‹ Gil Blas. IntrodChapitre 161 sur 277 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

de me promener, et tantôt assis dans un cabinet de verdure qui était au bout du jardin. L'heure enfin que j'attendais depuis si longtemps, minuit, sonna. Quelques instants après, Ortiz, aussi ponctuelle mais moins impatiente que moi, parut. « Seigneur Gil Blas, me dit-elle en m'abordant, combien y a-t-il que vous êtes ici ? — Deux heures, lui répondisje. — Ah! vraiment, reprit-elle en faisant un éclat de rire à mes dépens, vous êtes bien exact : c'est un plaisir de vous donner des rendez-vous la nuit. Il est vrai, continua-t-elle d'un air sérieux, que vous ne sauriez trop payer le bonheur que j'ai à vous annoncer. Ma maîtresse veut avoir un entretien particulier avec vous, et elle m'a ordonné de vous introduire dans son appartement, où elle vous attend. Je ne vous en dirai pas davantage, le reste est un secret que vous ne devez apprendre que de sa propre bouche. Suivez-moi ; je vais vous conduire. » A ces iÇLOts, la duègne me prit la main ; et, par une petite porte dont elle avait la clef, elle me mena mystérieusement dans la chambre de sa maîtresse.

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