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Gingolph l'abandonné

Sur la grève d'Equihen, vingt hommes, Tépaule appuyée à la coque du bateau, les reins tendus, les orteils enfoncés dans le sable, poussaient un bateau qui allait prendre la mer. Le patron commandait la manœuvre : « Han I ha! — han ! ha! » Chacun donnait son effort, et la Mouette, glissant sur les rouleaux, avançait d'une demi-longueur- Il y avait là quelques hommes du bord ; les autres étaient des pêcheurs d'Equihen, compagnons habitués à s'entr'aider et venus à l'appel : tous, bâtis massivement, de taille haute, ils avaient le teint vif, le bord des paupières rouge, l'ourlet des oreilles écaillé, les lèvres gercées, à cause

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du sel, du vent et de l'eau-de-vie. Aucun d'eux ne semblait avoir dépassé la quarantaine. Deux douaniers, grisonnants, regardaient travailler les marins. Et autour de ce groupe serré, c'était la solitude : en avant, la mer; partout ailleurs, la plage montante, encore nivelée et lisse du dernier jusant. Quelle longue plage au nord et au sud, et droite, sans un abri, sans une digue, sans .un pieu fiché en terre et mesurant l'étendue 1 Du côté du sud, elle semblait même illimitée. Elle s'en allait, comme une route, diminuant peu à peu, bordée de dunes plus claires encore que le sable mouillé, et ensemble, les collines et la plage, elles s'enfonçaient dans les brumes, et s'y perdaient. Un brouillard 'blond et tenace efîaçait les limites entre la mer, le sable et le ciel. A peine apercevait-on, au travers, le toit de quelques villas d'Hardelot, d'un rose pâli. Par là venait le vent, gonflant des nuées qui passaient, lenteo, successives, mouillant les visages. Et il n'y avait d'autre bruit qu'un murmure très faible, la mer étant calme. En arrière seulement, vers l'est, on pouvait voir, gisant sur son fond plat, un second « flobart » d'Equihen, tout pareil à la Mouette, la Reine-Marie, dont l'ancre était enfoncée dans la grève, et bien au delà la falaise de

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glaise herbue, ardue, qui fait suite aux dunes, et défend, tout du long, le rivage du Boulonnais, mais qui commence par porter, alignées sur son premier sommet, les maisons du village d'Equihen. Les hommes, ayant amené la Mouette iusqu'h cinquante mètres de la mer montante, s'arrêtèrent un moment, et l'un dit :

— Voilà un mousse qui rapplique ; c'est pas le nôtre : c'est le petit Gingolph, à mon avis, qui revient de prendre des vers de vase, proche du ruisseau de Becque.

Et quand le petit fut près de la Mouette, la même voix reprit :

— Fais voir la boette?

— J'en ai bien deux livres, dit le gars : mais c'est pas pour vous.

Il avait le visage rond, et des yeux verts, de la couleur du détroit, où il y a toujours du sable qui remue. Il ne portait ni chapeau, ni souliers, ni sabots. En parlant, il déposait sur le sable la bourriche d'osier rouge. Plusieurs marins quittèrent leur place de poussée pour examiner les vers poilus, grouillant au fond du panier, entre deux morceaux de toile à voile.

— Voilà de quoi boëtter bien des cordes à merlans. Combien veux-tu dé ta pèche?

— Elle est promise. Nous autres, on ne parc pas ce soir, on fait la veillée de Noël !

Le mousse regarda la Reine-Maine échouée sur la plage, un peu plus loin, et il eut un sourire d'orgueil, comme si son bateau n'avait pas eu de rival dans le monde. Les hommes ne s'étaient dérangés que pour se donner un prétexte à boire. De la poche de sa vareuse, un des anciens tira un litre d'eau-de-vie blanche, but une gorgée, une autre, une autre, passa la paume de la main, en tournant, sur le bord du goulot, et dit à. Gingolph : « Tu prendras bien une goutte? » D'un signe de tête, l'enfant répondit oui. Flatté delà politesse, il avala ses trois gorgées, bien comptées, séparées par une expiration bruyante, il eut un sourire qui était de vanité plus que de plaisir, et tendit le litre à un marin, en tricot bleu, qui avait le regard vague des alcooliques, et qui s'était placé devant lui, tout près, pour être le premier à boire après Gingolph. En même temps, par derrière, une main s'abattit sur l'épaule du mousse.

— Va faire ta Noël, sacré mousse, et ne bois pas comme ça : tu es trop jeune pour l'eau-devie!

La voix était basse, rude, enrouée; l'homme taillé en rectangle, également épais du haut en

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bas. Il avait le visage couleur de brique, un nez court, un front bas, de petits yeux dont l'expression ne mollissait jamais. Quant au menton, solide et vêtu de graisse, on ne le voyait guère, à cause du collier de barbe, à l'ancienne mode, qui cachait le cou et le bas de la mâchoire. Le nouveau venu était revêtu d'un complet de toile cirée, qui achevait de le rendre semblable à un paquet.

— Qui est-ce qui prétend voler la boette de l'enfant? Qu'il se déclare I

Il levait au-dessus des marins rassemblés son masque modelé par la colère et durci par le sang. Il étudiait les visages, comme un capitaine qui passe la revue, pour voir si on ne riait pas. C'était Jean Lamirand, le père de mousse de Gingolph, celui qui, d'après l'usage et moyennant trente francs par mois, veillait sur l'orphelin et lui donnait quelques leçons pratiques. Les hommes savaient que Lamirand ne possédait pas, en ce moment, tout son esprit. Un ancien, que rongeait quelque mal intérieur, un maigre pêcheur, aux joues de poisson, transparentes, apaisa le père de mousse.

— Ne te fâche pas. T'as pas compris : on plaisantait.

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— C'est bon. Le ver qu'a pris Gingolph esta lui. Qu'on n'y touche pas !

Il adoucit sa voix et reprit :

— Alors, petit, va faire ta Noël!

En disant cela, il levait son bras, qui ressemblait, dans son étui ciré, à une poutre, et il l'abattait sur l'épaule de Gingolph.

A ce mot de Noël, plusieurs, parmi les hommes rassemblés, eurent une expression jeune et rapide, comme en ont les terres côtières, quand la rayée d'un phare passe sur elles. Des souvenirs, des images traversèrent leur esprit, et déplissèrent leurs lèvres fendues. Rien ne changea dans la physionomie de Lamirand, aucune pensée ne renouvela ses yeux. Seulement, il eut l'air de reconnaître, par-dessus l'épaule des compagnons, quelque chose, une maison peut-être, au ras de la falaise d'Equihen.

Ce fut la voix qui changea et mollit un peu, quand il dit :

— Va, mon petit.

Gingolph n'attendit pas. Il prit à terre sa bourriche, fit un saut, retomba sur le sable, et se mit à courir, en remontant la plage, et il relevait le pied si haut en arrière, après chaque foulée, que le talon touchait le fond de sa culotte.

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— Encore dix brasses pour la Mouette! dit quelqu'un.

L'ahan recommença. La coque goudronnée coula encore, sortit de ses rouleaux, et engagea son avant dans la grève. L'eau n'était pas à plus de vingt mètres. Elle répondait à sa manière et venait à la rencontre, battant la plage de ses vagues qui s'effondraient, s'étalaient en virant, et, de la pointe de l'éventail, à chaque effort, gagnaient sur la terre. Alors la plupart des marins se retirèrent, et revinrent sans se presser vers le bourg. Seuls les sept hommes de la Mouette embarquèrent. Le patron, le premier, empoigna la corde qui pendait le long de la coque, se souleva, tous les nerfs des poignets tendus, et, appuyant les pieds sur le ventre de la Mouette, marcha sur cette muraille à pic.

Parvenu en haut, il se dressa debout sur le bord, se baissa, lâcha la corde, et disparut dans l'intérieur. Les compagnons en firent autant. Bientôt la plage redevint déserte, et le vent fut le maître entre les falaises et la mer.

Gingolph avait eu le temps d'escalader la rampe qui est rude, et de courir jusque chez lui. Il habitait au commencement du village, mais non point à la crête, un peu à l'écart, dans lés terres vagues. Ce

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qu'il nommait « chez moi » n'était pas même une maison, mais une coque de bateau renversée, posée sur quatre murets de terre et de pierre. Quand il entra, la mère, la veuve Lobez, — que le mari, mort en mer, avait laissée avec six enfants, — donnait le sein au dernier, un petit gars infirme. Elle était seule. Gingolph dit :

— Il n'est pas bien tard; v'ià le soleil qui meurt : j'ai le temps d'aller à Boulogne.

— Qu'y feras-tu?

— Je chanterai : au guénel, guénel! Et je gagnerai bien quelques sous, m'man.

La mère avait une admiration pour ce fils d'un peu plus de treize ans, qui ne savait qu'inventer pour lutter contre la misère, et qui « se jetait à tout », comme elle disait. Elle releva le genou, sur lequel reposait la tête, molle comme un morceau de raie, du petit Désiré, et elle répondit :

— Tu ne pourras plus chanter au guénel l'année prochaine, mon fieu, te voilà trop grand. Va donc : il y a besoin, chez nous. Mais rentre pour la messe de minuit!

— Ayez pas peur, m'man !

— N'entre pas dans les cabarets !

— Ayez pas peurl

— Tombe pas dans le port qu'est si profond!

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— Je nage comme un hareng ! Mais il me faut le lanternon.

Le nourrisson s'agitait et cherchait à lever la tête pour mieux saisir le sein. Elle baissa la poitrine et elle contemplait ce deux fois pauvre, avec son sourire de veuve qui est toujours bridé, puis, voyant que l'enfant s'était remis à téter, elle indiqua, du doigt lentement étendu, une ancienne caisse à chicorée, où elle serrait la provision de légumes. Gingolph se baissa, prit une grosse betterave jaune, qu'il avait arrachée dans un champ, et se sauva.

Le voici qui a traversé le long village d'Equihen, composé de plusieurs morceaux de rue, un sur la côte, un dans le creux, un autre sur la seconde côte, et de quelques villas de Parisiens, closes parmi les maisons vivantes. Il a passé devant l'avenue qui conduit à l'église, il a suivi la grand'route qui s'écarte de la pointe d'Alprech, et il va vite, sur le plateau tout nu qui portera des champs de blé en été. Mais à présent, veille de Noël, ce ne sont que des guérets à perte de vue sur la droite ; quant à la bordure de gauche, Gingolph la connaît bien, et c'est par là qu'il regarde quand il en a le temps. Il voit, au delà des prairies et de quelques labours, le détroit sablonneux et bourru,

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un vapeur lointain gagnant la mer du Nord, et déjà sans doute rendu vers le Gris-Nez, une fumée qui vient d'Angleterre, et deux dundees, bien gréés, que Gingolph peut nommer par leur nom, et qui vont vent arrière, passant à trois milles de la côte. Tout de même, la mer est plus déserte que d'habitude : les hommes d'Equihen, du Portel, de Boulogne ont de la religion; ils aiment, ce soir-là, veiller et aller aux offices avec les femmes, excepté, cela va de soi, ceux qui naviguent trop loin, sur les chalutiers. Le mousse fait ces petites réflexions ; il n'a pas l'esprit bien occupé; mais, de ses deux mains, il travaille sans relâche. Avec la pointe de son couteau, il creuse dans la chair de la grosse betterave ; il amincit les parois, et, tout en marchant vite, soigne son travail comme un maître tourneur, sans donner un coup de travers. Le couteau des enfants est un outil universel. Celui de Gingolph sert à détacher les moules et les coquillages des rochers, à éventrer le poisson pour le repas de l'équipage, — car il aide Lamirand à faire la cuisine, et prépare avec lui « la chaudière » ; — en été, il coupe les brins de sureau dont on fabrique des pistolets bon marché, des tiges de blé d'où l'on tire un son de flûte ; il taille la soupe, chaque fois que Gin-

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golpli est à terre, dans la maison où il est l'aîné des enfants.

C'est un chemin assez long, celui qui va d'Equihen à Boulogne. Après les dernières maisons la route s'infléchit à droite, et s'en va gagner Boulogne par le faubourg d'Outreau, à moins qu'on ne préfère, à mi-distance à peu près, revenir vers les falaises, traverser le gros bourg dp Portel, et arriver à la ville par Y Ave Maria. Gingolph n'hésita pas : on quitte la mer le moins qu'on peut. La lumière commençait à s'embrumer, mais le soleil n'était pas encore couché. Dans toutes ces régions commandées par la mer froide, le brouillard avale les rayons plus d'une heure avant que le soleil ne se cache; il se colore diffusément; la terre est éclairée par une lumière de veilleuse, et les bêtes commencent à gagner l'abri, dès trois heures et demie de l'aprèsmidi. Il était plus de quatre heures quand Gingolph passa au Portel, oi^i il avait de la parenté. Derrière les vitres closes, et derrière le pot de géranium qui veille là, perdant ses feuilles et misérant, plusieurs têtes de femmes, serrées dans la cornette blanche, des femmes aux yeux noirs, doux et longs, toutes pareilles, firent signe : (( Tiens, c'est Gingolph! Le mousse de la Reine-

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Maine! Entre, petit, et viens boire le café! » Mais il répondait gaiement, avec sa main qui tenait la betterave : <( On va })lus loin, merci, ma tante! merci, ma cousine! » Elles comprenaient, elles redevenaient graves, tout de suite. Et Gingolph a parcouru ainsi la rue principale de ce Portel qui est, au contraire d'Equihen, tout bâti et serré dans la fente d'une falaise, protégé contre le vent du sud, de l'est et du nord, ouvert seulement du côté de l'ouest. Gros nid de pêcheurs : les Lobez y ont de la parenté, ils y sont estimés et pris en pitié. Le vent souffle, avec le soir qui tombe.

Lorsque Gingolph arrive à VAve Maina, à la crête du plateau coupé par le passage de la Liane, il voit devant lui toute la ville étendue, et les premières fenêtres illuminées. La grande nuit était venue. Cependant la rumeur des voitures et des tramways, et celle des voix, le claquement des pieds chaussés de patins, toute la parole confuse de la ville ne s'apaisait pas, au contraire, parce que c'était l'heure où le travail lâche à travers les rues une partie de son monde. Le petit descendit la rue du Parc, qui est de pente si vive et qui tombe, à angle aigu, dans la rue Yvart. Au moment où il tournait et suivait la route en lacet qui

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raye les terres nues, des femmes, en troupes, montant vers le Portcl, passèrent. C'étaient des ouvrières qui sortaient des maisons d'armement pour la pêche ; elles causaient à demi-voix, et d'un geste habituel, sans y songer, elles frappaient, ici ou là, un pli de leur jupe noire ou brune, qui devait être poudrée par la poussière des filets ou les déchets de chanvre et de coton. Elles n'avaient pas pris le tramway, par économie, tandis que les hommes souvent, pour retourner au Portel, ne regardent pas à la dépense. Deux ou trois, des mères qui avaient des enfants de cet âge, saluèrent Gingolph d'un signe de tête, avec une aménité grave. Elles montaient la côte au pas robuste et régulier des montagnards. Une demidouzaine de jeunes filles les suivaient, et, comme elles montaient plus légèrement que les femmes, et faisant baller leur jupe courte, le jeune gars s'arrêta un moment. Toutes les six avaient les yeux sur lui, mais combien différents d'expression, d'amitié et de langage! Une seule l'intéressait, une seule avait, dans ses yeux bruns, tout son cœur doux et sage : Marie, qui était la troisième de la bande, du côté où il se trouvait. On avait joué plus d'une fois ensemble. On avait couru sur la grève d'Equihen. Elle n'était pas

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bien grande, cette Marie, pas bien large d'épaules : mais on ne pouvait voir son visage sans désirer d'elle un signe d'amitié. Serrée dans son châle noir à fleurs vertes, qu'elle avait jeté sur sa tête et sur ses épaules, les cheveux cachés, le cou même invisible, sauf une petite pointe, elle ressemblait à un secret bien gardé. Cette petite avait un entrain incroyable au jeu, et, sur la plage, il fallait la regarder courir, jamais lasse. Mais si la mère apparaissait sur la falaise, et levait lé bras, car la voix ne parvenait point à de si grandes distances, Marie poussait un grand soupir, devenait sage déplorablement, et obéissait. On n'avait pas même l'idée de lui dire : « Encore un tour! Reste! Ta mère attendra! » Non, Marie n'aurait pas cédé: on le savait. Gingolpli avait toujours eu beaucoup d'admiration pour Marie. Il ne vit qu'elle, dans la bande de ces grandes filles qui étaient toutes occupées de lui. Les lèvres minces sourirent calmement, et Marie dit :

— Bonjour, Gingolph! Au guénell

— Au guénel! Bonjour, Marie!

Et de l'avoir entendue et vue, il avait un bonheur incroyable.

Ils s'éloignèrent l'un de l'autre, elle montant vers le Portel, lui descendant vers la basse ville.

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En quelques minutes, il fut sur le pont Marguet, qui est au bout du port, et toujours foulé. Ce soir du 24 décembre, la marée était haute, et la lisse des bateaux presque de niveau avec les quais. Voici le vapeur Jupiter, et Ambleteuse, qui appartient au même armateur. Des marins flânent sur le pont. Gingolph se met sur la pierre de granit qui borde le quai, et il chante :

Au gai Noël ! par un p'tit trou J'vous vois bien là tous les deux; Vous mangez d'ia tarte et du gâteau, Vous n'm'en donnez pas un p'tit morceau? Au gai Noël ! Gai Noël !

Et toup ! Et toup ! Et toup !

Lavez vos écuelles

Et léchez vos plats,

Si vos filles sont belles

On les mariera,

Si eir sont pas belles

On les laiss'ra là!

Et le bon Dieu pass'ra par là; Il dira qu'é qu'tu fais là?

Je cueille des violettes

Pour ces p'tit's fillettes, Je joue du violon Pour ces p'tits garçons *.

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