petite épée, médiocres en tout, au plus habiles à tenir une banque productive au Ridotto, ou à mener à bien des amours illicites. avec le consentement des maris. Les inquiétudes de sa santé toujours précaire, les critiques souvent injustes soulevées par ses ouvrages et dont sa susceptibilité était amèrement affectée, les soucis qu'éveillaient en son être émotif — bien qu’il s’efforçit de les accepter avec philosophie : — les bouleversements annonciateurs des catastrophes prochaines, l’abaissement politique et moral où stagnait Venise, nom orgueilleux jadis, maintenant ombre élégante qui depuis longtemps avait cessé de vivre pour bientôt définitivement cesser d’être, jetèrent comme un voile mélancolique sur sa vie, en contraste avec le milieu bruyant où, calmement, obscurément, s’écoulaient ses jours. Et lorsqu'un beau soir de juillet tout resplendissant d’or et de lumière, il s’éteignit doucement chez son fidèle Urbano Bottazzi, proche le Palais Dogal où si longtemps battit le cœur fier et puissant de la Sérénissime, s’'évanouit une âme haute, sereine, sensible à toute beauté, à toute noblesse de sentiments, courageuse dans sa foi et ses illusions autant que pouvait l’être une âme doublement italienne, parce que vénitienne, en ce xvirI° siècle finissant ?.
Une âme ? Plus et mieux peut-être : un caractère que son œuvre nous révèle essentiellement original.
1. — « O tempora, o mores ! dic’ella.… riflettendo appunto alle stravaganze e alle contraddizioni presenti. Ma di queste ve ne ebbero à tutti i tempi.. Di tali, stravaganze e contraddizioni gli spiriti superficiali Volteristi soglion farsi un divertimento, e trarne motivo di scherzo e di derisione. —I Russoisti più riflessivi sogliono moralizzarne e prenderne tristezza. — Io credo che sià meglio investigarne le cagioni perchè credo meglio occuparmi che divertirmi, e instruirmi piuttosto che contristarmi ». Lett. XXVIII, à Ciani, de Venise, 6 avril 1782. (CUSTODI, OU. cit., p.m., t. XXIV, p. 406).