‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 63 sur 406 · VI. — TÉMOIGNAGES DIVERS CIH · texte numérisé non relu

VI. — TÉMOIGNAGES DIVERS CIH

un nouveau remaniement, exécuté dans la France septentrionale, de notre chanson renouvelée.

Témoignages provençaux. — On verra plus loin que la chanson renouvelée a été ' écrite ou récrite dans une langue intermédiaire entre le français et le provençal^ On conçoit, dès lors, que des copistes ont pu Être tentés, selon leur origine, soit de franciser, soit de provençaliser un texte qui se présentait à eux soxis une forme assez peu ordinaire. Et c'est ce qui est arrivé. L'un des manuscrits de Girart de RoussUlon, celui de la Bibliothèque nationale de Paris, nous ofire le poème sous une forme à peu près complètement provençale, ou, plus exactement, perigourdine. Girart de RoussUlon ne paraît cependant pas avoir été très répandu dans le Midi de la France. Deux textes, maintes fois cités depuis Raynouard ', sont les seuls témoignages qu'on ait découverts sur Gi'rari dans toute la littérature provençale. Dans l'un, Guiraut de Cabrera reproche à son jongleur Cabra de ne rien savoir de « Girart de Rosslllon » * \ dans l'autre, on voit Charles Martel et Girart de Roussillon contés au nombre de ceux qui ont causé les plus grandes tueries humaines :

Ane Caries Martel ni Girartz

Ni Marsilis ni Aigolans

Nil reis Gormons ni Ysembartz

i. Choix Jet poésies originales des troubadours, II, i85.

3. Bartsch, Deukmœler d. prov. Literatur, p. go. J'ai donné dans ta pTéfocedc Daurtl et Béton (Société de» Anciens Textes français, i88o^ p. t, note, les motifs qui me portent à croire, contrairement à l'opinion admise jusque-là, que ce Guiiaut de Cabrera n'est pas antérieur

CIV INTRODUCTION

Non aucizeron homes tans Que n'aion esiort Lo valen d'un ort..

(Perfoi^ ..)

Cette pièce paraît avoir été composée en 1212 ' .

Témoignages français. — La littérature française nous offre une moisson plus abondante. Nous avons cité datis les pages qui précèdent, les témoignages si précieux de Garin et de Rcnaut. Celui qui maintenant, dans l'ordre des dates, se présente le premier à notre examen, nous est fourni par une chanson de geste rédigée vers la fin du xn^ siècle, Aubrî le bourguignon. Tout au début de ce poème, on lit ces vers, où Girart de Roussillon et Giran de Frète (ici d'Euff'raté) sont étrangement confondus :

Voirs fu que Charles au coraige hardi Fu a Paris eu palais seignori Ou repairoit volentiers a touz dis.

Souvent 11 orcnt mestier si bon ami, Com vos orroiz se la chanson voz di; , Que vers Girart ol grant chaple acoilli De Roussillon au coraige hardi, Qui tante painae et tant grant mal soufTri. Bien en avez par maintes fois oï, Mais en la fin le desconfît il si Que de la terre d'EufFrate s'en fuï, Molt esgarez et forment esbahis, Povres d'avoir, ne fu onques mais si, Charles Martians, seignor, que je voz di, Cil qui l'avoient es grans estors servi Le lor service richement lor meri :

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