ACTE III
Je croyais n’entendre jamais parler de ce malheur si redouté!... Mais à côté de ma femme vertueuse, je tombe sur une belle-sœur... légère; à côté de moi, intact... je vois mon beau-frère atteint. Du matin jusqu’au soir, à la promenade, à table, au coin de mon feu, partout, je vois se dresser le monstre qui est le cauchemar de ma vie !... On ne parle que de lui. .. on ne s’agite, on n’a^t, on ne se désole que pour lui et par lui. .. Vais-je au palais?. . . il m’arrive deux ou trois clients qui plaident la séparation de corps et de biens... Vais-je au spectacle? on donne Georges Dandin ou... autre chose... Ces choses-là n’arrivent qu’à moi... Elle ne revient pas. {Il regarde du côU où Geargette est sortie.) Rien !... Enfin... Ça pourrait bien être un prétexte?... Quand l’enfant verrait sa mère, où serait le mal ?... à cet âge-là, est-ce qu’on a des émotions sérieuses?... Est-ce qu’elle y pense seulement? Évidemment, c’est un prétexte... [Passe un Monsieur.) Voilà un monsieur qui va du même côté que ma femme, qui sait?... Et je reste là comme un imbécile!...* J’ai déjà vu celle tournure-là... si... non... Pourtant... Car... Ah bah ! tant pis ! la petite joue , je serai ici dans cinq minutes , mais je veux en avoir le cœur net... [Il s’éloigne.)