‹ Gianmaria Ortés: Économiste Vénitien 1713-1790Chapitre 30 sur 155 · Supra, p. 37, note · texte numérisé non relu

Supra, p. 37, note

traite presque exclusivement de matières agricoles, s’intéressant même aux questions de détail, lorsqu'il préconise par exemple les amendements au sable marin! ou recommande la nourriture du bétail à l’étable?. Il aborde d’ailleurs les problèmes plus complexes et gros de conséquences pour l’époque, comme celui de la grande propriété. Il estime, pour sa part, que la meilleure règle est celle de la « modération » et de la « simplicité naturelle » 3; le meilleur stimulant, les récompenses aux bons travailleurs: la meilleure source de progrès, l'enseignement agricole #, les Atadémies ?.

1. Suipregi dell'asricolt., lett. II (CUSTOD1I, p.m., tom. XVIII, p.37). Cela se pratiquait beaucoup en Angleterre. Zanon est un grand admirateur de l'Angleterre [au point de vue agricole (lett. I) (ibid. p- 30). Aussi lui consacre-t-il presque exclusivement les lettres IT, III, IV.

2. Lett. IIT (Cusroptr, ibid., p. 53). Zanon, comme Filangieri, était en effet un adversaire du droit de parcours ou de vaine pâture (ibtid., P. 52). F

3. Dell'incoraggim! dell'agricolt., lett. II (CuSropt, tbrd., p. 292). Dans le Frioul surtout, la propriété était morcelée à l'infini et le «mal irrémédiable» (lett. 1) (Cusrop:, ibid. p. 274). — ÆCARARD . (Mémoire sur l'esprit de la législation pour l'agriculture, mém. de Berne, 1765, part. II, p. 225) et Muratort (Della pubblica felicita oggetto de’ buoni principi, chap. XV) partagent son opinion. Cf. supra, 2, p. 34 et note 5, l'opinion de Verri et de Beccaria sur la question.

4. Dell'utilità delle arti e manifait., lett. X précit. (CUSTODI, p. m tom. XVIII, p. 260); Dell’incoraggim. dell'agricolt., lett. IT précit. (ibid., p. 3071). Cf. supra, 2, p. 34, note 4, le sentiment de Beccaria.

5. Dell'utilità delle Accademie, chap. IV (Cusropi; p. m.,, tom. XIX, p. 206). Les Académies, d’après Zanon, seraient d'une utilité incontestable en matière d'Économie (chap. 1) (CUSToDI, ibid., p. 139 et suiv.). — La question des Académies était au reste, en Italie, au xvIrIe siècle, à peu près unanimement tranchée dans le sens de leur utilité. L'occasion s’en présentant, nous voudrions au moins indiquer que là encore Ortes se différenciait de ses contemporains.

Nous avons vu Beccaria (swpra, 2, p. 34 et note 4) tenir en grand estime les progrès qu’une Académie agricole pourrait assurer; Geno-e vesi, de son côté, préconisait une Académie des provinces. Ortes, ci contraire, se déclare hostile à ces Compagnies ; pour lui, rechercher l'accroissement des richesses ne signifie rien, en effet. On trouverait peut-être la cause — inavouée en ce qui concerne les Académies agri-

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Corniani, dans ses Discours sur la législation agricole, fait également l'éloge de l’agriculture. Comme Sully, il voit dans son plus grand progrès possible le critère de la félicité de l'État. Il s'élève contre le principe d’égalité absolue !, — inexistante naturellement ? et & fortiori dans la société, — nuisible à l'agriculture, Adversaire de l’égalité de richesse, 1l l’est encore davantage de la trop grande inégalité de répartition, néfaste elle aussi au progrès agricole, parce qu’entraînant forcément un manque du nécessaire 5. Et au nom de ce principe, il combat

coles — de cette opposition dans ce qu’il écrit touchant les Académies littéraires. Celles-ci n'auraient d'autre but que de célébrer «jusque dans leurs défauts » leurs bienfaiteurs (Delle scienze utili e delle dulett., chap. XXII) (Cusropt, tom. XLIX, suppl, p. 200). Or, d'après lui, comme nous l’indiquerons plus loin, les gouvernements n’entendent rien en Économie politique. De plus, à Venise, les Académies agricoles étaient sous la protection du Sénat; c'était donc bien plutôt l'influence gouvernementale que leur principe même que Ortes critiquait dans ces iastitutions. Lampertico (op. cit., 1, p. 75, ?n fine, et p. suiv.) s'attache précisément à montrer les progrès dus aux Académies italiennes et les problèmes par elles agités. Il convient toutefois de ne pas exagérer: Ortes n’était point ce partisan systématique de «fermer toutes les - Chambres, Députations, Offices et Académies ayant trait à l’agriculture, aux arts, au commerce» dont parle Filippo Neri (Lett. de F. Neri, Florence, 6 sept. 1777) (LAMPERTICO, op. cit., Append. II, p. 282); il reconnaissait en effet l'utilité des Académies, non pas peutêtre comme instrument d’accroissement économique particulier, mais comme un élément de distinction et de vulgarisation des recherches communes des particuliers (Lett. à F. Neri) (LAMPERTICO, op. cit., Append. II, p. 301).

1. Etil se déclare en cela adversaire des théories de Rousseau (Della legislaz.relativ. all’agricolt., Disc. IT,$ 11) (Custopt, p.m.,tom. XXXIX, p. 215) et de celles de Diderot, qui prend l'égalité comme base de son Code de la nature.

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