‹ Gillette de Narbonne; opéra-comique en trois actes. Paroles de Henri Chivot et Alfred DuruChapitre 66 sur 100 · SCENE XVI · texte numérisé non relu

SCENE XVI

ROGER, GILLETTE

ROGER, seul.

Il rit... Est-ce que par hasard il dirait vrai?... Serais-je bafoué?... Gérard n'aurait-il réussi qu'à me rendre ridicule et à assurer le succès de mon rival?... Moi qui, jusqu'à présent, n'ai jamais éprouvé la moindre défaite, je serais joué par un simple jouvenceau !... Mordious! ce serait humiliant!... Ah! il faut que j'en aie le cœur net... (n va au

pavillon et frappe doucement à la porte en appelant à demi-voix.) Rosita... Rosita... (Écoutant.) J'entends des pas... (Voyant paraître Gillette sous des habits de femme semblables à <;eux de

Rosita.) C'est elle!... allons, le petit lieutenant avait raison.

GILLETTE, la tête enveloppée dans un voile de dentelle, avançant â tâtons et parlant à mi-voix.

Qui est là?

ROGER, s'approchant.

Moi, Roger... Est-ce vous, charmante Rosita?

GILLETTE, d'une voix, étouffée.

Oui... parlons bas...

ROGER

Oh! merci, merci d'être venue...

Àh! comte, qu'allez-vous penser de moi?

ROGER

Ce que j'en pense? mais que vous êtes la plus délicieuse de toutes les femmes et que je vous adore.

Vous avez dit cela à tant d'autres...

ROGER

Des lèvres seulement... mais, cette fois, c'est mon cœur qui parle... (L'entourant de ses bras.) Je vous le jure, ù ma Rosita...

GILLETTE, se dégageant.

Doucement... doucement .. Je ne croirai à vos serments que si vous me donnez un gage éclatant de votre amour.

ROGER

Un gage... Tout ce que je possède n'est-il pas à vous? Parlez, Rosita, qu'exi^ez-vous de moi?

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