En janvier 1778, il est, dans ce but, à Rome : « Sappia
de placement par lui toujours préféré !, — et même en laisser les arrérages s’accumuler ?.
D'ailleurs Ortes voyagea beaucoup, visita l'Angleterre et la France et fit d'assez nombreux séjours à l'étranger, à Vienne *, à Berlin notamment ‘ ; parcourut l'Italie, vint à diverses reprises à Rome, à Bologne, à Pise‘, à Florence surtout où il comptait tant d’amis°, et dont il vantait,
che uno de’ motivi per li quali mi trovo in Roma è quello d’impiegarvi certo danaro in rendite vitalizie.. » Lett. VI, à Ciani, du 14 janvier 1778 (Cusropt, ouv. cit., ibidem, p. 349). Deux ans plus tard, il faisait encore un placement de cette sorte : « ….essendomi da ultimo stato francato un piccolo capitale di danaro, e desiderando io rimpiegarlo di nuovo, penso di far ciô con passarlo à codesto spedale di S. Maria Nuova in alcuni vitalizi.… » Lett. XIII, au même, de Venise, 4 mars 1780. (CUSTODI, oOuv. cit., ibid., p. 369).
1. — Et dont il parle à diverses reprises dans sa correspondance. Voir, par exemple : CUsTopI, ouv. cit, p.m., t. XXIV, Let D 5725 XV, LD 3745 XVI, D: 376: XXVI p. 401: XXVII, p. 402 ; XXVIII, p. 404 ; XXIX, p. 40€ ; XXXIII, p. 418 ; XXXIV, p. 419; XXXVIII, p. 433 ; LI, p. 460...
2. — Voir Lett. XLV, à Ciani, de Dolo, 10 juin 1785 (Cusropt, ouv. cit., ibid., p. 447) ; Lett. LIII, au même, de Venise, 9 décembre 1786 (CUsTopiI, ouv. cit., ibid., p. 466).
3. — Dans une lettre à son ami Francesco Algarotti, de Venise, 2 décembre 1746, il précise avoir fait un séjour de plus de deux mois à Vienne. (G. CaporiN, Lettere di Giammaria Ortes Veneziano a Francesco Algarotti, Marciana misc., 721, opusc. n° 18. — Il date de Vienne ses Riflessioni sopra i drammi per musica : « di Vienna questo di ultimo di Ottobre 1755 » ; son Calcolo sopra i Giuochi della Bassetta e del Faraone : «di Vienna questo dî 14 Febbraio 1756 della Natività » ; son Calcolo sopra il Valore delle Opinioni e sopra i Piaceri e à Dolori della vita umana : « di Vienna questo dî 15 Aprile 1756. » C’est à Vienne en novembre 1756, qu’il commença son Manlio Capitolino qu'il devait finir à Venise en mars 1760. C’est encore de Vienne qu'il date — 12 novembre 1756 — son Mémoire manuscrit sur les Riflessioni dimostrative sopra le memorie quasi dimostrative della Corte di Berlino del 1756. (Opere varie autografe, Marciana, It. class. II, cod. CXXXVIII, f* 71 et 72, recto et verso).
4, — C’est de Berlin qu’il date son Polissena : « Berlino il primo Agosto 1756. » (Op. varie autogr., Marciana It. class. IT, cod. CXXXVIII, f° 172, verso).
5. — Dans une lettre à Algarotti — de Venise le 23 juillet 1751 (G. CADORIN, 0p. cit., Marciana, ibid.), — il parle précisément d’un séjour aux bains de Pise et de leurs amis communs qu’il a visités à Bologne au cours de ce petit voyage — in questo viaggietto — Francesco Zanotti, Eustachio, Domenico Fabri.
6. — Voir Lettere in proposito della Econ. Nazion., AVviso dell’Autore. (Cusroni, ouv. cit., p.m., t. XXIII, p. 9).
dans son Journal, l’agrément des promenades qu’il y faisait, suivant l'usage, « le parasol à la main, suivi d’un serviteur » !.
On conviendra que ce n’est pas là signe d’indigence. Au xviri° siècle, déjà, les voyages coûtaient cher, et Ortes était trop indépendant, vivait trop à l'écart, pour accepter, comme tant d’autres écrivains, des subsides des Souverains ou de puissants protecteurs ?. De plus, ainsi qu’en font foi maintes lettres *, il partait chaque année en villégiature, à Dolo notamment, comme les Vénitiens aisés. Ces voyages à Dolo furent même les seuls qu’il pût entreprendre vers la fin de sa vie, en raison de la proximité de Venise, distante de quatre heures à peine.
Si l’on ajoute enfin qu’il publiait à ses frais ses ouvrages, ce qui ne devait pas laisser d’être dispendieux, même pour le nombre réduit d'exemplaires qu’il en faisait tirer ‘,
1. — « col parasole in mano, come qui s’usa, e col servitore dietro, come se fosse un canonico fiorentino nato, allevato ed invecchiato in questo paese.… » (Memorie ined.). C’est à Florence d’ailleurs que se trouvaient presque tous ses amis. À Venise même, il n’en avait guère.
2. — Il y a là un trait caractéristique de l’époque. Le Settecento est, en effet, le siècle par excellence du mécénat. Le plus souvent le Mécène est un prince de l'Eglise ou un Patricien opulent et puissant qui, membre de plusieurs Académies, aime la belle littérature ; écrit lui-même aimablement en vers ou en prose ; fait dans son palais jouer la comédie, les tragédies classiques, chanter des oratorios ou des opéras ; s’enorgueillit de sa riche bibliothèque, de ses collections de médailles et de gravures choisies avec goût, de ses intailles, de ses pastels, de ses tableaux ; et dont l’existence fastueuse s'écoule au milieu d’une cour empressée de poètes, de musiciens, de peintres, d’architectes.… (Voir : ConcarI, Storia Letteraria d'Italia : Il Settecento, Introd., p. 4; A. LOMBaARDI, Storia della Letteratura italiana nel Secolo XVIII, t. I, chap. II, p. 13 à 26).
3. — Voir, par exemple, CusTonr, ouv. cit. p.m, t. XXIV, Lett. XIX, p. 386; XXXII, p. 416; XXXVIII p. 432; XXXIX, p. 434; XLV, p. 447; XLVI, p. 448; XLVII, p. 451; LI, p. 459; LII, p. 461...
4, — « Questi son tutti i viaggi ch’io possa intrapendere al presente, cioè per una villa di qui lontana da circa venti miglia.. nè mi azzarderei per più di lontano. » — Lett. XLVII, de Venise, 17 septembre 1785 (Cusropt, ouv. cit., ibid., p. 451). Voir encore : Lett. XXXI (Infra, p. 63, n. 1).