SCÈNE V
LOUISE, puis VALENTINE.
LOUISE, suit des yeux Anatole, puis quand il est parti, s’avance en scène en parlant à sa poupée.
11 est parti... 11 me laisse seule... Eh bien, tant mieux, je vais pouvoir te chanter ma chanson qu’on ne veut pas me laisser dire quand il y a du monde.
VALENTINE, paraissant à gauche sous les arbres.
J’ai couru tout le jardin, je n’ai pu la tiouver... Ah ! la voilà!... elle est seule! Comment se fait-il?... Ohl cher ange! cher ange!... (Elle se cache derrière le premier arbre et lui envoie des baisers.)
LOUISE, chantant. ^ li était une p’tite fille,
Giroflé, giroflal Qu’ sa maman embrassait Du matin Jusqu’au soir.
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VALEimnE.
Que diVellB donc ?
LOOSB.
Son për’ lui dit un jour,
Giroflé, girofla 1 Louis’, ta maman-est morte,
Puis il pleura bien fort.
TM£MINE.
C’est de moi <ïa’elle parle!... non I impossible ! Elle m’a oubliée.
LODHB.
Elle ne m’embrassera plu»,
Giroflé, girofla l Il a dit plus jamais.
Mais Louis’ ne l’a pas cru.
VALENTINE
Louise!... c’est elle! c’est moi!... Oh! enfant! enfant, sois bénie, car je pleure de douces larmes.
LOniSB.
Un ange est venu la nuit,
Giroflé, girofla l Qui lui a dit ne pleure pas.
Ta maman reviendra.
VALENTINE
Hélas I pauvre enfant! ton cœur se trompe! {Elle tombe assise. Depuis quelques instants l'orage gronde au loin, il éclate. La pluie tombe à torrents.)
LOUIS, effarée, crioMt et courant.
Il pleut !... ma bonne !... ma marraine !... Oh ! venez !... J’ai peur !... Maman !... maman !...
VALENTINE
Grand Dieu!... la pluie commence à tomber, elle e,^t seule... Oh ! c’est vous qui m’offrez ce baiser de ma lille... Mon Dieu, donnez-moi la force de ne pas dire à ma fille : Je suis ta mère 1...
LOUISE
• Maman ! maman !
VALENTINE, S6 montrant.
N’ayez pas peur, mon enfant, et tenez, couvrez-vous...