GIL BLAS, LUIS GARCIAS
GARCIAS Seigneur, je suis exact...
GIL BLAS Exact,
GARCIAS
... En vous repose
Mon espoir.
Je sais... Vous avez...
GARCIAS, lui tendant un rouleau.
,, . ., Voicila chose :
J ai copie pour vous selon votre désir Un poème de Lope où j'ai mis à loisir Mon art le plus fini de parfait calligraphe, J'en ai soigné les pleins et moulé le paraphe; Et, pourtant, — excusez mon indiscrétion, ^ Je ne vois pas le but de la transcription. On a médit de moi par ruse et par envie Auprès de Monseigneur qui, par erreur, s'y fie : Mais c'est méchanceté toute pure et je suis Innocent de ma faute autant que je le puis. Je prétends le prouver...
,,..., j, , , C'est évident, sans doute. Mais il faudra d abord que Monseigneur écoute. Or, il est très monté contre vous pour l'instant-* Il vaut mieux l'apaiser que le convaincre et tant Que nous lui connaîtrons ce sentiment peu tendre On pourra le flatter mais non s'en faire entendre- Laissez-moi donc ceci : c'est le meilleur moyen ' De vous montrer à lui comme un homme de bien
lo GIL BLAS CHEZ MONSEIGNEUR
GARCIAS
J'ai confiance en vous : on sait votre influence... Et vous pouvez compter sur ma reconnaissance.
GIL BLAS J'y compte, cher ami!
GARCIAS
Cela me sera doux...
GIL BLAS, coupant court.
Ne vous éloignez pas, j'aurai besoin de vous...
GARCIAS, prêt à sortir.
Là dans la galerie...
GII. BLAS
A tantôt !
{Gil Blas suit des yeux don Luis Gardas qui sort à gauche premier plan, puis il va s'asseoir à la table de travail. Il range quelques papiers, s'arrête et s'accoude un moment. Il n'entend pas venir Melchior de la Ronda, à droite.)