‹ Gianmaria Ortés: Économiste Vénitien 1713-1790Chapitre 41 sur 155 · Dans un sonnet à Zanotti, il espère qu'on dira de lui · texte numérisé non relu

Dans un sonnet à Zanotti, il espère qu'on dira de lui

«.… Non perchè dotto e facondo, Fu almen raro a’ suoi di perchè sincero. »

2. Lett. IX, précit. (CUSTODI, p. m., tom. XXIV, p. 357). Dans sa lettre au sujet des Fidéicommis, il écrit: «..….. inclinato per natura alla ricerca del vero... » (Custopi, p. m., tom. XXVII, p. 375.)

3. Lett. sulla Relig. e il Govern.…., lett. IV, précit. (CUSTODI, p. m.,

tom. XXV, p. 362.) Cr io non iscrivo per lusingare ma per disingannare. » (Lett.

XLVI, à Ciani, de Dolo, 24 juin 1785) (CUSTODI, p. m., tom. XXIV,

5. Cf. par exemple Errori popolari…. (CuSroDr, p.'m., tom. XXV, p. 6). — Leti. sulla Relig. e il Govern.… (ibid., p. 260).

6. Nous rappellerons à ce sujet que Ortes eut de nombreux démêlés avec la Censure: voir LAMPERTICO, op. cit., p. 114. Lire encore ce qu'il écrivait à Ciani à propos de ses Lettres sur la Religion, et le Gouvernement des peuples, lett. XII, Venise, 8 janv. 1780 (Cusropi, p. m., tom. XXIV, p. 365); aussi bien qu'au sujet des fidéicommis (lett. XXXIV, Venise, 3 janv. 1784) (CUSTODI, 2bid., p. 420). Voir également sa lettre VIT, au même, de Rome, 20 janvier 1778 (Cusropi, ibid., p. 351 et suiv.), où il malmène quelque peu le pape et le prélat « parzialissimo e molto riputato » qui lui avait été dépêché comme censeur. Ortes ne fut pas d’ailleurs le seul écrivain de son temps à se plaindre des ÆRevisori : cf., par exemple, à ce sujet, pour Verri, Bouvy, Le comte Pietro Verri, chap. f, $ 2, p. 14.

7. Au sujet de sa sincérité, voir encore Eyrori popolari…., Prefaz. (Cusropr, p. m., tom. XXV, p. 16); Lett. sulla Relig. e il Govern.…., létt. VIII, 27 janv. 1781 (CustoDt, p. m., tom. XXVI, p. 65).

LE MILIEU ET LE PERSONNAGE ds

Quant à la bonté de Ortes, elle éclate à chaque page de son œuvre. Il aime l'humanité quelle qu'elle soit !. I] veut croire et il croit à la droiture humaine ?. Les méchancetés ne sont pour lui que des erreurs qu’il faut pardonner 3. Il n’est pas de faute qu’il ne cherche bien à excuser, s’il ne peut absolument la justifier: «Où les autres supposent les hommes indociles, arrogants et têtus, je ne puis me résoudre à les considérer comme tels...5.» Nés pour s’entr'aider les uns les autres, il les voudrait meilleurs. Au lieu d’engager entre eux des luttes fratricides pour devenir plus puissants et plus riches, il les voudrait rivalisant d’émulation pour devenir plus justes, plus sages, plus raisonnables f. Son ardent désir serait de les voir s'aimer” comme il les aime lui-même®, le vrai bonheur ne pouvant être réalisé sans cette union et cette

. Econ. nazion., liv. IV, chap. XV (Cusropt, p. m., tom. XXII, p. 87 princip).

ACAUERE la natura umana non è imperfetta e viziosa in se stessa o dé, sua essenza.…..» (Lett. sulla Relig. e il Govern.…., lett. III, précit. (CtÉropt Dm ElomAEX\ Ep hs21): ect encore 2017 MP 0337 et 339.

3. Rifiessiont sulla Popolaz., chap. III (Cusropt, p:m., tom. XXIV, p. 32 et suiv.); chap. XII (sbid., p. 81 et suiv.); chap. XIII (2bid., p.83 et suiv.). — Voir encore Dei Fidecominessi, liv. IL, chap. XXIV (Cus- TODI.p . m., tom. XXVII, p. 363).

ARC Delle Scienze uit e delle dilett., chap. XX (CusropI, p. m., tom. XXIV,. p. 243).

"5. Lett. sulla Relig. e il Govern…, lett. XIII, 7 avril 1781 (Cus- HODTPMD:- m0. 6t0m.,. 2 XV, 221);

6. Tre lettere a Michele, Ciani, lett. IT, précit. (CUSTODI, p. m,., XXIII, p. 355).

7. «Caro Sig. Auditor, io vorrei che tutti gli uomini si amassero e fosser concordi.. » (Lett. XLIV, à Ciani, précit. (CusToDI, p. m,. tom. XXIV, p. 446).

8. Voir Lett. in propos. della Econ. nazion., lett. XXT, précit. (Cusroptr, tom. XLIX, suppl. p. 167). , à Marco Lastri, 9 août 1777 (Cusropt, p. m., tom. XKIIÏ, p. 176); Riftrssioni sulla Popolaz, chap. XX (Cusropr,, tom. XLIX, suppl. p. 182): Errori popolari…., axiom. III, 6 (CUSroDI, p. m., tom. XXV, p. 105).

affection préalables. Par bonté il embrasse la cause des faibles et des humbles, — qui, d’après lui, forment la partie la plus laborieuse et la plus innocente de la population ?; — il osé parler haut et fort aux puissants *, et ses apostrophes rappellent celles, véhémentes, de Filangieri invitant les TOIS à descendre de leur trône pour entrer dans les fosses des accusés, entendre leurs plaintes et leurs justes reproches.

Ortes ne se départit cependant jamais de la prudence instinctive des Vénitiens de vieille race. C’est même ce qui, à ” certains égards, ajoute encore à l'autorité de ses protestations.

Il sentit souvent, en effet, la nécessité d’atténuer d'un correctif, d’une restriction, l'audace un peu risquée de ses paroles. | Ainsi, après avoir montré les dangers qu'un gouvernement peut faire courir à la nation en matière d'économie nationale ?, il s'empresse d’ajouter que seules les nations «les plus rudes » ont à souffrir de cet état de choses 5. Quand il parle de politique, il a grand soin, pour n'être pas accusé d’en parler «avec trop de mépris et de discrédit »6, de spécifier exactement celle qu’il entend critiquer : la politique qui n’est qu'un art frivole 7. De telle sorte que la susceptibilité ombrageuse du

1. Lett. X, précit., à Ciani (CuSTODI, p. m., tom. XXIV, p. 360). Cf. encore infra, C, p. 78 et note 6.

2. Evrori popolari…, axiom. VII, 7 (CuSTopt, p. m., tom. XXV, p:231):

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