‹ GilBlas operacomique en cinq actesChapitre 46 sur 92 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

GIL-BLAS, entrant. Costume de petit-maître : le manteau sur l'épaule et l’épée

au côté.

Je vous suivrais au bout de la teri'e !

LÉONARDE

Nous n’irons pas si loin... C’est ici qu’on vous attend.

Ici ! 6 charmante duègne ! (n lui jette ses bras autour du cou.)

LÉOtSARDE.

Modérez vos transports ! (Le repoussant doucement.) Vous me paraissez un seigneur de la cour?

GIL-BLAS, pirouettant.

Vous ne vous trompez pas, ma mie : je suis, sans vanité, des plus grandes maisons d’Espagne.

LÉONARDE, l’examinant.

C’est surprenant!... 11 me semble reconnaître...

GII.-BLAS.

Avez-vous entendu parler du seigneur don Cléophas, neveu du noble don Vincent?

LÈONARDE, allumant des bougies.

Je le connais beaucoup.

GIL-BLAS, troublé.

Ah!.... (se remettant.) Eh bien, ma chère, vous connaissez un seigneur... que... je connais aussi. Je suis de sa maison. Puisqu’il faut vous le dire... son aïeul épousa la belle-sœur d’un oncle de mon père ; nous sommes, comme vous voyez, assez proches parents... Je m’appelle don César, je suis fils unique de l’illustre Pompeyo de Ribeira, qui fut tué il y a quinze ans dans une bataille qui se donna sur les frontières du Portugal. Je vous ferais bien un détail de l’action, elle fut diablement vive, mais ce serait perdre des moments précieux que l’amour veut que j’emploie plus agréablement.

LÉONARDE, à part.

C’est bien lui !... c’est le charmant petit jeune homme qui me... déroba ma clef, (soupirant.) Ah !

Plaît-il?

LÉONARDE, rivement.

Rien ! (a part.) Ne nous trahissons pas !

Eh ! mais j’ai déjà vu cette vieille-là quelque part !

LÉONARDE, à part.

Il m’examine ! (Haut.) Je vais chercher ma maîtresse.

GIL-BLAS, l’arrêtant.

Un moment !

LÉONARDE, à part.

Je suis perdue !..

Encore un mot.

LfcONAHDE.

A quoi bon?"

Ne puis-je savoir...

LÉON AUDE

On m’a défendu de parler. (Elle sort rapidement.)

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