nfra, Cp. 82/et Suiv
2. PEeccxio, Storia dell’ Economia politica in Italia (trad. Gallois), p. 269, princip. — Cf. supra, I, p. 48.
3. Tre'lett. a Michele Ciani, lett. IT, précit. (CUSTODI, p. m, tom. XXIII, p. 357, in fine, et 358, princip.).
tenait autant de ses fortes qualités morales que de sa foi religieuse, on la retrouve, huit ans après, exprimée dans une autre lettre, « il sera de moi ce dont la Providence éternelle aura disposé. » Il sut en effet mourir comme 1l avait vécu, avec une dignité fière qui n’est pas sans grandeur.
Tel fut, d’après les plus saillantes caractéristiques de son esprit et de son cœur, cet homme singulier et attachant.
C. SON ŒUVRE EXTRA-ÉCONOMIQUE. — Tour à tour clair et confus, précis et obscur, heureux par de belles périodes, des traits de véritable génie, une divination parfois surprenante des besoins futurs, l'ampleur de ses vues, en même temps que fastidieux souvent par la lenteur de son raisonnement, la froideur de ses démonstrations toutes mathématiques, Ortes représente dans sa complexité extrême, attrayante et bizarre, l’esprit fantaisiste et varié à l'infini de l'Italie de son époque ?.
Avide d'apprendre, constamment en quête de nouveau, il a mis une sorte de coquetterie à donner un démenti à ses théories philosophiques sur la négativité des connaissances humaines *. | :
Rien ne lui fut pour ainsi dire étranger. Il s’appliqua aux genres les plus divers‘ avec un bonheur inégal, il est vrai,
. «Jo per non mi ci confondo, e sarà di me quel che ba disposto la Bouvidénse eterna. » (Lett. LIII, à Ciani, de Venise, 9 décembre 1786) (Cusropi, p. m., tom. XXIV, p. 467).
2. «In qualche modo egli sembrami arieggiare il suo secolo cie quasi senza accorgersi, andava vestendosi a nuovo, mentre tuttavia teneasi stretti di sopra i vecchi cenci, » écrit LAMPERTICO à son sujet (op. cit., proemio, p. 29).
3: Delle scienze utili e delle dilett., chap. III (Cusropt, p. m., tom. XXIV, p. 137); chap. VIII (ibid., p. 167); chap. XKXX (ibid., p. 254).
4. Voir, par exemple, Bibliographie, I, À, 2nfra, p. 241 et 242.
74 GIAMMARIA ORTES
ce qui lui valut d’être cité tantôt comme un intellectuel haut
et puissant, tantôt comme un écrivain lourd et diffus. Il est tout à la fois mathématicien de grande valeur ; philosophe profond; moraliste rigoureux; pédagogue averti; psychologue pénétrant autant que physiologiste éclairé; politique épris de liberté... et contradictoire; démographe original, légiste, historien, physicien, musicien, poète. Mais il mérite mieux que cette sèche énumération. Aussi allons-nous préciser, au jour de son œuvre même, l'importance de son apport dans les divers domaines où sa pensée s’exerça. -
Mathématiques. — A Pise, sous la direction de Guido Grandi
qui le prit en amitié!, — et dont il devait plus tard, avec un
zèle pieux de disciple, publier la vie et défendre les travaux?, — Ortes s’adonna aux mathématiques. Avec un tel maître il ne pouvait manquer de se passionner pour les fortes études entreprises, avec l’espoir caressé mais jamais réalisé de succéder un jour à Bernardino Zendrini comme mathématicien de la République.
Galilée, dont il ferait pour un peu le type du surhomme *, devient alors son modèle, et il se révèle tellement pénétré de sciences exactes qu’à diverses reprises Algarotti pouvait lui écrire sans ironie: « Vous, à la langue et au cœur pleins de
1. Il lui dicta notamment un cours de géométrie, un d’algèbre, deux de mécanique. ;
2. Vita del P. Guido Grandi, abbate Camaldolese. .Ortes reçut à cette occasion des félicitations unanimes — de la Bassi, de Scipione Maïfei, de Muratori. Son ami Bianconi lui écrivit même d'Allemagne et, après l'avoir complimenté, lui reprocha de n’avoir pas voulu mettre son nom au bas de l'ouvrage.
3. Il en parle très souvent dans son œuvre. Cf., par exemple, Delle scienze utili e delle dilett., chap. XII (Cusropr, p. m, tom. XXIV, p. 192); chap. XIV (ibid, p. 205, princip.); chap. XVI (Cusropi, tom. XLIX, suppl, p. 259, 260). — Eyrori popolari…, Prefaz. (Cus- TODI, pm. tom. XX N/4p. (18). at
géométrie !. » Ses adversaires eux-mêmes le tenaient pour un mathématicien de grande valeur ?. La géométrie lui apparaît comme la pierre angulaire de toute connaissance ?: son application nullement difficile, contrairement à ce que l’on croit d'ordinaire #, son utilité incontestable 5... même en amour®! Et l'influence de ses travaux sur son esprit fut considérable.
Alors, par exemple, que tout le monde ne s'occupe du jeu que pour le plaisir, il y voit une simple application du calcul des probabilités et publie son opuscule sur la Bassette et le Pharaon”. C'est également à cette sorte d’empreinte qu'il doit la méthode rigide et minutieuse caractéristique de ses méditations et de ses œuvres 8. De:là encore cette tendance parfois excessive à se plonger, au cours de ses écrits, dans
1. «Voi, amico carissimo, pien di geometria la lingua e il petto... » (Lett. III, d’Algarotti à Ortes, de Sagan, 18 octobre 1750) (Cusropt, p. m., tom: XXIV, p. 336.)
2. Cf. notamment Annotaz. degli Errori popol., annotaz. IL (Cus-
-TODI, p. m., tom. XXV, p. 251).
3. Delle scienze utili e delle dilett., chap. XVI (Cusropr, tom. XLIX, Suppl. p. 260, in fine, et 261). — Voir encore Annotaz. degli Errori bopol.…., annotaz: TI (CustoDI, p. m., tom. XXV, p. 237). — Cf. également la note suivante et chap. Il, Sir, B, infra, 3, p. 110 et suiv.
4. (Caro sig. Auditore, la geometria applicata all’Economia nazionale e a ogni altra specie di affari pratici à cosa invero utile e necessaria, ma la difficoltà non istà nell’applicarla,.…» (Lett. XLIX, de Venise, 14 Janvier 1786) (Cusrtopr, p. m., tom. XXIV, p. 456.)
5. Annotaz. degli Errori popol……., annotaz. II (Cusropi, p. m,
tom. XXV, p. 251 et 252). — Cf. encore Eyrori popolari…, Prefaz. (Cusropi, 2bid., p. 9 et suiv.).
6. LAMBERTICO, 0p. cit. p. 36. — Voir aussi l’anecdote qu'il conte
dans une de ses lettres à Algarotti, lett. II (CUSTODI, p. m., tom. XXIV, p. 329 et 330).