‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 138 sur 406 · II. — HISTOIRE DE CHARLES MARTEL CCXV · texte numérisé non relu

II. — HISTOIRE DE CHARLES MARTEL CCXV

Journée et occisîoa quy faitte y avoit esté. Et roaudissoient le duc Gerard....

Girart se laisse de nouveau abandonner à la douleur : il résiste aux supplications de sa femme qui l'engage à s'humilier envers Charles.

Arrivés au bout du village, les deux fugitifs pensent y prendre logement chez une femme qui entre en conversation avec eux au sujet de la guerre récente, et qui, voyant le nouveau venu prendre le parti de Girart de Roussillon contre le roi, le met lui et sa femme à la porte: c Et ce fait,

■ s'en monta au planchîer, et par les fenestres jetta sur Ge-

■ rard et sur ta duchesse ung pot plain d'escloy et d'or-

■ dure » [fol. iii}' Ixvuj r"). Girart et Bene vont se réfugier chez un fournier et se chauffent à son four. Puis, à Tinsu de sa femme, Girard va mettre le feu à la maison d'où on venait de l'expulser. 11 revient ensuite prendre sa femme et l'emmène hors du village. Cetle-ci est désolée de l'acte que vient de commettre son mari. Sur son avis, ils changent tous deux de nom : il se fera désormais appeler * Josse le mauvais > et elle • Beatrix > [cf. g 526j.

{Fol. uif txix yo) Ainsi se misrent a nom le noble prince et la noble princesse Josse et Beatrix. Si cheminèrent a piet par plusieurs jours tant qu'ilz approchèrent ung bras de mer lequel il convenoit passer. Et la trouvèrent assez près gens ausquelz ilz demandèrent dés nouvelles du paiis d'Allemaigne et de Honguerie. Et ilz leur dirent qu'en tout le paijs il n'y avoit nulles plus grans nouvelles sinon que mort estoit le roy Othon de Honguerie, et que lé roy Charles Martel avoit fait publier {/ol. iiij^ Ixx) par tout le royauime de Honguerie, de France, par toute Bourgoingùe et en mainte autre contrée que quy porroit le duc Gerard de Roncillon avoir en vie, et luy en feroit present, il luy feroit donner son pesant de bon argent monnoyé. Si devez sçavoir que le noble prince fut de ces nouvelles si très dolant que plus n'en pouoir. Et croist l'istoire que par plusieurs

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CCXVI APPENDICE

fois il se fust désespéré ou en une manière ou en autre, se la bonne duchesse ne l'en eust détourné en le très aigrement reprenant, et en luy remonstrant comment il convenoit avoir pacience, et que tout ce luy procedoit par son oultrage, et que c'estDtt pugnition de Dieu.

Pour abregier aostre narration le prince Gerard et la princhesse sa compaigne se destournerent de icelluy chemin et tant cheminèrent qu'ilz approchèrent une cité ou ville que l'on appeltott Roos ', et la entrèrent et se logèrent en la maison d'une très perverse femme laquelle leur refusa son logeis pour l'amour de Dieu. Et pour ce qu'il estoit feste si solempnele comme du jour de Noel, la duchesse requist a celle femme qu'en l'onneur de Dieu et de sa benoite nativité et du bon jour, qu'elle tes voulsist herbergier. Adont le mari, oian[ ce que dit est, vint a eulx et les loga soulz une montée ou le vent venoil de toutes pars et y faisoit une telle froidure que la prinst Gsrart une telle maladie que tout le corps luy empira et deffist en quatre jours et quatre nuits que la se tindrent. [S 527] Et comme il est dessus declairé, le noble duc avoit eue sa robe toute deschirée et rompue par les bois et par les espines, par les arroinches et autrement, si que la dame, quy tant estait bonne ouvrière que nulle plus, la refaisoit de telle heure (v^) que la bourgoise chiés quy ilz estoîent logiés vint illec et regarda la noble dame besongnier. Si fut comme foie et eschervelée et bouta hors de sa maison la dame et son mary, disant qu'elle n'avoit cure de telle truaodailte qui estoient grans et fors et qui bien sçavoient gaignier leur vie se a eulx ne tenotl. Or estoit Gerard tellement agravé de maladie qu'il ne se povoit bonnement soustenir. [H 528-9] Si s'en perceu très bien ung notable bourgois de Roos lequel se faisoit Henry appeller, lequel passoit par illec et luy dist qu'il s'en venist en son hostel et que pour l'honneur de Dieu très voulentiers feroit penser de luy, comme tl iîst véritablement. Et tant bien en fist penser qu'en petit de temps il prinst a guérir. [| 53o] Ung jour entre les autres estant le .noble duc Gerard

. Il y a dans la chanson ({ &16) Porj caîraj, ou dauraj, 1 « tniraj, Klon let mu.

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