De l'industrie
Chaque nation, par des moyens appropriés et variables, pourvoit à sa propre subsistance, but qui est la raison d’être de la collectivité. Que sera l’industrie dans un tel milieu? Une activité, une promptitude spéciales et majeures par lesquelles certains s’enrichiront plus que d’autres. Mais cet enrichissement particulier ne manquera pas — nous connaissons la thèse ! — d'entraîner une contre-partie inévitable : l’'appauvrissement, l'oisiveté, rigoureusement équivalents, chez d’autres nationaux. Au demeurant, il n’y aurait donc qu’un déplacement de richesse, une inégalité nouvelle et plus grave de répartition. Bien plus, la richesse commune, même accrue par l’industrie commune, entraînerait un accroissement -de besoins, et constituerait en réalité une pauvreté effective Méconnaissant le rapport signalé par Verri entre l'accroissement des besoins et la possibilité augmentée d'y répondre *, Ortes, là encore, aboutit au paradoxe.
Mais s’il ne s’attarde guère, en somme, à critiquer l’industrie, qu'il ne juge pas absolument inutile au reste#, — peutêtre parce que trop pénétré de souvenirs familiaux, — il n’en va pas de même pour le commerce éxtérieur, contre lequel — lui, Vénitien — il s'élève avec véhémence.