‹ Gil Blas. IntrodChapitre 218 sur 277 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

remplissez de douleur ; chaque moment que vous y demeurez augmente mes peines. — Je ne résiste plus, madame, repartis- je en me relevant ; il faut m'éloigner de vous ; mais ne pensez pas que, soigneux de conserver une vie qui vous est odieuse, j'aille chercher un asile où je puisse être en sûreté. Non, non, je me dévoue à votre ressentiment. Je vais attendre avec impatience à Tolède le destin que vous me préparez ; et, me livrant à vos poursuites, j'avancerai moi-même la fin de mes malheurs. »

« Je me retirai en achevant ces paroles. On me donna mon cheval et je me rendis à Tolède, où je demeurai huit jours, et où véritablement je pris si peu de soin de me cacher, que je ne sais comment / je n'ai point été arrêté ; car je ne puis croire que le comte de Polan, qui ne songe qu'à me fermer tous les passages, n'ait pas jugé que je pouvais passer par Tolède. Enfin je sortis hier de cette ville, où il semblait que je m'ennuyasse d'être en liberté ; et, sans tenir de route assurée, je suis venu jusqu'à cet ermitage, comme un homme qui n'aurait rien eu à craindre.* Voilà, mon père, ce qui m'occupe. Je vous prie de m'aider de vos conseils. »

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