I. Ce portrait a été acquis par M. Wildenstein de Paris
être qu'une répétition ou une interprétation faite d'après une image plus ou moins ressemblante de cette princesse l Iv'ex-reine nous apparaît beaucoup moins âgée dans cette peinture que sur la toile de la Galerie Crespi exécutée vers 1495. On ne saurait donc pas la mettre utilement en parallèle avec l'œuvre de Giorgione.
Vecelli a, cette fois, fort embelli son modèle. ly'expression du visage aux traits réguliers est adoucie par le clair turban qui, maintenu par un diadème étincelant, enserre la chevelure sans la cacher tout à fait ; la robe d'un indicible violet, toute brodée de perles irisées, fait valoir la fraîcheur du teint. lya simpHcité presque affectée qui distingue l'effigie de Milan de celle de Florence, imprime à la physionomie de la princesse un caractère de bonhomie et de bonté.
I^e D^ Gronau "^ croit que Titien est l'auteur de la Schiavona, M. Adolfo Venturi ^ la donne au Pordenone, MM. Cook et Bode estiment, avec raison, semble-t-il, que ce portrait aurait été peint par Giorgione vers
1. M. Georges Lafenestre rapporte dans son ouvrage sur Titien que certains membres de grandes familles vénitiennes avaient chargé Vecelli de peindre leurs effigies ou celles de leurs ancêtres d'après des peintures ou des dessins anciens demeurés en leur possession ; qu'il se serait acquitté de ces travaux avec un rare bonheur. C'est ainsi que les Marcello lui auraient fait exécuter l'image du doge Niccolo Marcello, leur aïeul mort en 1474 (musée du Vatican), et les Barbarigo celle du doge Marco Barbarigo, mort en 1485 (collection Giustiniani-Barbarigo à Padoue). Le portrait de Catarina Cornaro aurait donc été exécuté dans ces mêmes conditions.