‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 245 sur 406 · Tu me diras au comte que je lui mande de venir · texte numérisé non relu

Tu me diras au comte que je lui mande de venir

> faire droit à mon gré. 11 y a trop longtemps qu'il se corn-

■ porte mal envers moi, et cela commence à me peser. Em-

> ploie-toi activement pour moi en cette affaire. — Je suis

• tout prêt, >> dit Pierre, et je pars, donnez-moi congé. >

. ibo. Pierre ayant fini de s'entretenir avec le roi, prend congé de lui et des autres barons. 11 sortit de la salle, descendit les degrés, échangea quelques mots avec son père, le baisa, et partit avec un air riant. Le père le recommanda de bon gré à Dieu le rédempteur tout-puissant. Des chevaliers jusqu'au nombre de cent montèrent achevai, voulant l'accompagner, mais il le leur défendit, jurant qu'aucun ne le suivrait seulement un arpent Ceux-ci se retirent un peu mortifiés, et Pierre, piquant son mulet, poursuit sa route.

25i. Pierre suit le grand chemin, décidé à n'en pas dévier d'une ligne pour ennemi qu'il puisse rencontrer. De ses journées je ne vous ferai pas le compte. Il entra à Roussillon par le premier pont, et descendit à la voûte sous le clocher. Gent chevaliers accoururent pour recevoir ses armes. 11 confia son épée à son écuyer, et entra au moûtier pour prier.

352. Pierre fit dans le moûtier une brève prière, mais ce qu'il dit était bon. 11 prie sainte Marie et Dieu du ciel de ne

I. La teçoQ a mon esgart ne paraît usurée pas la concordance de L. et de P. (V. 3x98; ; a Moui Ascart Oxf, peut bien toutefois fire en soi tin nom de lieu réel, cor nous l'avons d£jâ rencontré au % z3o.

l3o GIRART DE ROUSSILLON

lui laisser dire aucune parole qui puisse le faire passer pour un bomoie téméraire ou léger, ai que Girart puisse prendre pour une insulte. Puis il se signe et sort. Son compagnon l'attendait à. la porte. 11 reprit son épée, la remit au fourreau et traversa la place au petit pas. Là il rencontra le comie Etienne, Robert, Guillaume, A.imeaon', Rtnoul,Thibaut. Ace, et comme ceux-ci s'apprêtaient à l'interpeller, Girart, qui parlait & Doitran, à Fouque et à Boson, le comte d'Escarpion, les laissa tous en voyant Pierre, et, sp levant, lui adressa la parole [lui demandant des nouvelles du roi Charles, s'il l'a laissé à Paris ou à Soissons »].

253. Girart se leva, quand il vit Pierre; il le prit par le poing, le fit asseoir prés de lui, et lui demanda quand il avait quitté Charles, et s'il en avait des nouvelles, maudissant quiconque ne lui en dirait pas la vérité. — < C'est à Paris

> que je l'ai -laissé, > répond Pierre. ■ 11 te fait dire par moi

■ que c'est toi qui as comploté le meurtre du duc Thierrl M d'Ascane. Celui, quel qu'il soit, qui a pris part au complot

* ou l'a laissé faire, ou a porté la main sur le duc, si tu ne le ' bannis pas de sa terre, le roi te fera la guerre. > Girart, lorsqu'il entendit ces paroles, fut affligé. Il se tourna vers Fouque avec un sourire feint.

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