‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 59 sur 406 · V. — GIRART DAMS l'ÉPOPÉE FRANÇAISE XCIX · texte numérisé non relu

V. — GIRART DAMS l'ÉPOPÉE FRANÇAISE XCIX

l'auteur de Gaufrei, â qui il en coûte peu d'ajouter à la traditioR épique les traits les plus invraisemblables, le château de Roussillon appanenait à un Sarrazin â qui Girart l'enleva. Ce Sarraàn s'appelait Héraut :

Chil tenoit Roussillon et toute la c

Girart l'ochîst en champ, a la chiere membréo,

Soue en fu Roussillon et toute la contre'e.

Et plus loin, en effet, nous voyons Gaufrei mettre son jeune frère Girart, qu'il appelle « Girardet le roux > (p. 144) ', en possession du château de Roussillon. Il ti'y a pas trace ailleurs de cette singulière invention. Avant le moment oij Girart acquiert ainsi la seigneurie de Roussillon, un amiral païen a occasion d'envoyer un messager à Roussillon. Le messager

Vers Roussillon s'en va, la ou l'escarbougie art.

(P. iî3, V. 4054.1

Les mots que Y&î soulignés ne semblent pas être une cheville insignifiante. J'y vois une allusion à un passage de la chanson renouvelée (g 53) où Girart parle de l'escarboucle étincelante qui éclaire son château, tellement qu'à minuit on se croirait en plein jour.

I. Il 5 a un « Oerardot le roui •> dans Elie de Saint-Gilles, Mit. de la Société dea Anciens Textes franfais, v. 168.

INTRODUCTION

§ 2. — Girart de RoussiUon dans HervJs de Metz.

Hervis de Metz est le père de Garin le Lorrain. Tardivement, vers la an du xn'' siècle ou le commencement du xiii', un romancier ignoré, maisquisans aucun doute appartenait au pays messin, a fait de lui le héros d'une chanson de geste pleine de merveilleuses aventures. Entre les quatre mss. qui nous l'ont conservée ', deux renferment un épisode assez mal ajusté avec le reste du poème * où Girart de RoussiUon joue le rôle principal. Charles Martel est en guerre avec Girart. Il sollicite du pape l'autorisation de lever sur les biens de l'irise un subside afin de faire face aux dépenses de la guerre. Un concile se rassemble à Lyon. Charles expose son dénuement, qu'il attribue aux dons excessifs par lui faits à l'ordre de saint Benoît. Le pape accède à sa demande, et le roi se trouve bientôt en état de lever et d'équiper une armée. Cependant Girart s'est avancé jusqu'à Bar-sur-Âube, où il s'est établi, et jusqu'à Soissons, où il a laissé une forte garnison. Il annonce à Charles qu'il l'attaquera jusque dans Paris. Le roi craint de n'avoir pas encore de forces suffisantes pour lutter contre un si puissant adversaire. C'est alors que l'un de ses barons lui conseille d'envoyer demander du

1, Bibl. nal., fr. 191Û0; Bibl. de l'Arsenal, 314$ (anc. B. L. fr. 181I, ei Bibl. aat. ds Turin, L. Il, (4. De plus, Hervis ■ été mis en prose par Philippe de Vigneullei; voy. Bonnardol. dans la Romania, III,

1. Le ms. de l'Arsenal (ff. 41 et suiv.), et celui de Turin (ft. 173 et

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