‹ Girofle, girofla drame en cinq actesChapitre 23 sur 72 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

souci, ils ne lui coûteront pas cher. Que vous a-t-elle sacrifié, en effet î sa vertu? Elle vous aime, et vous prônez sa \ijrtu.

Et si par hasard, l’homme dont vous parlez avait un ;.t';re, Noël, j’ajouterais que la volonté paternelle n’est pas un simple motif de convenances.

NOËL. '

Mon père, la femme dont je vous parle a droit à tour les respects.

LE COMTE

Excepté aux miens, car je ne respecte que les femmes respectables. Rappelez-vous ceci, Noël, il n’y a pas trois classes de femmes, il n’y en a que deux : les femmes pures et les autres. Mais en voilà assez là-dessus. Maintenant que je sais le motif de vos hésitations, je tiens plus que jamais à ce que vous m’accompagniez. Appelez donc votre valet de chambre, etdites-lui de faire vos préparatifs de départ.

Quel que soit mon regret de vous résister, mon père, vous me permettrez de vous faire remarquer que je ne suis plus un enfant.

LE COMTE

Et qu’êtes-vous donc pour moi, monsieur? Paris vous a ' gâte, Noël, l’air du pays vous remettra. Voyez-vous, mon cher, nous autres Bretons, nous avons nos idées sur la puissance paternelle : tant que le père vit, son enfant doit lui obéir, cet enfant fût-il lui-même un vieillard. Je vous l’ai dit : dans une heure, je pars, soyez prêt, je reviendrai. Pensez-y, je vous aime , mais si vous me désobéissez, vous ne me reverrez jamais.

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