Chap. IE, $ 1. 2nfra, p. 47 et Suiv
3. Dès 1774, il se publia deux fois la semaine, Il formait un volume in-8° par mois. Le prix de l’abonnement était de 22 livres l'an.
4. C’est à Venise que G. R. Carli publia les Meditazioni, accompagnées de ces critiques malveïllañtes qui font dire à Custodi : «È perd : spiacevole che a questo.. travaglio abbia dato occasione una privata rivalitä » (p. m., tom. XIIT, notizie di G. R. Carli, p. vu).
LE MILIEU ET LE PERSONNAGE a
Le milieu, les circonstances ne laissaient pas d’ailleurs d’être particulièrement favorables à ce mouvement. D'abord, à Venise, un peu comme à Paris vers la même époque, le débordement de la littérature frivole, des petits vers et des tragédies commence à paraître par trop fastidieux. Ensuite, — et surtout, — la richesse ancienne ne s’alimente plus. Les patriciens dépensent les derniers ducats que l'intelligence, l’activité tenace de leurs ancêtres, les armateurs de galères, avaient su amonceler. Le moment est proche où la cité devra renoncer non seulement à sa puissance, déjà singulièrement déchue, mais encore à son opulence et à sa vie facile. Aussi beaucoup s'inquiètent, se mettent en quête de remèdes, et. s’improvisent économistes. Ainsi s'expliquent, d’une part, le bon accueil réservé aux études et aux ouvrages d'Économie politique !, d'autre part, Ortes excepté, la médiocrité des auteurs vénitiens parmi lesquels on peut à peine retenir le nom d'écrivains de second p'an comme Zanon?, Corniani ?,
1. Cf. par exemple dans LAMPERTICO (op. cit., p. 183 à 228) un document intéressant relatif à la création à Venise, en 1773, d’une « Société économique », qui indique bien l'intérêt attaché à ces sortes de questions,
2. ZANON (1696-1770) écrivit de nombreux traités sur les questions agricoles (Della formazione ed uso della torba, Venise, 1767, in-4°; — Della coltura ed uso delle patate, Venise, 1767, in-4°; Rome, 1785; — Della marna e di alcuni altri jossili atti a vender jfertili le terre, Venise, 1768, in-4°; — Saggio di storia veterinaria, Venise, 1770, in-8°), mais il est surtout connu par son traité sur les Académies (Dell’utilità morale, economica e politica delle Accademie d’agricoltura, arti e commercio, Udine, 1771) (rapporté fragm. dans Cusropi, p. m., tom. XIX, p. 137 à 398) et par ses Lettres (Lettere sull'agricoltura, le arti e il commercio, 7 vol., 1756 à 1767) (rapportées pour partie dans CUSTODI, p. m., tom. XVIII), qui sont bien plus une compilation qu'une œuvre personnelle, et qui ne méritent certes pas les éloges qu’en fait Baretti dans sa Frusta letteraria des 1% janvier, 15 mai, 1° septembre 1764 (cf. /a Frusta letteravia e scritti critici minori di G. Baretti, vol. TI, p. 173 et suiv., p. 420 et suiv.; vol. II, p. 94), mais bien plutôt les critiques mordantes de LAMPERTICO (op. cit., p. 93).
3. CoRNIANT (1742-1813), auteur de deux Discours sur l'agriculture
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Algarotti ! ou Carli?... Et la preuve la meilleure qu'ils ne sont pas des économistes au sens propre du mot, c'est qu'ils ne se sont pour ainsi dire pas occupés de ce qu'était, en ellemême, la science économique, non plus que de son but ni des moyens — théoriques ou pratiques — susceptibles d'assurer des résultats généraux satisfaisants. Ils présentent, les uns et les autres, non point des systèmes d'ensemble, mais des exposés particuliers, destinés à favoriser la seule branche d'activité à laquelle ils s'intéressent plus spécialement : ce sont des praticiens, mais rien de plus. On peut cependant dégager de leurs écrits quelques principes intéressants touchant la puissance et la richesse de l’État, les deux fins de l'Économie politique.
A. PUISSANCE NATIONALE. — Les Vénitiens ne distinguent guère la puissance de la ‘richesse. Is négligent même à peu près complètement la question de la population. À peine
(Della legislazione velativamente all’agricoltura, discorsi due, 1€7 mai et 11 septembre 1777) (rapportés dans CUSTODI, p. m., tom. XXXIX, P. 165 à 244). :
T. ALGAROTTI (1712-1764), produisant sur toutes choses, devait forcément écrire quelque traité d’Économie politique... Il publia en effet un Essai sur le commerce (Saggio sopra il commercio) et quelques autres observations (Epistola sopra il commercio; Frammento sugli effetti dell'industria). Cf. CUSTODI, p. m., tom. I, p. 285 et suiv.
2. GIAN-RINALDO CARLI (1720-1795), fixé à Milan, devenait président de l'Administration économique de l'État. C’est ce qui explique comment, Vénitien, — de Capo d'Istria, — ses ouvrages traitent du Milanais. Nous retiendrons de ses écrits son Traité sur la monnaie (Déll’origine e del commercio della moneta) (rapporté dans Cusropi, p. m., tom. XIII); sa Relazione del Censimento dello stato di Milano, rapportée dans CusrTopi, p. m., tom. XIV, p. 181 à 319; son Breve vagionamento sopra 1 bilanci economici delle nazioni (Custoni, #bid., p.319 à 359), etsa Lettre sur les grains (De libero commercio de’ grani, lett. al presidente Pompeo Neri, Milan, 2 septembre 1771) (CUSTODI, ibid. p. 361 et suiv.).
3. Nous verrons, par contre, que le meilleur ouvrage de Ortes traite . de la population (part. IT, chap. ITT, infra, p. 215 et suiv.). :
si, au cours d'une dissertation, ils en signalent en passant l'importance — comme Zanon, à propos de l'utilité des Académiest, ou: Carli lorsqu'il fait exonérer d'impôts les pères de douze enfants vivants?, une population abondante constituant pour lui aussi un critère certain de la prospérité nationale #.
B. RICHESSE NATIONALE. — Parmi les moyens les plus propres à assurer la richesse de la République, nous retrouvons ceux déjà rencontrés chez les Napolitains et les Milanais : le commerce, l’industrie, l’agriculture.
I. Le Commerce. — À Venise, pour le commerce, nous sommes en présence d’une singularité analogue à celle signalée pour Milan quant à l’industrie. Dans cette cité, dont le négoce avait fait la puissance, peu d'écrivains s'occupent en effet du commerce. Tout au plus si Zanon lui réserve quelques chapitres 4 dans lesquels il semble se préoccuper surtout de questions politiques secondaires 5, — ou de considérations per-
1. Dell'utilità delle Accademie, chap. X (CuSroDI, p. m., tom. XIX, p. 367 et suiv.). Ce ne sont pas, au reste, à son avis, les seuls éléments du développement de la population. Il cite encore, partageant en cela l'opinion de Galiani et de Genovesi, la nécessité d’un bon gouvernement, la douceur de la justice, la sécurité, la liberté. (Dell incoraggimento dell'agricolt.…, lett. II) (CUSTODI, p. m., tom. XVIII,