‹ Gianmaria Ortés: Économiste Vénitien 1713-1790Chapitre 44 sur 155 · Tbid., p · texte numérisé non relu

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Nous signalerons enfin, chez Ortes, son amour profond pour sa patrie, au moment où, chez les descendants fatigués des

anciens pirates, le patriotisme n’est plus guère qu'une frénésie

de luxe, une morgue d’enrichis.

Pénétré de la beauté de sa ville, de la grandeur de son passé, de sa gloire évanouie, — qui la lui rendait peut-être plus chère encore, — fier de sa splendeur présente qui flattait au moins sa vanité d'artiste, il laisse éclater, dans l'intérêt de la République qu’il voudrait voir revivre les fastes disparus, des préférences politiques ! telles que ses détracteurs euxe mêmes ont reconnu qu'il lui fallait un beau courage pour

ainsi mépriser les plombs ?.

Un dernier trait achèvera de le faire connaître : sa force d'âme devant la mort. | È

Ortes, de santé précaire, devait, plus que tout autre, avoir présente à l'esprit l’idée de sa fin. Il n’y prêta cependant jamais grande attention. Nourri de la philosophie la plus élevée, éclairé sur les joies et les vicissitudes de la vie, ne don nant aux unes et aux autres plus de pensées que n’en compor tait la vérification de leurs causes, sa mort prochaine ne retint pas plus son attention que les choses les plus éloignées et les plus futiles. « Tout doit avoir un commencement et une fin, — écrivait-il à Michele Ciani, l’ami des bons et des mauvais jours, — et le sage doit s’accoutumer à la mort et l'accueillir avec indifférence, persuadé de l’existence d’une Providence immuable et éternelle 3. » Cette tranquille résignation, qu'il

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