‹ GilBlas operacomique en cinq actesChapitre 31 sur 92 · DON VINCENT, GIL-BLAS, AURORE · texte numérisé non relu

DON VINCENT, GIL-BLAS, AURORE

DON VINCENT

Va! va! je retrouver, u ma canne! C’est ce coquin-là qui m’a mis dans l'état où je suis.

Videz ce flacon de malaga, seigneur, et il n’y paraîtra plus.

AURORE

Prenez une aile de cette volaille, mon oncle, et vous ne songerez plus à être malade.

DON VINCENT, s'asseyant.

Le fait est que la vue de ce plateau me donne un appétit de tous les diables !

Quand je vous le disais...

AURORE, servant don Vincent.

Mangez, mon oncle !

GIL-BLAS, lui servaut à boire.

Buvez, seigneur.

DON VINCENT

Allons! je m’abandonne à vous!

tiacclms est le vrai médecin,

Il vaut bien le dieu d'Épidaure !

Buvez, Seigneur! buvez encore!

Nargue de l’eau, vive le vin !

ENSEMBLE

AURORE

Buvez, seigneur! buvez encore!

Nargue de l’eau ! vive le vin !

DON VINCENT

Buvons toujours! buvons encore!

Nargue de l’eau! vive le vin!

S'il faut de l’eau claire au poisson Pour vivre.

Notre espèce d’autre façon S’enivre.

Qu’Uippocrate sur nos banquets

Clabaude,

Mais no soyons pas des baquets D’eau chaude.

Dacchus est le vrai médecin,

11 vaut bien le dieu d’Épidaure!

Buvez, seigneur! buvez encore!

Nargue de l’eau! vive le vin !

ENSEMBLE

Al'RORE.

Buvez, seigneur! buvez encore!

Nargue de l’eau! vive le vin!

DON VINCENT

Buvons toujours! buvons encore!

Nargue de l'eau! vive le vin!

(parlé.) Au diable la maladie, et buvons 1

C’est dans l'eau que la bonne humeur Se noie.

Et le vin donne au franc buveur La joie.

L’amour contre les buveurs d’eau S’indigne,

Et se cache sous un berceau De vigne.

Bacchus est le vrai médecin,

Et vaut bien le dieu d’Épidaure!

f Buvez seigneur! buvez encore!

Nargue de l'eau! vive le vin!

ENSEM BLE

AUBORE.

Buvez, seigneur! buvez encore!

Nargue de l’eau! vive le vin!

DON VINCENT

Buvons toujours! buvons encore!

Nargue de l'eau ! vive le vin !

DON VINCENT, se levant S moitié gris.

Vive Dieu ! tu es un grand médecin, Gil-Blas! et tu chantes comme un ange ! Mes membres se dégourdissent ! la chaleur circule dans mes veines! je suis guéri! Embrasse-moi, cher ami! je t’aime comme mon propre neveu comme mou gredin de neveu ! ('/est singulier, je me sens encore vert comme à vingt ans! Tu avais raison de dire que l’auiour se cache sous un berceau de vigne, mon enfant! il me semble que je suis déjà sous les pampres et qu'il me lance toutes les flèches de son carquois!

Modérez-vous, seigneur! votre nièce est là !

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