‹ Giammaria Ortes Un Vénitien du SettecentoChapitre 90 sur 197 · Rifless. sopra à Drammi per Musica, p · texte numérisé non relu

Rifless. sopra à Drammi per Musica, p

4. — Delle Scienze Utili e delle Dilett., (Supra, chap. III, $ III, p. 120 et n. 2).

Tout se borne à une question de mesure et de jugement :.

Car la charge doit être judiciusement répartie entre les divers facteurs qui concourent à la perfection du drame : le sujet, qui relève de la poésie ; l'expression, du domaine de la musique ; l’action, qui appartient à la danse : la décoration, qui échoit à la peinture. C’est entre ces « genre », comme il les qualifie, qu’une homogénéité ration-

nelle est indispensable, et, du reste, presque suffisante à elle seule ?.

Chacun de ces quatre facteurs, dont la cohésion et l’enchaînement subordonnent et déterminent la qualité même du drame, est l’objet d’un examen critique d’Ortes.

Pour le Sujet, il estime que le meilleur sera celui qui pourra s’accommoder du merveilleux le plus marqué :. Or, ce merveilleux, pour le rendre admissible, il n’est que de le prendre dans un passé lointain : c’est, en effet, une tendance psychologique générale “, de croire que, dans les temps antiques, les vertus étaient plus belles et plus méritoires que de nos jours,

L’Expression, il la veut essentiellement musicale. La

1. — Rifless. sopra à Drammi per Musica, p. 8. Ces considérations générales exposées, Ortes, s’arrêtant un moment aux caractéristiques des divers théâtres nationaux, remarque, entre autres choses, que le changement serait le signe distinctif du théâtre français, la stabilité celui du théâtre anglais; la première impression celui du théâtre italien ; la dernière impression, celui du théâtre autrichien (Rifless. sopra 1 Drammi per Musica, p. 11). D’après lui le théâtre italien exalterait l'esprit de liberté, tandis que le théâtre français mettrait en scène des héros amoureux, et le théâtre anglais des mystères et des fantasmagories, ce qui peut permettre de soutenir, à volonté, que chacun représente ce qui est le plus conforme, ou le plus contraire à son génie propre... ! (Jbid., p. 18).

2. — « Questi quattro generi di caricatura si sostengono nel dramma l’un l'altro, e la miglior consonanza di essi genera il dramma migliore.. » Rifless. sopra 1 Drammi…., p. 20.

3. — Quanto al soggetto, esso sarà tanto più caricato quanto più sarà strano e prodigioso, e quello che darà motivo a incanti, a trasformazioni, ad apparizioni e simili. » ÆRifless. sopra i Drammi…., p. 20 in fine, 21 princip.

4, — « Il popolo crede ogni stravaganza purchè sia proporzionata alla lontananza di tempo in cui sia accaduta, figurandosi i tempi assai remoti molto diversi dai nostri… » Rifless. sopra î Drammi…., p. 21.

parole, les flexions de la voix, sont une sorte de chant. C’est cette flexion qu’il faut forcer jusqu’à la musique !. Parole et Musique — c’est un Italien amoureux de sa langue qui écrit — ne seraient, du reste, qu’une extériorisation harmonieuse de sentiments ou d'idées, à des degrés de musicalité différents ?,

Quant à l’Action, elle doit, elle aussi, se transformer pour devenir danse, mais danse expressive soulignant les paroles *. Et cette danse serait si étroitement unie à la musique, elle aussi expressive, que leur action concourante doit suffire pour éveiller l'émotion.

Enfin, les Décorations comprennent tout ce qui touche à l’ornementation proprement dite de la scène, aussi bien que ce qui a trait aux costumes. Par ieur fantaisie, leur richesse, leur diversité, elles permettent aux spectateurs d'imaginer les somptuosités d’un palais royal, la majesté d’un temple, l'horreur d’une prison ‘. De telle sorte que dans le Drame, comme le sujet devient prodige, l’expression musique, l’action danse, de même le lieu où se déroule l’événement représenté peut devenir à l’occasion un édifice enchanté.

Tel devrait être le Drame. Mais il était loin, en fait, de

1. — « una rappresentazione in versi diletta più di una in prosa… cosi una in musica diletterà più di una in versi per l’espressione che la musica più che la poesia puô dare alle stesse passioni… » Rifless. sopra à Drammi…., p. 23.

2. — C’est ce qu’il précise dans un Addendum manuscrit sur un feuillet joint à la p. 23 de son ouvrage : « Che la favella e la musica non diferiscono che nel grado di caricatura è manifesto da ciô che l’una e l’altra possono ugualmente chiamarsi un articolazione di parole fatta con intervalli, tempi e tuoni diversi di voce per esprimere i sentimenti dell’ animo ». D'ailleurs Ortes distingue à cet égard la musique qu’il qualifie d’expressive, de l’artificielle. La première sert à animer les sentiments de la poesie, à renforcer! les modulations de la voix humaine pour toucher le cœur. La seconde n’est guère qu’un concours de voix et d'instruments qui perce l'oreille et ne va pas plus loin. Celle-là ne s’accommode que du sujet pour lequel elle a été composée ; celle-ci pourra convenir à tous les sujets. Rifless. sopra à Drammi, p. 25.

3. — « …lespressivo che sta nel portamento della persona adattato al genere di discorso che si tiene. » Rifless. sopra i Drammi…, p. 28.

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