SCÈNE IV NOËL, ANATOLE
NOËL, SM)' le seuil, tenant Anatole par le bras.
Allons, morbleu ! lu entreras de gré ou de force. Comment, je te rencontre croisant devant cette porte, et il faut te prendre au collet pour te faire monter ? Que diable faisaistu là ?...
ANATOLE
Moi... rien... je passais. Est-ce que je n’ai plus le droit de circuler librement ?
GIROPLÉ, GIROFLA
KOEL.
Tu passais... allons donc... planté comme un piquet sentimental et les yeux Axés sur ces fenêtres... Ah 1 par Dieu, j’y pense, ta femme est ici... Comment! tu vas recommencer... à ton âge, après deux ans de ménage ! Peste ! la jalousie est tenace quand elle va se nicher sous la toque d’un avocat !
A>ATOLE
Ris, plaisante, amuse-toi bien ; il n’en est pas moins vrai que si tôut le monde faisait comme moi, messieurs les Lovelace d’aujourd’hui... enfin... suffit... je m’entends...
NOËL
Oh ! pas de ces allusions-là, mon cher. D’ailleurs, il n’y a aucun rapport entre la position de Valentine et celle de ta femme... Ainsi...
ANATOLE, à part.
Tiens, je l’espère bien...
NOËL
Enfin, si tu es turc à ce point, ne peux-tu accompagner ta femme, quand elle vient voir sa sœur?...
ANATOLE
Je le peux, oui, mais je ne m’en soucie guère.
NOËL
Et pourquoi?...
ANATOLE
Parce que n’y venant pas , j'espère qu’elle y viendra moins.
NOËL, vivement.
Et la raison pour laquelle tu veux qu’elle y vienne moins?...
Oh! ne te fâche pas... c’est la même qui rend plus distancées mes visites à Kerven.
NOËL
Parle franchement.
ANATOLE
Dame! mon cher, si c’était contagieux!
NOËL
C’est de la monomamie,., mais passonsaux affaires sérieuses. '
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