ACTE
mon amour... Valentine, vous avez peur d’un moment de solitude avec moi... Valentine, vous ne m’aimez pas, comme je vous aime. Noël, croyez-vous, maintenant, que je vous aime?
NOËL
Me pardonnerez-vous?... j’ai honte de moi,
VALENTINE, ?w» tendant les mains, qu’il couvre de baisers.
Eh ! serais-je ici? Vous m’aime?, c’est tout, [Noël, çnt à genoux.)
NOËL
Je n’ose croire à tant de bonheur! aimé! Je. suis aimé ^e vous !... Oh ! vous l’êtes aussi, allez ! ma tête, sq perd. TOÔn. cœur déborde... Dites-moi, que puis-je pour vous renqrow peu (lu bonheur que vous me donnez ? Parlez ! et ce que vous me direz, je le ferai. {Tout d coup il se relève.)
VALENTINE
Qu’avez-vous?
NOËL
Valentine, vous êtes venue par lo jardin ?
valentine;
Oui.
NOËL
Et vous n’avez vu personne?
VALaÇITpilE.
Personne.. . j’étajs si troublée, (jue j’oeais à ïtWfte tes, yeu? autour de moi. Mais pourquoi çeltê quostipn ?
NOËL
Rien! rienl (A part.) Je respire! (JJ revietit sf asseoir près d’elle et lui prend les mains. Ils se regardent un moment sans se parler.)
valentine.
Vous me demandiez, mon and, çe que VOUS pourriez pour moi?
NOËL
Oui, parlez et je jure de vous obéir en tout, Que m’ordonnez-vous ?
valentine.
Noël, je veux que vous épousiez mademoiselle du Fresnay.
NOEU
Valentine, y songez-vous ?
VALENTINE
Oui, Noël. J’ai bien réfléchi depuis votre départ de là-bas. Dieu m’est témoin que vous êtes ma vie et mon bonheur, et cependant, je veux que vous épousiez votre cousine. Quand je vous l’ai conseillé dans n’otre Bretagne, vous m’avez dit que je ne vous aimais pas. Je vous ai laissé dire, pauvre insensé, qui ne compreniez pas de combien de sacrifices se compose l’amour d’une Valentine. Aujourd’hui, vous êtes convaincu que je vous aime. J’ai tout bravé : soupçons, convenances, reproches même, car Georgetle ne lésa pas épargnés; ma réputation, enfin, ce joyau des femmes, je la risque pour vous satisfaire. Eh bien! Noël, je jure qu'il faut plus vous aimer pour vous jeter entre les bras d’une autre que pour venir me jeter, moi, dans les vôtres.
NOËL
Valentine, vous me brisez le cœur... j’étais si heureux 1... Ah 1 pourquoi m’avoir laissé entrevoir un bonheur que vous ne voulez pas me donner?
VALENTINE
Noël, ne suis- je pas chez vous, à votre discrétion? Écoutez-moi. Je vous ai rencontré insoucieux de l’avenir, oublieux du passé, fou du présent, enfant, en un mot. J’ai mis mon orgueil en vous, et j’ai voulu faire de vous un homme. Vous n’êtes que riche et noble, je veux que vous soyez grand et honoré! Épousez une femme bonne et honnête. Estimez-la, aimez-la même... Oh ! je ne serai pas jalouse, allez ! Elle aura beau faire, elle ne vous chérira jamais comme votre Valentine.
NOËL
Cher ange I
VALENTINE
Pensez à moi de temps en temps, et dites-vous que je vis de votre vie et de vos émotions. Parfois nous nous rencontrerons dans la foule calmes et muets, nous nous verrons, et ce moment, ces regards échangés, contiendront pour nous toutes les voluptés des amours heureux. Dites, voulezvous?
C’est un rêve. Vous avoir et vous perdre, être aimé de vous et ne plus vous voir, non, c’est impossible !... Que