ACTE I
, MADAME CRÉCY
Oh! moi, je l’abhorre ! je le trouve stupéfiant !... Un jeu où Tonne peut pas parler... Et vous, madame?
GEORGETTE
Je ne puis pas le souffrir,
VALENTINE
Pourquoi cela ?
GEORGETTE
Parce qu’on y a des pariners... Voyez !
LE COLONEL, boudîssant mr sa chaise.
Corbleu I mon cher, vous me coupez une carte maîtresse, arclii-maîtressel... le roi et Tas sont tombés à la première levée... ma dame était... En vérité, nous ne sommes pas sur le champ de bataille d’Eylau... il est inutile de sabrer votre jeu de la sorte!...
ANATOLE
Pardon, colonel, c’est une faute d’attention... Qui n’en fait pas ?...
LE COLONEL, jouaut, et poussant sa carte avec colère.
Ceux qui font attention !
CRÉCY
Le colonel vient de couper à trèfle... Drôle! drôle! c'est la première fois qu’on en joue.
LE COLONEL
Comment! c’est du trèfle qu’on demande? Permettez...
CRÉCY
Oh ! le vin est tiré, il faut le. .. C’est une renoncé qui nous donne la première manche. Charmant! charmant!...
LE COLONEL
Diable !
ANATOLE, riant.
Ah! ahl... Vous voyez bien, colonel, que tout le monde en fait !
LE COLONEL, confus, et cherchant à rire.
Hum ! Ceci me rappelle qu’une fois, à Berlin, je jouais...
ANATOLE
Avec des Prussiens; c’est assez naturel.
20 GlU0FJ.Ji;, GlUOFLA
LE COLONEL
Or, les Prussiens sont les plus forts whisteurs que je connaisse. Nous avions...
cRÉcr.
A vous, colonel.
LE COLONEL
C’est juste... Je vous achèverai cela après le robber. {Ils continuent à jouer ^ Georgette se lève et va se mettre derrière la chaise d'Anatole^
MADAME CRÉCY
Est-ce toujours Aurélie qui vous habille ?...
VALENTINE
Oui.
MADAME CRÉCY
Je l’ai quittée à moitié pour prendre madame Roger. Madame Roger est plus vaporeuse dans sa manière. Eh ! tenez, justement elle vient de m’envoyer une robe tout à l’heure.
VALENTINE, üvec distractioH.
Comment est-elle ?
MADAME CRÉCY
Oh 1 mon Dieu 1 elle est très-simple , c’est tout son mérite... un taffetas... un taffetas rose chine, portant trois volants d’angleterre, avec une ruche au-dessus de chaque volant. De l’angleterre garnissant les bretelles du corsage, une ruche surmontant la dentelle, et un gros nœud devant et derrière, toujours garni de la môme façon ; les basques dans le même style ; puis des manches courtes avec un volant et une ruche, un bouillon, un autre volant et une autre ruche. Enfin, un nœud sur chaque épaule, cinq nœuds sur le devant de la robe et des nœuds sur chaque couture des basques. Comme vous voyez, il n’y a rien que de très-simple.
LE COLONEL, frappant sur la table.
C’est à n’y pas croire, monsieur ! Je voua invite à pique, monsieur, vous prenez, monsieur! et au lieu de m’en jouer, monsieur, vous rentrez dans la couleur des adversaires. C’est à n’y pas croire, monsieur!
ANATOLE
Et si je n’ai plus de cette couleur-là?