‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 162 sur 406 · I. o Deui n est là pour ta rime · texte numérisé non relu

I. o Deui n est là pour ta rime

3 . Nom qui ne peut être qu'un souvenir des croisades ; voy., sur les princes de Tabarie et de Galilée, les Familles tCOutre-mtr, de Du Cange, p. 44? (dans les Documents inédits).

3. Cestà-dire la jouissance avec le titre de a donzel », en Tranfala > damolsel >. Le liire de damoiseau était attaché à oertaines sejgneuries; voy. le P. Daniel, Histoire de la milice françoise. 1, i3o (I. III,

Ch. Vf.)

4. On sait que ce nom déùgoe trèa-souveni au moyen Age toute l'Italie. 3. Sic dans Oif.; Aracles, dans P. (v. i3g}, est peut-^tre préférable.

Au temps où a été rédigé le poCnie, le nom d'Eracle était bien connu.

DçiiiizedoïGoOQlc

Il sousQuinquenie '. Làoti la terre leur manquera, ilssauten ront. Jamais par eux ne fut assaillie une ciré dont les rem- » parts aient pu les arrêter. Et quand ils auront mis Girart u en mon pouvoir, que je cesse d'être roi si je ne le fais pen- » dret » Ledamoïsel monte à cheval et se met en route. Charles tit un acte d'orgueil et de fanfaronade, quand il envoya un tel message. C'est le commencement d'une conduite orgueilleuse et folle dont on n'est pas près de voir la fin. 48. Par dehors, h la grande porte de Roussillon , à droite, quand on entre, il y a un perron. Tout autour règne une galerie dont les piliers et les colonnettes ', et même les doublcaux ^ sont incrustés de sardoines; les voûtes i sont de pur laiton. Là Girart gorge son faucon ^; autour de lui, un millier d'hommes de sa mesnie, vêtus de hoquetons bordés d'orfrois et de jupons de soie vermeille. Voici qu'entre Ber* nart le his de Pons : il salua en homme bien appris : « Dieu » protège le comte Girart, le puissant baron! — Ami, » répond Girart, « Dieu te protêt Vous me semblez un mes- » sager de la part de Charles. — Si Dieu m'aide, je le suis M en effet. Je vais te dire de quoi je te semons : c'est de lui n rendre le donjon et l'habitation ; et si vous dites non', vous

I. Allusion ù un ri!cii qui d'ailleurs nous csl complète me ni inconnu.

a. U pirar e Vesulon, Oif., Ihi pilar e li slHo, P. [v. 154). Raynouard, Lex. rom., V, i7() traduit stilo par « les pdristyles n, ce >)u: c&i «videmmenl erroné. Je crois qu'il s'agit des bases des piliers , des slylobates, et je raitache ce mot par l'intcrmÉdiaire du bas-latin {voy. Du Cange, gt]|.i.us; , au grec (nùi.os. Cette interprétation , qui roie conjecturale, convient assez au v. 555 du ms. de Paris (ci-après g 73I «û sont mentionnées li eslel, à cûté des piliers et des colonnes.

i. Mot à mot a les chevrons i>, ce qui ne peut trouver son application ici. Ce mot termine le vers, et peut avoir été appelé par la rime. 4. Mut à mot a les cryptes ei les voûies. »

b. Cf. la mort de Garin, éd. du Mérii, p. 114 ;

Framandin irove <or le poni lameli, Deaor son poin ot un eaperviu Mit, Gorge li fait d'une aile de pocin.

GIRABT LK ROL'SSII.LON iS

u ne verrez point passer la fête des Rogations sans que mon n seigneur vous ait montré tant de riches barons, et là deo hors, par ces prés, tant de pavillons, bleus, vermeils, » jaunes, variés comme la queue du paon, qu'on n'aura ja- » mais vu tant d'enseignes couvrir la campagne, ni tant de o riches' barons assemblés pour combattre. — Ami, » dit Girart, a laissez cela. Que le roi ne me cherche point que- » relie, mais qu'il prenne le mien comme le sien. » Alors sa mesnie entière s'écrie d'une voix ; « Il ne faut point avoir » afiiaire à un homme insensé; car s'il peut te tirer d'ici par » trahison, ou il te Tera pendre comme larron, ou il te tiens dra toute ta vie en prison . Jamais on ne vit roi si cruel : » il a consenti à la mort des fils d'Yon ■.... v

49. Girart entend le messager â la parole hautaine. 11 s'est levé et à parlé: ■ Bernart, tu t'en iras à la tente de Charles, » et tu lui demanderas pourquoi il me cherche querelle ? V Car je tiens en aleu tout mon duché. Je n'irai pas à sa a cour de tout l'été. Je ne me sens pas assez dépourvu de » sens pour lui rendre aussi folement le chateau. Que mon n âme n'aille point à Dieu, si d'abord mille hommes n'ont » eu leur jugement en champ de bataille, si maint franc che- » valier n'est renversé à terre I Les champs seront humides » de sang, et jamais roi n'aura été si courroucé.

5o. — Que me direz-vousde ceci? n reprend Bernart; « le

1. Eion Oxf., Vo P. [ï.iSîj. Allusion fort obscure à un rfcit. d'ailleurs inconnu, où se trouve mSIé le roi Von, peul-ÊIre cet Yon de G»scogne que noua connaissons par divers po«mes, Renaul de Montauban, par exemple, j1;o/, Girart devienne, «qui a récemment été identifié avec le duc d'Aquitaine Eudo, voy. Longnon, Revue des Qiiestions histO' riques, fjanv. 1879, p. i85 et auiv. Voici l'une des façons dont on pourrait traduire le texte, probablement corrompu dans les deux mss., qui est remplace ci-dessus par des points : u ... des fils d'Yon qui ne ■B purent obtenir un accord à Dueaa (sic Oxf., Dijon ; Doro dans P.), s et paMËrent la mer pour te rendre auprès du roi Oton; ne pouvant B rien foire de plus à celui-ci, il l'empêcha de leur donner asile dans B Avalon. ■

24 GIRART DE ROUSSILLOM

> roi mandera tous ceux de Metz, les Français, les Anglais < s et ceux d'Aix-la-Chapelle. Quand vous verrez cent mille

> guerriers d'élite, vous n'auree si fort mur qui ne soit B abattu ; si nombreux que vous soyez dessus il vous faudra » descendre. — Bernart, i dit Girart, « entendez-moi : par

> le baptême auquel vous avez foi, je méprise vos menaces. j> Avant qu'il y ait dix hommes dans le fossé, vous en verrez V tant mourir, et des meilleurs, qu'il n'y aura pas un prêtre B pour chacun. Si vous venez, je serais bien étonné de ne 0 vous point voir hébergés ici morts ou vaincus. — Et qu'en » savez-vous ? > reprend Bernart. « Si vous persistez dans » votre orgueil, dans votre tort, dans votre manque de foi,

> le roi sera bien faible et bien pacifique, si vous ne rétrac- B lez point cette parole.

5i. — Que me direz-vousde ceci? » dit Bernart; ■ je » sais Charles si habile à la guerre, si dur et si plein de res- ■ sources, qu'il mandera ses hommes depuis la mer jusqu'en » bas '.Alors cent mille preux guerriers fondront sur vous : * vous n'aurez si fort mur qui ne s'écroute; si nombreux M que vous soyez en haut, il vous faudra descendre. Mais

> faites une chose qui est grandement de votre intérêt : rev cevez céans l'empereur avec vous, livrez-lui ces clochers, s ces murs, ces tours.... > Alors parla Fouque en preux damoiseau : <i Bernart, j'en prends & témoin le Dieu le glo- B rieui, Charles' Martel a de si grands torts envers nous que . n s'il entre céans avec plus de deux hommes, vous verrez de

> bons heaumes brunis souillés de terre, et maint franc che- B valïer étendu sanglant sur ce perron. Jamais roi n'aura été a si courroucé!

52. — Bernart, > dit Gïrart, « pourquoi-me dis-tu ceUï B Je connais bien le roi et ses mauvaises intentions : s'il » était dans celte tour, à l'endroit le plus sûr, il verrait mon

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