ACTE I
LE COLONEL
Ah 1 c’est différent... mais aussi comment voulez- vous avoir du jeu, depuis dix minutes vous ne vous occupez plus de la partie?
CEORGETTE s’éloigM en riant.
Calmez-vous, colonel, je m’en vais pour ne plus lui donner de distraction.
LE COLONEL
Ce n’est pas cela que je veux dire, madame, mais ce qu’il y a de certain, c’est qu’à Londres... chez lord Sydney... les Anglais sont whisteurs, ce sont même les plus forts que je connaisse... ceci me rappelle...
Je coupe, et tout atout... vous avez perdu, colonel.
LE COLONEL
La revanche.
• SCÈNE VIH - Les Mêmes, KERVEN.
KERVEN. ~
Ma chère, je viens de conduire Louise à sa chambre. Elle est volontaire en diable, cette enfant. Elle voulait à toute force venirici... j’ai été obligé de lui montrer les dents. Bonsoir, vicomte; pourquoi si tard?
NOËL
Des préparatifs de départ m’ont retenu.
KERVEN.
Qui part? vous?
NOËL
Ouil
KERVEN.
Vous m’expliquerez cela tout à l’heure. Le colonel ne me pardonnerait pas vos distractions.
vALENTiNE, à part.
C’était donc vrai I
CEORGETTE, à part.
Que veut dire ceci ?
KERVEN, allant à Valentine.
Figure-toi, ma bonne amie, que cette méchante petite
GIROFLfi, GIROFLA
Allé a un vrai caractère bretonnant, je n’ai jamais rien vu de pareil; pour en venir à bout, je lui ai dit que tu ne l’embrasserais pas ce soir.
GEORGETTE. K
Vous avez employé les grands moyens.
KERVEN.
Seulement, je ne suis pas sûr que mon arrêt soit exécuté à la lettre. Qu’en dis-tu, Valentine?
VALENTiNE, distraite.
Mais, mon ami, je ferai ce que vous voudrez.
KERVEN.
Chère femme! {Valentine tressaille. Noël la suit des yeux.) Est-ce que les journaux ne sont pas arrivés?
VALENTINE
Ils sont sur la table.
KERVEN.
Les voici ! {Il prend un journal, s'assied et le parcourt.)
MADAME CRÉCT.
A propos, monsieur de Kerven, voyez donc si l’on va bientôt juger cet Italien qui a assassiné sa femme et l’amant de cette malheureuse.
GEORGETTE
La lugubre histoire!
MADAME’ CRÉCY
Un double meurtre, ma’chère, et dans des circonstances singulières. Ce monstre se doutait de son sort, mais il n’avait aucune preuve ; il se mit à surveiller sa femme de fort près. L’amant, ne sachant plus où donner de la tête, usa de ruse, il fit semblant de partir et revint secrètement dans un petit appartement loué par lui ad hoc; rendez-vous fut pris, on se croyait en sûreté , mais le mari les trouva ensemble et les tua.
GEORGETTE
Entends-tu, Valentine?
VALENTINE
Oui, eh bien ! cet homme a tué une femme qui le trompait, il a usé de son droit, voilà tout.
GEORGETTE
Pauvre sœur !
Oigilizcd by GoogI